4 juin 2026

1999 50e couronne

1999 : la cinquantième couronne

La saison 1999 restera comme l'une des plus indécises de l'ère moderne, mais pas forcément comme la plus brillante.

L'accident de Michael Schumacher à Silverstone bouleverse totalement le championnat. Défaillance de freinage ou prise de risque excessive au moment de tenter de dépasser son équipier Eddie Irvine, les débats continuent encore aujourd'hui. Une chose est certaine : Ferrari perd soudainement son leader et doit revoir tous ses plans.

Irvine se retrouve propulsé candidat au titre presque malgré lui.


Chez McLaren, la situation n'est guère plus sereine. David Coulthard multiplie les erreurs, les sorties de piste et les occasions manquées. Pendant ce temps, Mika Häkkinen alterne performances remarquables et fautes inhabituelles.

Ferrari comme McLaren semblent décidées à se compliquer l'existence. Les ravitaillements ratés se succèdent, les stratégies paraissent parfois improvisées et certaines décisions prises depuis les stands laissent perplexes observateurs et supporters.

Chez Ferrari, Schumacher n'a jamais réellement soutenu Irvine publiquement. Lorsque l'Allemand est contraint de rester éloigné des circuits pendant plusieurs mois, la Scuderia se résout enfin à jouer la carte du pilote nord-irlandais. Mais ce changement de cap intervient peut-être trop tard.

Pour compenser l'absence de son champion, Ferrari recrute plusieurs remplaçants, dont Mika Salo. Le Finlandais réalise quelques prestations solides mais ne peut évidemment remplacer Schumacher sur la durée.

La saison devient alors un véritable feuilleton.

Ferrari est d'abord disqualifiée après des contrôles techniques controversés. Les ingénieurs reconnaissent une erreur d'interprétation réglementaire. Quelques jours plus tard, la Cour d'appel de la FIA annule la sanction et réintègre l'équipe au classement.

Pendant ce temps, la hiérarchie traditionnelle vacille. Stewart décroche une victoire inattendue, Jordan en remporte deux et même Prost Grand Prix nourrit encore quelques espoirs de renaissance.

Au bout du compte, Mika Häkkinen conserve son titre mondial.

Schumacher, blessé, voit ses ambitions s'envoler. Irvine échoue de peu. McLaren et Ferrari donnent parfois l'impression de vouloir perdre autant que gagner.

La saison 1999 aura offert du suspense jusqu'au dernier Grand Prix, mais également une impression permanente d'occasions manquées, d'erreurs et de rebondissements improbables.

Pour certains, Häkkinen a gagné avec une bonne part de réussite.

Pour d'autres, Schumacher a perdu un championnat qu'il semblait en mesure de contrôler.

Une chose est sûre : cette saison agitée a davantage marqué les esprits par ses péripéties que par son niveau de maîtrise, et elle demeure l'un des championnats les plus singuliers de l'histoire récente de la Formule 1.

LIGIER - SCHLESSER



Schlesser et Ligier : naissance d'une amitié

Lors du Tour de Corse 1963, Guy Ligier et Jo Schlesser ne se connaissent pas encore. Pourtant, quelques kilomètres suffiront pour rapprocher ces deux fortes personnalités du sport automobile français.

La première rencontre a lieu au détour d'une assistance.

C'est toi Ligier ? José Behra m'a parlé de toi. Dis donc, vous vous défendez bien !

Avec ton monstre, ce n'est déjà pas si mal de te suivre...

Le ton est donné.

Dans la spéciale entre Maison Colonna et Calcatoggio, Guy Ligier aperçoit bientôt la voiture de Schlesser revenir à grande vitesse dans ses rétroviseurs. Jo finit par le dépasser, mais Ligier décide de s'accrocher malgré un handicap de taille : il roule sans véritables freins depuis près de 200 kilomètres.

Pendant quelques instants, il parvient à suivre le rythme infernal imposé par Schlesser.

Puis tout bascule.

La voiture quitte la route et plonge dans un ravin. Une descente d'une cinquantaine de mètres qui aurait pu très mal se terminer.

L'incident marque pourtant le début d'une solide amitié entre les deux hommes.

Au fil des années, leurs relations dépassent largement le cadre de la compétition. Schlesser et Ligier s'associent bientôt pour créer Inter Sport, une société spécialisée dans l'importation et la vente de voitures sportives américaines.

Dans leurs showrooms passent alors quelques-unes des machines les plus désirables de l'époque : les Ford GT40, les AC Cobra et les Ford Mustang.

Une aventure commerciale née d'une rencontre en Corse, d'un ravin mal placé... et d'une passion commune pour les automobiles d'exception.

F1 1982 la guerre

 La guerre de 1982

La saison 1982 ne se joue pas uniquement sur la piste. Derrière les grilles de départ se déroule une véritable guerre politique et réglementaire entre les écuries anglaises et les constructeurs européens.

Au Grand Prix du Brésil, la bataille continue longtemps après le drapeau à damier. Dans le parc fermé, les contrôles techniques des voitures de tête tournent rapidement à la confrontation.

Renault et Ferrari déposent une réclamation contre les Williams et les Brabham. Au centre du litige : les fameux réservoirs d'eau utilisés par certaines équipes. Avant même que les vérifications ne puissent être menées correctement, les mécaniciens remplissent aussitôt ces réservoirs.

Les commissaires techniques, pourtant avertis, tentent d'intervenir. Sans succès.

Bernie Ecclestone, alors patron de Brabham mais également organisateur du Grand Prix, entre lui-même dans le parc fermé et ordonne aux mécaniciens de poursuivre leurs opérations. Les officiels sont écartés et les réclamations de Ferrari et Renault ne sont même pas véritablement examinées.

Ecclestone agit avec une assurance totale. Et pour cause : déclasser Nelson Piquet devant son public paraît impensable. De plus, les intérêts financiers liés à l'organisation de l'épreuve rendent la situation particulièrement délicate.

Refusant d'abandonner, Jean Sage pour Renault et Marco Piccinini pour Ferrari annoncent immédiatement leur intention de faire appel.

Le conflit est désormais ouvert.

Quelques semaines plus tard, au Grand Prix des États-Unis à Long Beach, la disqualification de Gilles Villeneuve pour un aileron jugé non conforme provoque un véritable séisme en Italie.

Enzo Ferrari menace alors, en coulisses, de retirer son équipe du championnat.

Pendant ce temps, Frank Williams approche discrètement Villeneuve afin de sonder son intérêt pour un éventuel remplacement de Carlos Reutemann.

L'atmosphère devient irrespirable.

Pour contenir la progression des moteurs turbo de Renault et Ferrari, certaines équipes explorent toutes les zones grises du règlement. Suspensions contestées, systèmes assimilés à des aides électroniques, réservoirs d'eau servant à récupérer du poids après la course : chacun cherche l'avantage là où il peut.

La tension atteint un niveau rarement vu.

À Imola, près de la moitié du plateau refuse de participer à l'épreuve. À Monaco, les Ligier sont déclarées non conformes. À Detroit, l'équipe française reçoit encore une lourde amende.

La Formule 1 ressemble davantage à un champ de bataille politique qu'à un championnat du monde.

L'ironie de l'histoire est que les polémiques ne s'arrêtent pas là.

Brabham remportera finalement le championnat du monde 1983, malgré les nombreuses contestations entourant certaines interprétations du règlement technique et des carburants utilisés.

Quelques mois plus tard, Tyrrell sera à son tour sévèrement sanctionnée pour ses propres infractions techniques liées au lest et au carburant.

Comme souvent en Formule 1, ceux qui dénoncent les tricheurs finissent parfois par être accusés à leur tour.

JARIER Ligier JS5

Jean-Pierre Jarier, le transfert qui n'eut jamais lieu

Un deuxième baquet Ligier pour le Grand Prix de France

Nous sommes en 1976.

Pour le Grand Prix de France, huitième manche du championnat du monde, Guy Ligier nourrit une ambition particulière : engager une seconde JS5 aux côtés de celle de Jacques Laffite.

Le pilote choisi est tout trouvé : Jean-Pierre Jarier.

Tout semble réglé. Les discussions ont abouti, les avocats sont intervenus et, selon les informations recueillies par Ligier, rien ne s'oppose à la présence de Jarier sous les couleurs françaises.

L'affaire paraît entendue.

Une attirance réciproque

Il faut dire que depuis le début de la saison, Jarier est un visiteur assidu du stand Ligier.

L'ambiance y est excellente, les relations avec les mécaniciens et les responsables de l'équipe sont chaleureuses, et le courant passe parfaitement avec Guy Ligier.

Cette proximité n'est pas nouvelle.

Dès novembre 1975, lors des premiers essais de la future Ligier, Guy Ligier avait convié trois pilotes français : Jacques Laffite, Jean-Pierre Beltoise et Jean-Pierre Jarier.

À l'époque, Jarier avait décliné l'invitation.

Par respect pour son employeur, Shadow, mais également par amitié pour Beltoise, il ne souhaitait pas créer de malentendu.

Une semaine de préparation

Pourtant, quelques mois plus tard, le projet redevient d'actualité.

Jarier et Laffite effectuent de nombreux tours d'essais sur le circuit Paul-Ricard.

Chez Shadow, la situation est plus compliquée.

L'écurie accuse plusieurs mois de retard dans le paiement du salaire de son pilote français.

Aux yeux de Jarier, cette dette pèse davantage que certaines clauses restrictives de son contrat.

Pendant plusieurs jours, Ligier prépare minutieusement une JS5 destinée à accueillir le pilote parisien.

Tout le monde travaille dans la perspective de voir deux voitures françaises au départ du Grand Prix national.

Le coup de théâtre

Mais à quelques jours de l'épreuve, tout s'effondre.

Le jeudi précédant le Grand Prix, Jean-Pierre Jarier doit finalement renoncer.

Le patron de Shadow intervient personnellement et fait valoir les droits de son équipe sur le pilote.

Dans le même temps, les salaires en retard sont enfin versés.

Les sommes dues arrivent au bon moment.

Juridiques comme financiers, les arguments deviennent alors difficiles à contester.

Jarier reste chez Shadow.

Pour Ligier, la déception est immense.

L'équipe a déjà engagé des dépenses importantes pour préparer cette seconde voiture et constituer un stock conséquent de pièces détachées.

Un transfert avorté aux conséquences inattendues

Ironiquement, cette décision contribue peut-être à sauver Shadow.

Perdre son pilote vedette en pleine saison aurait représenté un coup dur pour l'écurie britannique.

Jarier reste donc fidèle à son équipe malgré les tensions des mois précédents.

Le Grand Prix de France 1976 conserve néanmoins une forte tonalité tricolore.

Cinq pilotes français sont présents au départ :

  • Patrick Depailler sur Tyrrell ;
  • Jacques Laffite sur Ligier ;
  • Jean-Pierre Jarier sur Shadow ;
  • Henri Pescarolo sur Surtees ;
  • Michel Leclère sur Williams.

Une présence française rarement égalée à l'époque.

L'histoire continue

L'épisode n'altère pas les excellentes relations entre Jarier et Ligier.

Dès la saison suivante, Jean-Pierre Jarier pilotera effectivement une Ligier JS7.

Guy Ligier continuera par ailleurs à envisager l'engagement de pilotes français supplémentaires, allant jusqu'à souhaiter offrir une voiture à un jeune espoir nommé Alain Prost lors d'un futur Grand Prix de France.

Quelques années plus tard, en 1981, Jarier se retrouve encore lié à l'équipe de Vichy.

Lorsque Jean-Pierre Jabouille peine à retrouver son niveau après son grave accident du Grand Prix du Canada, Jarier devient pilote de réserve de l'écurie.

Lors des essais du Grand Prix du Brésil, trois Ligier se retrouvent même simultanément en piste : celles de Jacques Laffite, Jean-Pierre Jabouille et Jean-Pierre Jarier.

Une image rare qui rappelle combien le destin de Jarier et celui de Ligier auront souvent été proches, même lorsqu'ils ne parvenaient pas à se rejoindre.

6 roues et plus

 6 roues et plus

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1907

Walter Christie


Croisière Renault

1921

Alfiéri et Ernesto Masérati s'élancent au volant d'une Isotta-Franchini
à moteur d'avion Hispano - Suiza

1934

Alfa Roméo en courses de cotes, Achille Varzi avec sa 6 pneus
Vauxhall, Bugatti, Era, Alta, Masérati feront de même.
1938

Autounion

1939

ERA de Raymond Mays

1939

Mercedes et ...Hans Stuck et Hermann Lang (photo) la voiture
dispose de 600 ch, pour "passer" la puissance les roues jumelées
impose la cavalerie.


Mercedes veut obtenir le reccod absolue de vitesse. Dans le plus
grand secret un prototype fut conçut, il ne fut découvert qu'au
lendemain de la guerre ! Ferdinand Porsche avait conçu cet engin
qui possède deux roues directrices et quatre roues arrière motrice.
La puissaance est fournie d'un V12 aviation  suralimenté de ...
44,5 litres et 2 800 chevaux, la voiture ne dépasse guère plus
de 3 tonnes. Stuttgart compte bien atteindre 800 km/h, les
allemands ont prévus une portion d'autoroute spécialement
adaptée à la futur tentative. Hans Stuck est à l'origine dès
1936 du projet. L'invasion de la Pologne coupa les ailes du
projet et même à la ... voiture.

1948

Châssis Claney à Indy, elle disputa 2 fois Indy avec 6 roues et
une 3eme fois avec 4 roues.



Gaz 6 toues

1975

Projet entre Renault turbo et Tyrrell 6 roues, Tyrrell conseille
à Renault d'utiliser le turbo mais refuse d'être le "laboratoire"
ensuite il sera un farouche adversaire des turbo.

1976-77

La P34 réalise le doublé au GP de Suède
Pilotes
P Depailler, J Scheckter, R Péterson


1976
March

C'est en novembre 1976 que Max Mosley présente une "six"
une voiture capable de s'attirer des retombées publicitaires,
des sponsors.

Baptisée 240 (2+4+0=6) cette monoplace

n'a rien de commun avec la démarche de Tyrrell. Herd opte
pour 4 roues arrière motrices, le poid augmente d'environ 45 kilos

Mais il ne s'agit après tout que d'un essai, la monoplace
est rapidement reconvertie en 4 roues, 3 à 4 heures de travail.
Ganley et Ian Scheckter feront quelques essais, sans suites.


1977

Niki Lauda roule sur une
"six pneus" Niki réalise des pointe à 300 Km/h

Reuteman poursuit
les essais à Fiorano et s'empresse (dit ont)
de détruire la monoplace.

Une expérimentation la Ferrari ?

La 312 T2 se présente sur la piste de Nardo



La gag du 1er avril d'Auto Hebdo

1977

 Jean Rondeau rêve d'engager une voiture à moteur Cosworth, un
DFX Turbo de 800 chevaux, sa grande idée est de construire
pour 1979 2 voitures Sport à 4 roues directrices.
Une maquette échelle 1/4 destinée aux 1er essais en
soufflerie, Rondeau envisage de disputer les 24 heures
et le championnat d'Europe d'endurance.
La Rondeau M579 Turbo ?


1977


1980

Fiat Panda 1980


Mercedes-Léotard au Dakar 1980


Belarus Russie


Williams F1

avec Rosberg

avec Alan Jones
avec Jh Palmer


De Monfcorgé au dakar

Citroen DS, essais de pneus
Test de résistence des pneux poid-lourds




BALAVOINE au Dakar

Daniel Balavoine au Paris-Dakar

Avant de devenir l'une des figures marquantes du Dakar, Daniel Balavoine est d'abord un passionné de sport automobile. Contrairement à l'image parfois véhiculée, il ne se contente pas d'accompagner la caravane du rallye : il participe réellement à l'épreuve à plusieurs reprises.

1983 : première participation

Balavoine découvre le Paris-Dakar en tant que copilote de Thierry Deschamps sur un Datsun Patrol. Comme beaucoup de débutants, il découvre la dure réalité du rallye-raid : navigation compliquée, mécanique éprouvée et pistes africaines impitoyables.

Cette première expérience le marque profondément. Plus qu'une simple aventure sportive, il découvre l'Afrique et les difficultés rencontrées par de nombreuses populations isolées.

1985 : retour sur les pistes

Deux ans plus tard, il revient sur le Dakar comme copilote du journaliste automobile Jean-Luc Roy au volant d'un Toyota.

Cette fois, l'objectif n'est plus seulement de participer. L'équipage termine l'épreuve à une honorable 30e place au classement général, démontrant que Balavoine n'est pas simplement une célébrité invitée mais un concurrent sérieux.

Pour l'édition 1986, Daniel Balavoine ne prend pas le départ comme concurrent.

Il est présent sur le rallye pour développer l'opération « Paris du Cœur », un programme humanitaire destiné à installer des pompes à eau dans des villages africains grâce à la logistique exceptionnelle du Dakar. Son implication est totale : il multiplie les rencontres, les déplacements et les démarches sur le terrain.

Le projet bénéficie du soutien de Thierry Sabine, avec qui Balavoine entretient une relation d'amitié et de confiance.

14 janvier 1986 : le drame

Lors de l'étape reliant Niamey à Gourma-Rharous, au Mali, l'hélicoptère de l'organisation s'écrase dans des conditions difficiles.

À bord se trouvent :

  • Daniel Balavoine
  • Thierry Sabine
  • François-Xavier Bagnoud
  • Nathalie Odent
  • Jean-Paul Le Fur

Aucun survivant. Le Dakar perd son fondateur et la France l'un de ses artistes les plus populaires.

3 juin 2026

TYRRELL 6 ROUES génial



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Tyrrell P34 : le constat d'échec d'une révolution à six roues

Trois hommes derrière une idée folle

L'histoire de la Tyrrell P34 repose avant tout sur trois personnalités :

  • Derek Gardner, l'ingénieur concepteur ;
  • Patrick Depailler, le pilote qui croit au projet ;
  • Ken Tyrrell, le patron qui accepte de prendre le risque.

Lorsque la Tyrrell à six roues apparaît en Formule 1, elle fascine autant qu'elle intrigue. Son objectif est simple : aller plus vite que les autres en remettant en cause l'une des bases de la monoplace moderne.

Pourtant, à peine deux ans plus tard, l'aventure touche déjà à sa fin.

Le départ du père de la P34

Le 22 septembre 1975, un communiqué officiel annonce que Derek Gardner quittera prochainement ses fonctions au sein de Tyrrell. Son remplacement par Maurice Philippe est programmé.

Après le Grand Prix d'Italie, Gardner s'éloigne de la Formule 1, même s'il reviendra bien des années plus tard auprès des P34 engagées en compétitions historiques.

Avec le recul, beaucoup considèrent que ce départ marque le début de la fin pour le projet.

La P34 était son idée, son combat et sa vision. Une fois son créateur parti, la voiture perd peu à peu son principal défenseur.


Pourquoi six roues ?

L'objectif de Gardner est de résoudre une contradiction technique : obtenir une excellente vitesse de pointe sans sacrifier la tenue de route.

La solution retenue consiste à utiliser quatre petites roues à l'avant au lieu de deux roues classiques.

Les avantages sont multiples :

  • une surface frontale réduite ;
  • une meilleure pénétration dans l'air ;
  • davantage de gomme en contact avec le sol.

Les essais en soufflerie montrent qu'avec les petites roues carénées, la traînée aérodynamique diminue d'environ 12 % par rapport à la Tyrrell de 1975.

En virage, l'augmentation de la surface de contact au sol atteint près de 18 %, ce qui doit permettre des vitesses de passage supérieures.

Gardner s'appuie notamment sur l'exemple des McLaren M23, très performantes sur les circuits rapides mais parfois moins efficaces dans les tracés sinueux. La P34 doit justement être compétitive partout.

Une première saison prometteuse

La Tyrrell P34 débute en championnat du monde lors du Grand Prix d'Espagne 1976.

Les résultats dépassent rapidement les attentes.

Bilan de la saison :

  • 13 Grands Prix disputés ;
  • 1 victoire ;
  • 1 doublé historique en Suède avec Jody Scheckter et Patrick Depailler ;
  • 8 deuxièmes places ;
  • Scheckter termine 3e du championnat ;
  • Depailler termine 4e ;
  • Tyrrell finit 3e du championnat constructeurs derrière Ferrari et McLaren.

Pour une voiture aussi atypique, le résultat est remarquable.

Les premiers signes d'essoufflement

Malgré ces performances, des difficultés apparaissent dès la fin de saison.

En Autriche puis aux Pays-Bas, la voiture perd une partie de son efficacité.

Les nouveaux pneumatiques Goodyear sont jugés trop durs.

Le comportement évolue progressivement vers un fort sous-virage qui pénalise les pilotes.

La question demeure :

Le problème vient-il des pneus ou de l'évolution des règlements aérodynamiques ?

Probablement un peu des deux.





La version 1977 : plus rapide... mais plus lourde

Pour 1977, Tyrrell présente une évolution importante de la P34.

Le cockpit est prolongé par un vaste carénage recouvrant le groupe motopropulseur.

L'aérodynamique progresse nettement.

La voiture devient même la plus rapide du plateau en vitesse de pointe.

Mais chaque avantage possède son revers.

Cette nouvelle carrosserie augmente considérablement le poids de l'ensemble.

À très haute vitesse, les quatre petites roues avant subissent des contraintes importantes et leur diamètre peut augmenter d'environ un centimètre sous l'effet de la rotation.

La P34 gagne en vitesse pure mais perd en agilité.

Le problème Goodyear

La véritable difficulté vient cependant d'ailleurs.

Goodyear avait accepté de produire des pneumatiques adaptés à la P34 pour la saison 1976.

Un an plus tard, le manufacturier ne souhaite plus investir dans un programme spécifique pour une seule équipe.

Tyrrell doit alors utiliser des pneus dérivés ou issus des stocks de l'année précédente.

La situation devient critique.

Entre le Grand Prix d'Espagne 1976 et celui de 1977, la P34 de Patrick Depailler perd environ une seconde et demie au tour.

L'équipe tente pourtant de multiples solutions :

  • modification de la géométrie des suspensions ;
  • élargissement de la voie avant ;
  • nouvelle répartition des masses ;
  • déplacement des radiateurs ;
  • repositionnement de la batterie ;
  • déplacement de l'extincteur.

Rien n'y fait.

Le sous-virage demeure.

Derek Gardner lui-même résume la situation :

« Le problème principal vient de notre impossibilité à disposer des pneus adaptés. Dans ces conditions, il ne nous reste qu'à travailler sur les suspensions. »

Le point de vue de Depailler

Patrick Depailler refuse toutefois de parler d'échec.

Pour lui, le concept reste valable.

La vraie différence est que les autres équipes continuent de progresser alors que la P34 stagne.

Selon le pilote français, le principal défaut est devenu le poids.

La version 1976 était déjà lourde.

La version 1977 l'est encore davantage, avec plusieurs dizaines de kilos supplémentaires.

Pour retrouver sa compétitivité, il faudrait selon lui repartir d'une feuille blanche et concevoir une nouvelle génération de six roues.

Une impasse technique

La situation devient rapidement sans issue.

La carrosserie plus élaborée améliore l'aérodynamique mais augmente le poids.

La voiture consomme davantage.

Il faut embarquer plus de carburant.

Les freins travaillent plus durement.

Le cercle vicieux s'installe.

Au même moment, Goodyear se désintéresse définitivement du projet et refuse de développer de nouveaux pneumatiques spécifiques.

La P34 perd alors l'un de ses principaux atouts.

La fin d'une aventure

À Silverstone, les observateurs placés au bord de la piste assistent à un phénomène spectaculaire.

Dans la longue ligne droite, les petites roues avant tournent à près de 4 000 tours par minute.

La déformation des pneus est visible à l'œil nu.

L'image résume parfaitement le destin de la Tyrrell P34 : une voiture brillante, audacieuse et révolutionnaire, mais poussée aux limites de ce que la technologie de l'époque pouvait supporter.

L'abandon du concept ne doit pas être considéré comme un échec total.

La P34 a remporté un Grand Prix, signé un doublé historique et démontré qu'il était encore possible, dans les années 1970, de réinventer totalement une Formule 1.

Pour cela, Ken Tyrrell, Derek Gardner et Patrick Depailler méritent de rester parmi les grands innovateurs de leur époque.