Attwood et la Porsche 917
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« Il y a cinquante ans, on courait coûte que coûte. » À travers cette phrase, Richard Attwood résume parfaitement l’état d’esprit qui régnait au Mans au début des années 1970.
Le pilote britannique, vainqueur des 24 Heures du Mans 1970 avec Hans Herrmann au volant de la mythique Porsche 917, se souvient d’une époque où les pilotes ne roulaient pas seulement pour la gloire, mais aussi pour gagner leur vie.
À cette période, les contrats astronomiques n’existaient pas encore. Les pilotes enchaînaient les compétitions chaque week-end, passant d’une catégorie à une autre afin de multiplier les revenus.
Une édition 1970 devenue historique
La victoire de Richard Attwood et Hans Herrmann reste l’un des grands moments de l’histoire du Mans. Cette année-là, les conditions météorologiques sont terribles. Une pluie diluvienne s’abat sur le circuit de la Sarthe et transforme la course en véritable combat de survie.
Malgré cela, la Porsche 917 rouge et blanche s’impose et offre à Porsche son tout premier succès au classement général des 24 Heures du Mans. Le constructeur allemand construira ensuite une domination exceptionnelle avec de nombreuses autres victoires, devenant la marque la plus titrée de l’épreuve.
La Porsche 917, une voiture devenue légendaire
Avec sa silhouette basse, son immense puissance et son moteur douze cylindres, la Porsche 917 est rapidement entrée dans la légende du sport automobile.
Elle est restée célèbre pour ses victoires mancelles de 1970 et 1971, mais aussi grâce au film « Le Mans » de Steve McQueen, tourné directement sur le circuit avec les véritables voitures engagées cette saison-là.
Richard Attwood a d’ailleurs participé à la fois à la course et au tournage du film quelques mois plus tard.
Le dernier départ en épi
L’édition 1970 marque également la fin d’une tradition emblématique : le départ en épi.
Depuis des décennies, les voitures étaient stationnées en biais le long de la piste. Autrefois, les pilotes traversaient même la piste en courant pour rejoindre leur voiture au signal du départ.
Après le décès de John Woolfe en 1969 et les protestations de Jacky Ickx contre ce système jugé dangereux, les pilotes étaient désormais déjà installés et attachés dans leur cockpit au moment du départ. Mais les voitures restaient encore positionnées en épi.
Richard Attwood se souvient d’un départ particulièrement spectaculaire.
« C’était complètement fou. Tout le monde est parti comme dans un Grand Prix de Formule 1 ».
À partir de 1971, Le Mans adoptera définitivement le départ lancé, toujours utilisé aujourd’hui.
Une nuit infernale sous la pluie
Hans Herrmann prend le départ de la course. Pendant douze heures, les pilotes affrontent des conditions extrêmement difficiles.
Progressivement, la Porsche 917 n°23 prend l’avantage avant de s’installer solidement en tête jusqu’au drapeau à damier. L’équipage termine avec cinq tours d’avance sur une autre Porsche 917.
Cette victoire consacre définitivement la 917 comme la référence absolue de l’endurance.
Une voiture d’abord difficile à maîtriser
Pourtant, les débuts de la Porsche 917 n’avaient rien de rassurant.
Conçue par l’ingénieur Hans Mezger, la voiture avait été développée sans véritables essais aérodynamiques modernes. Les premières versions souffraient d’une grande instabilité à haute vitesse.
Richard Attwood se souvient d’une voiture presque incontrôlable lors de ses premiers essais en 1969.
« C’était un véritable cauchemar à conduire ».
Le problème sera finalement identifié grâce à une méthode devenue célèbre : des ingénieurs analysent les traces de moucherons écrasés sur la carrosserie afin de comprendre les flux d’air autour de la voiture.
Cette étude met en évidence un manque d’appui aérodynamique à l’arrière. La carrosserie est alors redessinée, transformant complètement le comportement de la 917.
La version de 1970 devient beaucoup plus stable et plus facile à piloter, malgré une puissance énorme et des pointes à près de 380 km/h dans la ligne droite des Hunaudières, bien avant l’installation des chicanes.
Une voiture qui vaut aujourd’hui une fortune
Après sa carrière, Richard Attwood a longtemps conservé une Porsche 917 dans sa collection personnelle.
Ce n’était cependant pas exactement la voiture victorieuse du Mans 1970. Il possédait le châssis 22, tandis que la voiture gagnante était le châssis 23 portant également le numéro de course 23.
Il a finalement vendu cette Porsche il y a une vingtaine d’années, à une époque où la valeur des 917 était déjà très élevée. Aujourd’hui, ces voitures atteignent des montants absolument colossaux sur le marché des collectionneurs.
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