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Au début de l'année 1985, Marc Surer se retrouve sans
volant en Formule 1. Faute de budget, il se tourne vers le championnat du
monde d'endurance où il brille en remportant notamment les 1000 km de Monza sur
une Porsche 962.
Pendant ce temps, chez Brabham, le deuxième pilote titulaire, le Français François Hesnault, vit un véritable calvaire au volant de la monoplace Brabham BT54.
Terrifié par le comportement ultra-violent de la voiture et après un grave accident lors d'essais privés au Paul Ricard, Hesnault décide brutalement de mettre un terme à sa carrière en F1. En cours de saison, le grand patron de Brabham, Bernie Ecclestone, passe alors un coup de fil surprise à Marc Surer pour lui offrir le second baquet aux côtés du champion du monde Nelson Piquet.
En s'installant dans la Brabham BT54, Surer découvre
une machine dotée du légendaire moteur BMW turbo, capable de développer près de
1 300 chevaux en configuration de qualification. C'était l'apogée de
l'ère des moteurs turbos surpuissants.
Cependant, l'anecdote technique cache un piège : cette année-là, Brabham utilise des pneumatiques Pirelli. Les pneus italiens n'arrivent absolument pas à canaliser la puissance brute que le bloc BMW envoie aux roues arrière. Marc Surer racontera plus tard qu'il était presque impossible de maintenir la voiture en ligne droite dès qu'il y avait des bosses, qualifiant le comportement de la monoplace de totalement "sauvage".
Lors du Grand Prix d'Europe 1985 sur le circuit de Brands
Hatch. Pour cette course, Surer récupère le châssis de rechange de son
coéquipier Nelson Piquet.
En osmose parfaite avec la voiture ce jour-là, le pilote suisse réalise une course d'anthologie : il entame une remontée fantastique et se paie même le luxe de dépasser Ayrton Senna en piste. Installé solidement à la 2e place derrière Nigel Mansell, Surer est en passe de signer le plus grand résultat de sa carrière en F1. Malheureusement, à seulement quelques tours de l'arrivée (au 62e tour), son turbocompresseur explose dans une volée de fumée, le forçant à l'abandon. Bien que frustré d'avoir manqué le podium, Surer confiera plus tard que cette course restait une immense fierté, car il avait prouvé au monde entier qu'il pouvait battre des pilotes du calibre de Senna à la régulière.






































