Von - OPEL
Frédérick dit Rikky *
ou il prend un nom d'emprunt "Antonio Bronco"
Allemagne et USA
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1972 Champion GB F3
1972 Vice-champion F3
Formule Ford
1970
Formule 3
1971 Lotus
1972 Ensign, Champion, 2eme
Formule 1
1972 Ensign
1973 Ensign
1974 Brabham
1976 Brabham
Rikky von Opel, l’héritier
En sport, le pays s’est distingué
surtout en ski alpin. Notamment au tournant des années 80 avec Hanni et Andreas
Wenzel, multi médaillés olympiques et tous deux vainqueurs au général de la
coupe du monde en 1980. Ou, plus récemment, Marco Büchel et Tina Weirather (qui
n’est autre que la fille d’Hanni Wenzel). Au total, le Liechtenstein compte dix
médailles olympiques, toutes en ski alpin. Ce qui en fait tout simplement le
pays le plus médaillé par habitant.
En course auto, le Liechtenstein fut plus
discret, mais pas inexistant, loin de là, comme nous le verrons. Il figure même
dans les annales de la Formule 1 grâce à Frederick, dit Rikky, von Opel, qui
disputa une dizaine de Grands Prix sous ses couleurs en 1973-74.
Evidemment, la
dynastie Opel était allemande et ce lien avec le Liechtenstein n’était donc
sans doute qu’opportuniste et de nature fiscale.
Né à New-York en 1947 d’une mère
colombienne, le jeune Frederick est le fils de Fritz von Opel, alias
« Rocket Fritz ». Un surnom gagné à l’occasion de ses tentatives de
record au volant de la fameuse voiture-fusée Opel RAK2, sur l’AVUS en 1928. Et
un goût de la vitesse dont son fils semble avoir hérité. En effet, adolescent,
alors qu’il partageait son temps entre les bonnes écoles londoniennes et le
luxe feutré des Alpes suisses, Rikky entraînait ses copains dans des descentes
nocturnes et clandestines sur la piste olympique de bobsleigh de Saint-Moritz.
Du bob à la course auto, le pas est vite franchi quand le compte bancaire est
bien garni. Néanmoins, afin de s’affranchir de la pression de son nom et de la
probable désapprobation familiale, il fit ses premiers pas en 1970 sous un
pseudonyme à consonance hispanique, « Antonio Bronco ».
Champion d’Angleterre F3
Puis, ayant démontré qu’il tenait
son rang dans le peloton de la Formule Ford, Rikky reprit son nom de baptême.
Et il eut la bonne idée de s’associer à Mo Nunn, l’ex-pilote Lotus qui s’était
reconverti comme constructeur des Ensign.
Le binôme fonctionna très bien. Rikky
s’adjugea même un championnat d’Angleterre F3 en 1972, devant Tony Brise et
Roger Williamson, entre autres. Puis, l’argent n’étant pas un problème, nos
deux compères se mirent en tête d’accéder directement à la catégorie reine.
Sans être ridicules, ses performances au cours de la
seconde demi-saison 73 furent évidemment assez ternes. Tout comme Rikky, Mo
Nunn et l’équipe Ensign débutaient à ce niveau et avaient donc tout à
apprendre. Initialement, l’association Nunn-Opel devait être reconduite pour
1974. Mais en Argentine tout comme à Brands Hatch (Course des Champions), Rikky
renonça à prendre le départ en queue de grille.
Pour lui, sa voiture était
inconduisible. Dès lors, la rupture entre Mo et Rikky était consommée.
Cette séparation n’échappa pas à
Bernie Ecclestone, en panne de sponsor après s’être fait souffler le budget
Marlboro par McLaren. Un pilote au portefeuille épais, voilà qui était
intéressant ! D’autant plus que le jeune patron de Brabham n’était pas du
tout satisfait de Richard Robarts, le second de Reutemann. Ni de ses
performances, ni de son apport financier. On retrouva donc Rikky von Opel à
Jarama pour le GP d’Espagne. Avec une voiture qui venait de donner à
« Lole » sa première victoire à Kyalami, Rikky était en droit de
rêver.
Las ! Etre au volant d’une
voiture de fond de grille, ce n’est pas une sinécure ; mais au moins vous
pouvez entretenir l’illusion que vos résultats médiocres sont à mettre sur le
compte de votre monture. A contrario, quand vous vous retrouvez dans le baquet
de l’une des trois ou quatre meilleures F1 et que vous êtes loin d’égaler votre
équipier, le doute n’est plus permis. C’est ce que découvrit notre
héritier. Avec, cruelle ironie, l’amertume supplémentaire de voir l’Ensign de
Vern Schuppan le devancer largement sur la grille du GP de Belgique à Nivelles.
Il faut croire que Mo Nunn avait bien fait progresser sa voiture !
Après une non-qualification à Monaco
et deux courses anonymes à Anderstorp et Zandvoort, Rikky débarqua ensuite à
Dijon. Là, pas moins de 30 voitures devaient se disputer une place sur une
grille limitée à 22 partants en raison de la faible longueur du circuit. Sans
surprise, l’affaire ne fit pas un pli : relégué à près de 2 secondes et
demie de Reutemann, le jeune héritier faisait partie des huit recalés. C’en
était trop pour sa fierté, il décida sur le champ d’abandonner la course.
D’un GP de France à l’autre, le
parcours F1 de Rikky von Opel avait duré exactement un an. Il retourna donc à
la vie à laquelle il était prédestiné : celle d’un jeune homme bien né qui
n’a d’autre préoccupation que de gérer ses affaires et de satisfaire ses désirs
du moment. De préférence en compagnie d’une actrice ou d’une cover-girl. On le
retrouva néanmoins sous les feux de l’actualité en 1977 lorsque sa sœur
Christina fit les gros titres de la presse à sensation. Il paraît que c’est lui
qui, excédé par la faune interlope qu’il rencontrait chez elle et inquiet de
ses mauvaises fréquentations, mit la police sur la piste du trafic de
stupéfiants qu’elle couvrait.
(Rikky avec sa compagne l'actrice Marisa
Berenson et Andy Warhol)
Ensuite, on perd sa trace. Cette vie
superficielle a-t-elle fini par lui paraître vaine ? Toujours est-il qu’il
aurait émigré au Népal, puis en Thaïlande, pour vivre dans un monastère
bouddhiste. Il y serait encore aux dernières nouvelles. C’est du moins ce que
l’on peut lire en fouinant sur Internet.
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