TWR voitures tourismes
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Tom Walkinshaw considérait le règlement technique comme un
recueil de suggestions. Sa philosophie ? « Si ce n'est pas explicitement
interdit, c'est autorisé. »
En Championnat d'Europe de Tourisme (ETCC), les Rover de TWR survolaient les
débats. Les commissaires techniques se demandaient comment elles parvenaient à
ravitailler si vite sans enfreindre le débit maximal des tuyaux.
TWR refroidissait l'essence à l'aide de glace sèche juste avant de
l'injecter.
Le carburant se rétractait sous l'effet du froid, permettant de
faire entrer un plus grand volume (et donc plus d'énergie) dans le réservoir
standard de la voiture lors des arrêts aux stands.
Sur les
légendaires Jaguar XJZ V12,
Walkinshaw avait remarqué que la dimension des pneus autorisés dépendait de la
forme d'origine des passages de roues.
Pour faire passer des pneus beaucoup
plus larges et obtenir une adhérence phénoménale, TWR a discrètement modifié
les matrices de presse de l'usine Jaguar de production en série.
Les voitures
de route sont sorties d'usine avec des ailes légèrement plus bombées, rendant
la voiture de course parfaitement "conforme" au modèle de série !
En 1994, TWR s'associe à Volvo pour s'engager dans le très
compétitif Championnat britannique des voitures de tourisme (BTCC). Au lieu
d'aligner la berline 850 classique, Tom Walkinshaw décide d'engager la version Volvo
850 Break (Station Wagon).
Tout le monde pense à une blague ou à un simple coup
publicitaire. Mais Walkinshaw a repéré une faille dans le règlement : à
l'époque, les appendices aérodynamiques (les ailerons) ne sont pas autorisés
s'ils dépassent de la ligne de carrosserie du toit. Or, le toit du break
s'arrête net à l'arrière du véhicule. TWR profite de cette immense surface
plane pour générer un appui aérodynamique naturel phénoménal à haute vitesse,
bien supérieur à celui des berlines.
Voir un immense break de chasse doubler des berlines de
sport par l'extérieur sur les circuits britanniques reste l'une des images les
plus mémorables du sport auto. Le coup est si parfait que la FIA change le
règlement dès l'année suivante pour interdire les breaks, obligeant TWR à
repasser à la berline (avec laquelle ils gagneront le titre en 1998).
En 1990, Tom Walkinshaw
décide d'importer son savoir-faire en Australie en s'associant avec Holden.
Pour la mythique course du Bathurst 1000 sur le terrifiant circuit du Mount
Panorama, il aligne la redoutable Holden Commodore.
La voiture est rapide
mais souffre d'un défaut majeur de conception : l'échappement passe directement
sous le plancher de l'habitacle, juste sous les pieds du pilote. Pendant la
course, la température au sol atteint les 80°C.
Le pilote britannique Win Percy effectue un non relais. Ses bottines de course commencent
littéralement à fondre et ses talons souffrent de brûlures au deuxième degré.
Malgré la douleur atroce, il refuse de s'arrêter pour ne pas perdre de temps
face aux puissantes Ford Sierra Turbo. Associé à Allan Grice, Percy remporte la
course. À l'arrivée, il doit être extrait de la voiture et transporté
directement au centre médical, incapable de marcher pour monter sur le podium.
En 1985, TWR débarque en Australie pour disputer la
prestigieuse course du Barthurst 1000 avec ses redoutables Jaguar XJS V12. Les
voitures surclassent totalement la concurrence locale, s'offrant la pole et la
victoire générale. Mais les ingénieurs des autres équipes ne comprennent pas
comment ce lourd moteur V12 développe autant de puissance.
Des années plus tard, la vérité
a éclaté. Le règlement de l'époque exigeait que les culasses utilisées en
course soient strictement identiques à celles des modèles de série. Or, les
culasses de série de la Jaguar XJS (dites culasses "May") avaient été
spécialement conçues pour réduire les émissions polluantes et optimiser
l'économie de carburant — une hérésie pour la compétition.
Tom Walkinshaw a profité d'un
transfert de réglementation pour soumettre un formulaire d'"erratum"
à la FISA (l'ancêtre de la FIA). Il a affirmé que les documents officiels
d'homologation initiaux contenaient une "erreur d'impression" et
qu'ils devaient mentionner d'anciennes culasses Jaguar à haute performance qui
n'étaient pourtant plus du tout produites en série. La fédération, sans trop
vérifier, a validé la correction. D'un simple coup de stylo, TWR a légalement
gagné plus de 100 chevaux.
En 1988, lors de sa dernière course officielle en tant
que pilote à Bathurst, Tom Walkinshaw est agacé par la domination insolente des
Ford Sierra RS500 Turbo australiennes, bien plus agiles que ses montures.
Bien décidé à bousculer ses rivaux avant même le départ,
Walkinshaw dépose une réclamation technique officielle pour faire inspecter et
disqualifier les cinq Ford Sierra de pointe. La panique s'installe dans le
paddock, et les officiels passent des heures à examiner les voitures adverses.
Le coup de bluff perturbe le peloton, mais l'arroseur
finit par être tourné en ridicule. Les commissaires découvrent quelques heures
plus tard que la réclamation de Walkinshaw était administrativement illégale car
elle avait été déposée sous sa licence personnelle TWR alors que l'engagement
officiel de l'équipe dépendait d'une autre structure. Pour couronner le tout,
une contre-enquête révèle que les propres voitures de Walkinshaw cachaient des
modifications illégales au niveau de la crémaillère de direction.
Fidèle à
lui-même, Tom a simplement souri en quittant le circuit.
MAZDA : Le triomphe improbable : Associé au
pilote-journaliste belge Pierre Dieudenné, Tom Walkinshaw signe un chef-d'œuvre
de régularité et de gestion mécanique. La voiture, légère (900 kg) et
affichant 255 chevaux, déjoue tous les pronostics et remporte l'épreuve.
Le moteur rotatif hurlait tellement
fort à haut régime que les spectateurs se bouchaient les oreilles à des
kilomètres du circuit. Pour l'édition 1981, TWR avait installé un silencieux
flambant neuf qui, selon les termes des mécaniciens, "faisait toujours
un bruit d'enfer, mais juste assez tolérable pour éviter que la police locale
ne dresse un procès-verbal pour tapage nocturne". C'était la toute
première victoire d'une voiture japonaise à Spa.
La balance secrète des stands
Pour grapiller la moindre seconde lors des arrêts aux stands
en Endurance, l'équipe TWR avait développé une méthode radicale pour s'assurer
que leurs voitures respectaient scrupuleusement le poids minimal imposé par le
règlement technique, sans pour autant embarquer un seul gramme superflu en
piste.
Lors des essais, l'équipe pesait
séparément chaque pilote avec son équipement complet (combinaison, casque,
système radio, gourde d'eau) après l'effort, pour évaluer leur perte de poids
liée à la déshydratation. L'écurie ajustait ensuite la quantité de fluides
(lave-glace, huile de réserve) injectée dans la voiture en fonction du pilote
qui s'apprêtait à monter à bord. Si un pilote plus léger prenait le relais, les
mécaniciens glissaient discrètement des inserts en plomb dans les poches du
siège amovible, ajustés à la perfection pour que la voiture flirte toujours à
un demi-kilo de la limite légale.
ETCC, 1983
Pendant des années, les
concurrents de TWR en Championnat d'Europe de Tourisme (ETCC) suspectaient les
Jaguar XJS de tricher sur l'autonomie, mais les commissaires ne trouvaient
rien. L'explication est venue bien plus tard de l'un de ses propres pilotes de
l'époque, John Fitzpatrick.
Juste avant de prendre la
piste pour sa première séance d’essais officiels avec TWR, un mécanicien
l'isole dans le stand et lui glisse à l’oreille : « Je vais t'expliquer
comment fonctionnent les réservoirs secrets et comment les activer en course ».
Les voitures cachaient un système de double fond et de tuyauteries
additionnelles indétectables, qui augmentait subtilement la capacité d'essence
au-delà de la limite légale.
Choqué par cette révélation et refusant de tricher
sciemment contre ses amis du peloton, Fitzpatrick termine la course sur le
podium puis va voir Tom Walkinshaw pour rompre son contrat. Magnanime (ou
terrifié à l'idée que le pilote ne parle), Walkinshaw accepte sans un mot et
lui verse... l'intégralité de son salaire annuel pour l’année afin de s’assurer
de son
Le coup de la culasse rabotée (Volvo, 1994)
Quand TWR s'est occupé du moteur 5 cylindres de la Volvo 850
pour le BTCC, les ingénieurs étaient bloqués par le règlement qui interdisait
de modifier l'angle des conduits de la culasse d'origine.
La triche géométrique : Pour contourner la règle, TWR a
usiné la culasse en biais (en forme de coin) directement à sa base, là où elle
repose sur le bloc moteur. Techniquement, les conduits internes n'avaient pas
été modifiés par rapport à la culasse. Mais une fois fixée sur le moteur,
l'ensemble de la culasse se retrouvait penchée, ce qui modifiait l'inclinaison
des conduits par rapport aux pistons. L'admission était plus directe,
l'évacuation plus fluide, et le moteur a instantanément gagné 65 chevaux totalement
illégaux mais indétectables sans une règle de géométrie.
Nürburgring, 1982
En 1982, TWR domine l'ETCC avec ses redoutables Jaguar
XJS V12. Lors du Tourist Trophy sur le Nürburgring, le pilote allemand Armin
Hahne et son coéquipier Jonathan Palmer survolent l'épreuve. Les équipes
rivales, excédées, portent officiellement réclamation, affirmant que le moteur
de TWR utilise un vilebrequin et des bielles totalement hors-normes.
Tom Walkinshaw apprend la réclamation alors que les
voitures passent la ligne d'arrivée. Sachant pertinemment que le bloc moteur
n'est pas conforme, il ordonne à ses mécaniciens de cadenasser immédiatement
les camions de l'écurie avec les voitures à l'intérieur.
Lorsque les commissaires
techniques de la FIA se présentent au stand TWR avec leurs outils de mesure,
ils trouvent les stands vides. Walkinshaw avait ordonné aux chauffeurs des
camions de démarrer en trombe et de passer la frontière allemande au milieu de
la nuit pour ramener les voitures directement à l'usine en Angleterre, là où la
FIA n'avait aucune juridiction. TWR a écopé d'une amende pour
"non-présentation du matériel", mais a conservé les points de la
victoire car la triche n'a jamais pu être formellement prouvée sur le moment !
Silverstone, 1984
Tom Walkinshaw n'était pas seulement un patron d'écurie
machiavélique, il était aussi un pilote d'une immense roublardise en piste.
Lors d'une manche du BTCC à Silverstone sous une météo typiquement britannique
(alternance de déluge et de soleil), le choix des pneumatiques tourne au
casse-tête.
Installé en pole position, Walkinshaw remarque que tous ses
adversaires surveillent ses roues pour savoir s'il chausse des pneus slicks ou
des pneus pluie. Il demande alors à ses mécaniciens de monter des pneus pluie
complets, mais ordonne à son ingénieur de courir partout sur la grille en
criant sur un ton faussement paniqué que "les slicks retaillés étaient
une terrible erreur".
Tombant dans le panneau, plusieurs concurrents changent
leurs pneus à la hâte sur la grille pour l'imiter. Ce qu'ils ne savaient pas,
c'est que TWR avait utilisé une gomme "intermédiaire" tendre
expérimentale et avait fait retailler les rainures à la main pour qu'elles
ressemblent exactement au profil d'un pneu grand déluge. Dès que la piste a
commencé à sécher, les pneus des adversaires ont surchauffé et ont explosé,
tandis que Tom s'est envolé vers une victoire tranquille.
L'aspirateur caché de la Mazda RX-7 (Spa, 1981)
Lors de la fameuse campagne victorieuse de TWR avec la
Mazda RX7 aux 24 Heures de Spa 1981, les rivaux allemands (BMW et Ford) ragent
de voir la petite voiture japonaise coller à la piste dans les virages rapides
de Spa-Francorchamps.
Le règlement interdit alors formellement les jupes
mobiles et tout système d'effet de sol actif (comme la célèbre Brabham
"aspirateur" de F1). Mais Tom Walkinshaw remarque que le soubassement
de la Mazda possède une large plaque de protection métallique sous le moteur
rotatif.
Les ingénieurs de TWR modifient la forme du carter et
l’inclinaison de cette plaque pour créer un effet Venturi passif mais puissant. Pour maximiser le flux, ils orientent les pales du ventilateur
de refroidissement du moteur de manière à ce qu'il aspire l'air situé sous
la voiture pour le rejeter vers l'arrière. La voiture crée sa propre zone de
basse pression sous le châssis, agissant comme un mini-aspirateur parfaitement
indétectable pour l'époque.
Le réservoir d'eau glacée de la Rover Vitesse (1984)
En 1984, les Rover de TWR dominent outrageusement le
Championnat d'Europe de Tourisme (ETCC). Les commissaires inspectent les
moteurs sous toutes les coutures pour comprendre d'où vient le surplus de
puissance en fin de course.
Le règlement autorise un
réservoir de lave-glace d'une capacité libre pour nettoyer le pare-brise. TWR
installe un réservoir massif de plusieurs litres. Sauf qu'au lieu d'alimenter
les essuie-glaces, les tubulures cheminent secrètement le long des conduites
d'admission d'air du gros moteur V8.
Le réservoir est rempli d'un mélange d'eau glacée et de
méthanol pur. En fin de course, lorsque le moteur commence à surchauffer et à
perdre de la puissance, le pilote active une commande cachée. Le système
pulvérise ce mélange glacé directement dans le collecteur d'admission. L'air
refroidi devient plus dense, le méthanol dope la combustion, et la Rover gagne
instantanément 30 à 40 chevaux pour sceller la victoire.
La technique du "vrai" faux départ (BTCC, 1993)
Tom Walkinshaw détestait perdre, même lors des séances
d'essais privés de pré-saison où les équipes s'observent mutuellement.
En 1993, lors des essais officiels du BTCC à Silverstone,
TWR fait débuter sa nouvelle arme. Les ingénieurs des équipes rivales (BMW,
Ford, Vauxhall) se postent le long de la piste avec leurs chronomètres pour
évaluer le rythme de la voiture de Walkinshaw.
Comprenant la manœuvre, Tom ordonne à son pilote de
couper l'effort et de lever le pied à chaque fois qu'il passe devant le muret
des stands ou les portions où les ingénieurs adverses sont visibles, pour
afficher des chronos médiocres. En contrepartie, il demande à ses mécaniciens
de déplacer secrètement les panneaux de repères de freinage de l'équipe de 50
mètres avant le virage pendant la pause déjeuner. Les espions des autres
écuries, calquant leurs propres repères sur ceux de TWR, ont passé l'après-midi
à rater leurs freinages et à s'interroger sur les réglages de leurs voitures,
pendant que Tom savourait son coup psychologique depuis son garage.
Les portières en papier mâché de la Rover Vitesse (Monza,
1983)
Lors de l'ouverture du Championnat d'Europe de Tourisme
(ETCC) 1983 à Monza, les ROVER signent un triplé retentissant. Furieuse,
l'écurie d'usine BMW porte immédiatement réclamation concernant le poids des
éléments de carrosserie ouvrants (les portières, le capot et le hayon),
suspectés d'être beaucoup trop légers.
Les commissaires techniques
ordonnent le démontage d'une portière de la Rover gagnante pour la peser
séparément. Elle s'avère parfaitement conforme au poids d'homologation de la
fiche constructeur.
Le secret des doublures : Ce que les commissaires n'ont pas
vu, c'est que TWR avait utilisé une technique extrêmement vicieuse. La tôle
extérieure de la portière était d'origine et en acier lourd. En revanche, toute
la structure interne (la doublure de porte invisible sous la garniture) avait
été chimiquement passée à l'acide pour réduire son épaisseur à celle d'une
feuille de papier, et les renforts avaient été remplacés par de la fibre de
verre ultra-légère peinte en noir pour imiter le métal. Pour compenser la perte
de poids et tromper la balance lors de la pesée de la pièce, les mécaniciens
avaient caché des plaques de plomb amovibles à l'intérieur du mécanisme de
lève-vitre, qu'ils ont discrètement retirées juste après l'inspection !
Le coup du double arbre à cames fantôme (Jaguar XJS,
1982)
Au début de l'épopée des JAGUAR XJS V12 en Championnat de
Tourisme (ETCC), le grand point faible du moteur V12 de série était sa
distribution à simple arbre à cames par rangée de cylindres (SOHC), ce qui
limitait grandement la montée en régime et la puissance par rapport aux moteurs
BMW à double arbre (DOHC).
Pour contourner cette limite réglementaire stricte, les
ingénieurs de TWR ont conçu un carter de distribution et des couvre-culasses
moulés sur mesure. Visuellement, l'ensemble était imposant et imitait à la
perfection la forme d'un moteur à simple arbre d'origine.
En réalité, sous les couvercles en aluminium savamment
usinés, TWR avait modifié l'arbre à cames d'origine en y ajoutant des bossages
doubles et un système de basculeurs dédoublés ultra-légers en titane. Le moteur
respirait et fonctionnait exactement comme un moteur à double arbre à cames de
compétition. Lorsque les commissaires enlevaient le cache pour vérifier, ils ne
voyaient qu'un seul arbre central massif en rotation, sans réaliser que la
géométrie interne de la levée des soupapes était totalement modifiée et
illégale.
Le "vrai-faux" crash-test de la Volvo 850 (BTCC,
1995)
En 1995, après l'aventure du break, TWR repasse à la berline
Volvo 850 en BTCC. Pour optimiser la répartition des masses, les ingénieurs
décident de reculer le siège du pilote de près de 30 centimètres vers le centre
de la voiture, plaçant le pilote quasiment au niveau du montant central (le
pilier B).
Les commissaires de sécurité refusent la voiture, affirmant
que le pilote est trop loin des zones de protection d'origine et qu'en cas de
choc latéral, le pilier B pourrait s'effondrer sur lui.
Ne voulant pas perdre l'avantage dynamique de cette
position, Tom Walkinshaw invite les délégués techniques de la FIA dans les
ateliers de TWR à Kidlington. Il leur montre un châssis test
"accidenté" ayant subi, selon lui, un crash-test latéral destructeur
et réussi. Impressionnés par la déformation parfaite de la structure en acier
haute résistance entourant le faux pilote, les officiels valident la voiture.
Des années plus tard, un designer avouera que ce châssis n'avait jamais vu un
laboratoire de crash-test : les ingénieurs de TWR avaient tout simplement
découpé, plié et tordu la carrosserie à la main à l'aide de masses, de crics
hydrauliques et de chalumeaux pour simuler un impact parfait et tromper les
inspecteurs !
L'affaire de la "mutinerie" de Wayne Gardner
(Australie, 1993)
Au début des années 90, TWR
gère le prestigieux HOLDENRacing Team HRT en Australie. Le champion du monde de
moto 500cc, Wayne Gardner, entame une reconversion sur quatre roues et apporte
un immense sponsor dans ses valises : Coca-Cola.
Sentant la manne financière
lui échapper, Tom Walkinshaw débarque furieux dans une chambre d'hôtel à
Melbourne. Il accuse froidement Gardner de « mutinerie » et de vouloir lui
voler le contrôle de son écurie.
Sans sourciller, Walkinshaw
lui pose un ultimatum d'une agressivité rare : "Tu me vires
immédiatement les deux millions de dollars du contrat Coca-Cola sur le compte
bancaire de TWR, et en échange, je daignerai peut-être te laisser un volant
dans ma voiture". Gardner, outré par ces méthodes de gangster, refuse,
quitte HRT sur-le-champ et claque la porte pour monter sa propre structure
concurrente.
Les fausses crémaillères de direction de Bathurst (1988)
En 1988, lors du célèbre Bathurst 1000, TWR engage les
monstrueuse HOLDEN Commpdore. Les voitures d'usine sont d'une efficacité
redoutable dans le sinueux secteur de The Cutting, mais éveillent les
soupçons des écuries rivales engagées en Ford Sierra.
Le règlement technique obligeait l'utilisation de la
crémaillère de direction d'origine de la Commodore de série. Or, pour la
course, TWR avait besoin d'une direction beaucoup plus directe et solide, sous
peine de voir les pilotes s'épuiser.
Après la course, une inspection technique approfondie révèle
que les deux Commodore d'usine de TWR cachent des composants totalement
hors-spécifications. Pour tromper l'œil des commissaires lors des vérifications
rapides, les ateliers de TWR avaient pris une direction de compétition non
homologuée et l'avaient recouverte d'une épaisse couche de peinture noire
texturée bon marché, agrémentée de faux numéros de série gravés à la va-vite
pour imiter la pièce de fonderie d'origine de General Motors. Le stratagème
découvert après coup vaudra une disqualification rétroactive aux voitures.
L’aileron en "caoutchouc" flexible de Spa
En Championnat d’Europe de Tourisme (ETCC), la traque des
ailerons flexibles (qui s'affaissent à haute vitesse sous la pression de l'air
pour réduire la traînée aérodynamique en ligne droite) battait son plein. Les
commissaires utilisaient des poids statiques de 10 kg pour vérifier la rigidité
de l’aileron arrière desRover.
Les ingénieurs de TWR ont conçu un aileron arrière en
polymère composite doté d'une propriété physique unique. Lorsqu'un commissaire
posait le poids réglementaire au centre, l’aileron restait rigide au millimètre
près, passant le test avec succès.
En revanche, en piste, l'appui ne s'exerçait pas sur un
seul point mais se répartissait sur l'intégralité de la lame de manière
uniforme. Sous cette charge globale à plus de 240 km/h, l’aileron pivotait de
près de 12 degrés vers l'arrière, transformant la Rover en un véritable missile
dans les lignes droites avant de reprendre sa forme initiale dès le freinage.
Le seau d'eau qui a éliminé TWR (Sandown 500, 1993)
L'une des histoires les plus absurdes du Holden Racing Team
(HRT) la filiale australienne de TWR s'est déroulée lors de la course du
Sandown 500 en 1993. C'est l'illustration parfaite du moment où l'excès de zèle
technique se retourne contre une équipe
Pendant les essais, les pilotes se plaignent que le
pare-brise de la Commodore accumule une pellicule de gomme et de poussière
ultra-tenace, presque impossible à retirer avec les essuie-glaces standard.
Pour le warm-up du dimanche matin, un mécanicien zélé décide
de nettoyer le pare-brise en utilisant un seau rempli d'un puissant dégraissant
industriel mélangé à de l'eau. Il jette le contenu du seau d'un coup sec sur
l'avant du véhicule.
Ce que le mécanicien n'avait pas anticipé, c'est que la
force du jet a fait s'infiltrer l'eau savonneuse directement à travers les
ouïes d'aération du capot. Le liquide a instantanément inondé le boîtier de
gestion électronique (l'ECU) de compétition fabriqué sur mesure par TWR, qui
n'était pas étanche. L'ordinateur de bord a grillé sur-le-champ. Faute de pièce
de rechange configurée à temps dans le paddock, la voiture d'usine a dû
déclarer forfait avant même le départ de la course, éliminée par un simple seau
d'eau.
Le scandale des fûts d'essence truqués (ETCC, 1984)
En 1984, la FIA décide de centraliser la fourniture de
carburant en Championnat d'Europe de Tourisme (ETCC) pour éviter que les
écuries n'utilisent des essences chimiques de sorciers. Tous les fûts de
carburant sont fournis par un pétrolier officiel et scellés dans la voie des
stands.
Les ROVER ont un moteur V8 gourmand.
Avec l'essence officielle, le moteur souffre d'un cliquetis destructeur à haut
régime, ce qui oblige à réduire la puissance.
Lors de la manche de Donington,
l'équipe TWR repère l'endroit où sont stockés les fûts scellés pour le
week-end. Au milieu de la nuit, une équipe de mécaniciens s'introduit
discrètement dans la zone de stockage. Sans briser les scellés officiels de la
FIA situés sur le dessus des fûts, ils percent de minuscules trous à la base
des bidons à l'aide d'une chignole à main. Ils pompent une partie de l'essence
officielle pour la remplacer par un additif secret hautement dosé en plomb et
en toluène, avant de reboucher les trous avec une soudure à froid rapide et de
la peinture industrielle de la même couleur que le fût. Le lendemain, les Rover
héritent mystérieusement des "bons" fûts et écrasent la concurrence
avec un moteur qui ne rate pas un tour.
Le coup du radiateur en carton à Bathurst (1985)
Lors du mythique Bathurst en 1985, les Jaguar xjs V12 dominent
outrageusement mais font face à un problème inattendu pendant les essais libres
: le vent violent rabat des milliers de feuilles mortes et de débris d'écorce
d'eucalyptus (très courants sur le circuit du Mount Panorama) directement dans
la calandre, menaçant d'obstruer les radiateurs et de faire exploser le V12.
Le règlement interdit d'ajouter une grille de protection non
d'origine sur la calandre pour ne pas modifier l'aérodynamisme de la face
avant.
Tom Walkinshaw demande à ses mécaniciens de découper des
morceaux de carton rigide texturé, peints en noir mat pour imiter le fond du
compartiment moteur, et de les fixer juste devant les radiateurs pour dévier
les feuilles vers le bas. Pour éviter de se faire prendre lors de l'inspection
technique d'avant-course, les cartons étaient fixés avec une colle soluble à
l'eau. Dès le deuxième tour de course, avec la chaleur du moteur et les
projections d'humidité de la piste, la colle se dissolvait et les cartons
tombaient d'eux-mêmes sous la voiture, laissant les radiateurs propres pour le
reste de l'épreuve après avoir protégé la voiture durant le départ crucial.