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On associe souvent Niki Lauda à une image froide et méthodique.
Le pilote calculateur.
Le « Computer ».
L’homme rigoureux, obsédé par le détail et la performance.
Mais Alain Prost, qui fut son équipier chez McLaren en 1984 et 1985, racontait souvent une toute autre facette de l’Autrichien.
Un homme drôle.
Fêtard.
Et parfois totalement incontrôlable en dehors des circuits.
« On s’est vraiment beaucoup amusés ensemble ».
Le Français découvre rapidement que Lauda possède une capacité très particulière : séparer complètement la course de la vie privée. Une philosophie qu’il lui transmettra et qui marquera profondément toute sa carrière.
Après les Grands Prix, surtout les dimanches soirs, les deux hommes sortent régulièrement ensemble.
Et Prost reconnaît volontiers que c’est souvent Niki qui entraîne tout le monde.
« C’est lui qui m’a fait prendre deux ou trois cuites mémorables ».
Car derrière son image austère, Lauda adore faire la fête.
Prost expliquera plus tard que c’est justement Lauda qui lui a appris à évacuer les frustrations de la course au lieu de ruminer pendant des jours.
Et paradoxalement, cette philosophie était totalement assumée par Willy Dungl, le célèbre préparateur physique autrichien qui travaillait avec eux à l’époque.
Sa règle était simple :
« Le dimanche soir, allez vous éclater. Buvez. Mais lundi matin, c’est terminé. »
Une discipline très particulière.
Et très années 80.
Prost se souvient notamment d’une soirée restée légendaire à Vienne.
Avec Lauda.
Mansour Ojjeh.
Et plusieurs proches de McLaren.
La fête dure toute la nuit.
Sans interruption.
Le problème, c’est qu’au petit matin, ils doivent participer à un salon automobile.
« On ne s’était même pas couchés », racontait Prost.
À huit heures du matin, ils arrivent directement au motor-show… complètement ivres.
Et la scène est surréaliste.
Prost, qui affirme pourtant tenir difficilement plus de trois verres, tente de garder un minimum de sérieux.
Pendant ce temps, Niki Lauda apparaît avec… un bonnet de douche sur la tête.
« Il faut imaginer la scène ».
Les deux hommes doivent ensuite monter sur scène pour prononcer un discours devant le public.
« Ça a été assez laborieux… »
Mais derrière ces anecdotes presque improbables, Prost retiendra surtout une immense leçon humaine.
Lauda savait exactement quand travailler.
Et exactement quand décrocher.
« Il m’a appris à compartimenter ma vie ».
Une philosophie qui deviendra l’une des bases du Prost méthodique et parfaitement équilibré des années suivantes.
Car derrière le champion froid et clinique que beaucoup imaginaient, il y avait aussi un homme qui savait rire, faire la fête et profiter de la vie.
Et Alain Prost n’a jamais oublié cette version-là de Niki Lauda.

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