En mai 1970, le pilote français Johnny Servoz-Gavin décide subitement de prendre sa retraite après avoir manqué sa qualification à Monaco. Ken Tyrrell, le patron de l'écurie, cherche un remplaçant en urgence.
Pour le premier Grand Prix de Cevert le 21 juin 1970, le jeune Français doit apprivoiser la puissance de sa March engagée par Tyrrell. Afin de lui faire mémoriser les trajectoires parfaites du redoutable circuit de Zandvoort, Jackie Stewart applique une méthode radicale durant les essais. L'Écossais lui demande de rouler littéralement collé à son aileron arrière. Cevert apprend la piste en copiant chaque freinage et chaque courbe du « Maestro ».
Lors de ce premier week-end, François Cevert se plaint auprès de ses mécaniciens d'un problème avec sa boîte de vitesses. Pensant qu'il s'agit d'une excuse classique de débutant, l'équipe ne le prend pas tout à fait au sérieux. Pour en avoir le cœur net, Jackie Stewart monte lui-même dans la voiture de Cevert pour faire un tour de piste. À son retour aux stands, le verdict du champion du monde est immédiat : « Donnez-lui une autre boîte, le petit a raison, elle est complètement cassée ! ». Cevert venait de gagner le respect technique de son équipe.
Dès ce premier Grand Prix, une relation unique de mentor à élève s'installe, sans aucune rivalité. Stewart remarque que Cevert conduit de manière trop agressive et viscérale. Il lui donne alors un conseil qui changera sa carrière : « François, tu conduis comme un fou. Pour aller vite, tu dois caresser le volant, être fluide et réfléchir à chaque mouvement ». Cevert se qualifie en 15e position et, bien qu'il abandonne au 31e tour sur panne de moteur, la complicité historique des "chevaliers Tyrrell" était née.















