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Le pilote britannique Julian Bailey, membre du célèbre « Rat
Pack » des pilotes britanniques des années 1980 aux côtés de Damon Hill et
Johnny Herbert, a connu une carrière en sport automobile jalonnée d'anecdotes
mémorables, entre humour absurde, répliques cinglantes et cascades involontaires.
Le crash qui a inspiré le plus célèbre mot d'esprit de la télévision britannique
En 1993, reconverti avec succès dans le championnat britannique des
voitures de tourisme (BTCC) pour l'équipe officielle Toyota, Bailey est à la
lutte à Silverstone. Au cours de la bataille, il percute accidentellement
son propre coéquipier, Will Hoy. Le choc est tel que la Toyota de Hoy
s'envole et finit sa course sur le toit.
En direct sur la BBC, le légendaire commentateur Murray Walker saisit immédiatement l'occasion pour détourner le célèbre slogan publicitaire de la marque au Royaume-Uni (« The car in front is a Toyota » / La voiture devant est une Toyota). En voyant la voiture à l'envers, Walker s'exclame avec malice : « The car upside down is a Toyota ! » (La voiture à l'envers est une Toyota !). Le moment est devenu instantanément culte à la télévision britannique.
En 1988, Bailey décroche son premier volant en Formule 1 chez Tyrrell,
mais l'écurie traverse alors une très mauvaise passe avec une monoplace (la
Tyrrell 017) particulièrement instable. Lors de ses premiers essais sous la
pluie au Hungaroring, le jeune Bailey galère, bloque ses roues et manque de se
faire percuter par les stars de l'époque : Alain Prost, Ayrton Senna et Nelson
Piquet.
En rentrant aux stands, terrifié et humilié, il voit les champions du monde faire la queue devant le garage Tyrrell pour se plaindre de son comportement en piste. Fidèle à sa réputation d'homme de poigne, le patron Ken Tyrrell les envoie tous paître vertement. Mieux encore, lorsque Nelson Piquet vient hurler sa colère, Ken Tyrrell le regarde droit dans les yeux et lui balance : « Je me rappelle ton tout premier Grand Prix, Nelson. Tu étais tout aussi nul ! ». Une défense rugueuse qui n'a pourtant pas suffi à redonner confiance à Bailey, qui qualifiait cette Tyrrell de « pire voiture qu'il ait jamais conduite ».
En 1991, Bailey fait un bref retour en F1 chez Lotus. L'équipe est alors au bord de la faillite et les budgets sont si serrés que la logistique frise le ridicule. Lorsqu'il arrive dans l'équipe pour remplacer temporairement Martin Donnelly, on ne prend même pas la peine de lui fabriquer un équipement à sa taille. Bailey se voit tout simplement confier les anciennes combinaisons de rechange de Johnny Herbert, dont le nom était encore brodé en gros sur la ceinture. C'est pourtant avec cet équipement d'emprunt qu'il signera le seul et unique point de sa carrière en F1 en finissant 6e à Imola.
Après la monoplace, Julian Bailey trouve refuge dans les championnats d'Endurance et de GT, notamment au volant de la monstrueuse Lister Storm à moteur V12 Jaguar. Si la voiture était extrêmement rapide — lui permettant de devenir champion FIA GT en 2000 elle souffrait d'un défaut majeur d'isolation thermique. Bailey racontera plus tard que le moteur dégageait une chaleur si infernale dans l'habitacle lors des courses de fond que la semelle de ses bottines de course fondait littéralement et restait collée aux pédales pendant qu'il pilotait.
Après avoir pris sa retraite des circuits, Julian Bailey a continué à piloter dans l'ombre. Pendant plusieurs années, la rumeur publique et le journal Daily Express ont révélé qu'il était l'un des pilotes mystères sous le casque blanc du "Stig", le pilote de référence de la célèbre émission de la BBC Top Gear. Bien que la production ait toujours refusé de confirmer ou de démentir, le milieu du sport automobile britannique savait pertinemment que « Julio » se cachait derrière certaines des sessions chronométrées les plus folles de l'émission.



























