1 juin 2026

MOSS anecdotes


Stirling Moss

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Une brouille avec Ferrari

En 1951, Enzo Ferrari invite Stirling Moss à essayer l'un de ses prototypes et prévoit même de lui confier la voiture pour une course à Bari. Le pilote britannique fait le déplacement avec enthousiasme, persuadé qu'il prendra le volant de la machine qui lui a été promise.

À son arrivée, il découvre pourtant que la voiture a finalement été attribuée à Piero Taruffi. Sans explication satisfaisante, Moss se retrouve simple spectateur d'une course qu'il pensait disputer.

Humilié par cette désinvolture, il en garde une profonde rancœur. Durant les années qui suivent, Ferrari lui proposera à plusieurs reprises de rejoindre la Scuderia, mais Moss rejettera systématiquement toutes les offres. Ce n'est qu'au début des années 1960 que les relations entre les deux hommes commenceront à s'apaiser. Un rapprochement est même envisagé en 1962, mais le grave accident dont est victime Moss cette année-là met définitivement fin à toute collaboration possible.

Le test des trois écuries

À la fin de la saison 1955, Stirling Moss souhaite choisir la meilleure équipe pour poursuivre sa carrière. Refusant de se fier uniquement aux promesses des constructeurs, il imagine une méthode inédite.

Il obtient de trois équipes majeures — Connaught, BRM et Vanwall — qu'elles mettent leurs voitures à sa disposition pour une séance d'essais comparatifs. Toutes les monoplaces doivent rouler le même jour, sur le même circuit et dans des conditions strictement identiques.

Moss impose lui-même le protocole : essais avec le plein de carburant, puis avec une charge réduite, avant de répéter les mêmes exercices pour chaque voiture. Cette démarche méthodique lui permet d'évaluer avec précision les qualités et les défauts de chaque machine avant de prendre sa décision pour la saison 1956.

Une approche rare à l'époque, qui témoigne déjà de son professionnalisme et de son intelligence de pilote.

Un charmeur invétéré

En dehors de la piste, Stirling Moss possédait une réputation de grand séducteur.

Même lancé à très haute vitesse, il semblait capable de remarquer dans les tribunes ou au bord du circuit une jeune femme qui attirait son attention. Lors d'un arrêt au stand, il indiquait alors discrètement sa position à son mécanicien.

Celui-ci avait pour mission de retrouver l'heureuse élue et de lui remettre un court message que Moss avait griffonné à la hâte sur un morceau de papier ou parfois directement sur son volant avant le ravitaillement.

SCHLESSER Jo Pas de chance

Schlesser :

Pas de chance

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Je me tuerais ou je serais champion du monde.

1960 : Lors d’essais préliminaires des 24 Heures du Mans, Jo essaie, à la demande du Commandatore, une Ferrari 250 GT. Mais la veille, il est à Bruxelles où il dispute une course. Il ne sera même pas admis au départ. Il prend la route pour Le Mans et arrive vers 3 heures du matin. Il décide de dormir dans sa voiture, mais sans doute trop fatigué, il sort de la piste au sommet de la courbe Dunlop (qui était à l’époque une courbe en plein appui et très rapide). L’auto est détruite.

Jo a le nez, les bras et les jambes cassés. Plusieurs mois en clinique seront nécessaires car sa jambe droite est broyée, mais heureusement elle sera sauvée.

À Chimay, il frôle la mort : il manque d’être décapité par un fil barbelé.

Lors des 24 Heures 1964, les Ford attaquent. Jo, lui, à qui rien ne fait peur, veut pousser. À la sortie de la grande courbe, la voiture est désaxée par une flaque d’eau. La Ford mord le gazon, part en glissade, escalade une partie du talus et revient en contrebas. J. Schlesser est ramené au stand ; le temps de poser un sparadrap sur l’arcade, et le revoilà reparti au volant d’une AC Cobra.

24 Heures du Mans 1967 : avant la mi-course, Andretti tape aux Tertre Rouge. Sa Ford est en plein travers de la piste. Les commissaires courent de partout pour prévenir, mais ils se trompent de drapeau et déploient le drapeau bleu (signal qu’un pilote veut vous doubler ; le jaune signifie danger, et lorsqu’il est agité, danger immédiat sur la piste). Greder se dévie à gauche, pensant qu’une voiture le suit de près ; ainsi il évite la voiture d’Andretti en perdition. McCluskey choisit le côté droit et tape également.

La piste est devenue une chicane. Arrive le pauvre Jo : si le premier coup de volant lui permet d’éviter l’accident, le second est sans effet. Sa Ford tape lourdement. Trois Ford dans le même accident abandonnent.

Jo achète deux McLaren F2 quand Honda lui propose un essai de la Honda RA302 Formule 1, que M. Honda veut absolument développer, voiture que Surtees rejette après des tests, la trouvant dangereuse…

Au GP de France de F1 à Rouen 1968 : ça valait le coup d’attendre 16 ans pour avoir un piège pareil. Au 2e tour, la Honda décroche de l’arrière et bondit vers le milieu de la piste. Le pilote corrige trop fort : la F1 s’engage dans un mouvement de balancier et fonce sur le talus. La roue avant gauche quitte la piste, la F1 percute le talus, se cabre, explose, rebondit en flammes — une torche haute de 10 mètres. J. Schlesser est mort.

La monoplace a 200 litres de carburant et Jo est prisonnier de sa voiture.

Jo aura été spectaculaire jusqu’au bout.