27 oct. 2025

PESCA 1969

 

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« En Avril 1969, l’histoire est connue, je m’envole avec la Matra 640 dans les Hunaudières. Elle retombe violemment dans un fossé et prend feu. Je me retrouve très grièvement blessé. 

Malgré tous mes efforts, je n’ai pas pu me rétablir à temps pour la course. La mort dans l’âme… C’est alors que Europe 1 m’a contacté pour commenter avec lui les 24 Heures en direct, depuis mon lit d’hôpital ! 

On m’avait donné une petite télé, placée à côté de mon lit et j’étais en duplex avec Robert Chapatte qui lui, était au Mans. Ce sont mes débuts en tant que journaliste.

L’anecdote à propos de cette hospitalisation, c’est que j’avais trois vertèbres fracturées mais j’étais également brûlé sur une très large partie de mon corps. Donc, du fait de ces brûlures, les médecins ne pouvaient pas me placer dans un corset. Ils m’ont donc dit : « Tout dépend de vous. Votre bonne guérison ne dépend que de vous. Nous ne pouvons pas vous plâtrer mais vous ne devez absolument pas bouger pour que votre colonne se répare bien. Donc, ça ne dépend que de vous ! 

Les premiers jours, j’étais dans le coaltar donc ce n’était pas un réel problème. Mais lorsque j’ai repris le dessus, je n’avais plus qu’une seule idée en tête : être prêt pour Le Mans ! On était fin Avril, c’était en juin, je devais absolument marcher pour conserver du muscle. Donc, j’attendais la nuit et je me levais. C’était hyper risqué car les fractures aux vertèbres étaient toutes très proches du rachis. 

Un faux-mouvement et j’étais paralysé. Mais je n’en avais cure.

 Au début, je tombais régulièrement, j’étais totalement fou ! Mais ça ne m’a pas arrêté. Malgré tout, il est vite devenu évident que je ne pourrai pas faire Le Mans… Après deux mois d’ « immobilisation », les médecins viennent me voir et me disent : bien, on va vous lever. Après deux mois sans bouger, c’est toujours très compliqué pour un patient de se lever. Donc ils mobilisent beaucoup de personnel pour me soutenir et me retenir. 

Et moi, je gambade comme un lapin ! Je leur ai alors expliqué mes aventures nocturnes… Ils m’ont dit que j’étais totalement fou ! » 

Quelques semaines plus tard, Henri, fraîchement rétabli, termine 5ème du Grand Prix de Formule 1 au Nürburgring. 5ème. Avec sa Matra F2… Au milieu des F1, comme cela était la coutume à l’époque. 

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