3 juin 2023

Von - OPEL Frédérick

Von - OPEL Frédérick dit Rikky *

ou il prend un nom d'emprunt "Antonio Bronco"

Allemagne et USA

RETOUR A LA TABLE DES MATIÈRES


1972 Champion GB F3
1972 Vice-champion F3

Formule Ford
1970

Formule 3
1971 Lotus
1972 Ensign, Champion, 2eme

Formule 1
1972 Ensign
1973 Ensign
1974 Brabham
1976 Brabham

Rikky von Opel, l’héritier
En sport, le pays s’est distingué surtout en ski alpin. Notamment au tournant des années 80 avec Hanni et Andreas Wenzel, multi médaillés olympiques et tous deux vainqueurs au général de la coupe du monde en 1980. Ou, plus récemment, Marco Büchel et Tina Weirather (qui n’est autre que la fille d’Hanni Wenzel). Au total, le Liechtenstein compte dix médailles olympiques, toutes en ski alpin. Ce qui en fait tout simplement le pays le plus médaillé par habitant.

En course auto, le Liechtenstein fut plus discret, mais pas inexistant, loin de là, comme nous le verrons. Il figure même dans les annales de la Formule 1 grâce à Frederick, dit Rikky, von Opel, qui disputa une dizaine de Grands Prix sous ses couleurs en 1973-74. 
Evidemment, la dynastie Opel était allemande et ce lien avec le Liechtenstein n’était donc sans doute qu’opportuniste et de nature fiscale.

Né à New-York en 1947 d’une mère colombienne, le jeune Frederick est le fils de Fritz von Opel, alias « Rocket Fritz ». Un surnom gagné à l’occasion de ses tentatives de record au volant de la fameuse voiture-fusée Opel RAK2, sur l’AVUS en 1928. Et un goût de la vitesse dont son fils semble avoir hérité. En effet, adolescent, alors qu’il partageait son temps entre les bonnes écoles londoniennes et le luxe feutré des Alpes suisses, Rikky entraînait ses copains dans des descentes nocturnes et clandestines sur la piste olympique de bobsleigh de Saint-Moritz. Du bob à la course auto, le pas est vite franchi quand le compte bancaire est bien garni. Néanmoins, afin de s’affranchir de la pression de son nom et de la probable désapprobation familiale, il fit ses premiers pas en 1970 sous un pseudonyme à consonance hispanique, « Antonio Bronco ».
Champion d’Angleterre F3

Puis, ayant démontré qu’il tenait son rang dans le peloton de la Formule Ford, Rikky reprit son nom de baptême. Et il eut la bonne idée de s’associer à Mo Nunn, l’ex-pilote Lotus qui s’était reconverti comme constructeur des Ensign.

Le binôme fonctionna très bien. Rikky s’adjugea même un championnat d’Angleterre F3 en 1972, devant Tony Brise et Roger Williamson, entre autres. Puis, l’argent n’étant pas un problème, nos deux compères se mirent en tête d’accéder directement à la catégorie reine.

Sans être ridicules, ses performances au cours de la seconde demi-saison 73 furent évidemment assez ternes. Tout comme Rikky, Mo Nunn et l’équipe Ensign débutaient à ce niveau et avaient donc tout à apprendre. Initialement, l’association Nunn-Opel devait être reconduite pour 1974. Mais en Argentine tout comme à Brands Hatch (Course des Champions), Rikky renonça à prendre le départ en queue de grille.

 Pour lui, sa voiture était inconduisible. Dès lors, la rupture entre Mo et Rikky était consommée.

Cette séparation n’échappa pas à Bernie Ecclestone, en panne de sponsor après s’être fait souffler le budget Marlboro par McLaren. Un pilote au portefeuille épais, voilà qui était intéressant ! D’autant plus que le jeune patron de Brabham n’était pas du tout satisfait de Richard Robarts, le second de Reutemann. Ni de ses performances, ni de son apport financier. On retrouva donc Rikky von Opel à Jarama pour le GP d’Espagne. Avec une voiture qui venait de donner à « Lole » sa première victoire à Kyalami, Rikky était en droit de rêver.

Las ! Etre au volant d’une voiture de fond de grille, ce n’est pas une sinécure ; mais au moins vous pouvez entretenir l’illusion que vos résultats médiocres sont à mettre sur le compte de votre monture. A contrario, quand vous vous retrouvez dans le baquet de l’une des trois ou quatre meilleures F1 et que vous êtes loin d’égaler votre équipier, le doute n’est plus permis. C’est ce que découvrit notre héritier. Avec, cruelle ironie, l’amertume supplémentaire de voir l’Ensign de Vern Schuppan le devancer largement sur la grille du GP de Belgique à Nivelles. Il faut croire que Mo Nunn avait bien fait progresser sa voiture !

Après une non-qualification à Monaco et deux courses anonymes à Anderstorp et Zandvoort, Rikky débarqua ensuite à Dijon. Là, pas moins de 30 voitures devaient se disputer une place sur une grille limitée à 22 partants en raison de la faible longueur du circuit. Sans surprise, l’affaire ne fit pas un pli : relégué à près de 2 secondes et demie de Reutemann, le jeune héritier faisait partie des huit recalés. C’en était trop pour sa fierté, il décida sur le champ d’abandonner la course.

D’un GP de France à l’autre, le parcours F1 de Rikky von Opel avait duré exactement un an. Il retourna donc à la vie à laquelle il était prédestiné : celle d’un jeune homme bien né qui n’a d’autre préoccupation que de gérer ses affaires et de satisfaire ses désirs du moment. De préférence en compagnie d’une actrice ou d’une cover-girl. On le retrouva néanmoins sous les feux de l’actualité en 1977 lorsque sa sœur Christina fit les gros titres de la presse à sensation. Il paraît que c’est lui qui, excédé par la faune interlope qu’il rencontrait chez elle et inquiet de ses mauvaises fréquentations, mit la police sur la piste du trafic de stupéfiants qu’elle couvrait.

(Rikky avec sa compagne l'actrice Marisa Berenson et Andy Warhol)

Ensuite, on perd sa trace. Cette vie superficielle a-t-elle fini par lui paraître vaine ? Toujours est-il qu’il aurait émigré au Népal, puis en Thaïlande, pour vivre dans un monastère bouddhiste. Il y serait encore aux dernières nouvelles. C’est du moins ce que l’on peut lire en fouinant sur Internet. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire