Ducarouge Gérard
Gérard Ducarouge : ses soucis chez Alfa Roméo
En 1982, j'essaie de relever Alfa, à mon arrivée je découvre les suspensions arrière des F1 en titanium soudé au lieu de l'acier, les suspensions sont extrêmement fragiles ( ceci explique peut-être l'accident de P Depailler )
C Chitti à la main mise sur toutes les décisions du service courses et il veut être à la base de tout, en plus Ducarouge est engagé non pas par Chitti mais Alfa !
Ducarouge fait vider un hangar plein de souvenir « Chitti » alors que le team F1 travaille dans un espace restreint, la guerre sera déclarée entre Ducarouge et Chitti, de plus la cohabitation avec De Césaris est fragile car se pilote de talent qui détient le record de vitesse au passage de "signe" allait simplement trop vite, les résultats étant négatifs par les nombres de sorties de piste du pilote.
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« Autodelta, la structure compétition d’ALFA, était installée à Settimo Milanese, dans la périphérie de Milan, tout près du stade San Siro. L’usine préparait principalement des moteurs de GTV et possédait un petit espace particulièrement vétuste consacré à la Formule 1. Théoriquement, Carlo Chiti supervisait l’ensemble.
Au début, nos relations étaient plutôt bonnes, mais cela n’a pas duré très longtemps. J’ai toujours aimé travailler dans des ateliers propres et organisés. Or, j’avais repéré un immense local d’environ 500 m² où Chiti entreposait toutes sortes de vieux matériels : pièces détachées, anciennes carrosseries et objets accumulés depuis le début de sa carrière. Un véritable capharnaüm, alors que cet espace aurait été idéal pour installer un véritable atelier F1.
J’ai finalement obtenu que toutes ces antiquités soient déplacées et, à partir de ce moment-là, les relations entre Chiti et moi se sont fortement détériorées. Depuis la création d’Autodelta, il régnait en maître absolu sur le département compétition, mais la direction du groupe Alfa Romeo commençait peu à peu à reprendre la main. Pour moi, la situation était délicate : au quotidien, Chiti restait officiellement mon patron, tandis que je rencontrais discrètement et très occasionnellement le président du groupe, le dottore Massacesi. Il existait également un directeur chargé de superviser plus ou moins Chiti, et c’est lui qui m’avait autorisé à créer ce nouvel atelier F1. Évidemment, Chiti l’a très mal pris.
Une véritable guerre d’usure s’est alors installée entre nous. Heureusement, j’avais réussi à obtenir le soutien de la majorité du personnel de la section F1, notamment du bureau d’études où le développement de la toute nouvelle monoplace type 182 avançait de façon très encourageante. Et surtout, j’avais le soutien total de Mario Andretti, qui commençait à obtenir des résultats plus qu’honorables avec la 179, une voiture que nous étions parvenus à améliorer sensiblement.
Malgré cela, j’ai même dû faire face à une grève générale parce que j’avais créé une zone totalement fermée et sécurisée destinée à la fabrication du master carrosserie de la future 182. J’avais pris cette décision afin que pratiquement personne ne puisse savoir ce qui se passait derrière ces murs et surtout éviter que des photos volées se retrouvent mystérieusement dans la presse spécialisée.
Un jour, à Monza, j’ai vu arriver Sabbatini. Je lui ai expliqué très directement que j’en avais assez de lire des articles mensongers à mon sujet. Je lui ai montré le dossier que j’avais préparé et je l’ai averti que cela pourrait lui coûter plusieurs milliards de lires s’il continuait. Il a parcouru rapidement les documents, a pris peur, puis s’est excusé en promettant d’arrêter immédiatement. Il m’a finalement avoué que c’était Chiti qui lui demandait de publier toutes ces absurdités dans son journal.
Lors du Grand Prix de France au Castellet, de Cesaris avait réalisé le meilleur temps des essais du vendredi. J’étais installé dans la caravane lorsque Chiti m’a fait prévenir qu’un contrôle technique allait être effectué sur la voiture. Je ne voyais pas l’intérêt de me déplacer puisque j’étais certain que la monoplace était conforme, mais Chiti a insisté lourdement pour que je sois présent.
Au moment du contrôle, les commissaires ont découvert que l’extincteur pilote était vide. De Cesaris a immédiatement été sanctionné et déclassé. Je n’ai jamais su qui avait exécuté cette manœuvre, mais je n’ai jamais eu le moindre doute sur celui qui en avait donné l’ordre. Chiti ne supportait pas l’idée que la voiture puisse devenir performante alors qu’il avait perdu le contrôle de la situation. Cet épisode, survenu à l’époque où l’écurie était supervisée par Pavanello et son équipe, a été la goutte de trop pour moi. Cela a marqué la fin définitive de mon aventure milanaise. »

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