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Il y a d’abord eu la période du pur pilote amateur avec la Coupe Gordini, c’était le tout début, puis j’ai voulu essayer de faire de la formule Renault pour voir ce qu’était la monoplace. C’est comme ça que j’ai fait de la formule Renault pendant deux saisons. A la fin de la deuxième saison je n’avais pas d’autre choix que d’arrêter. Pour deux raisons :
La première c’était la totale contrainte financière, je n’avais absolument pas l’argent pour. J’aurais eu envie de faire de la formule 3, mais là c’était impossible, il n’y avait pas les budgets.
Et à ce moment-là un ami qui s’appelait Patrice Compain, qui avait un gros budget, des moyens également conséquents, m’a proposé de m’occuper de lui. Il voulait faire le championnat d’Europe. De la formule 3 un peu partout en Europe. Il n’avait pas le temps de s’en occuper.
C’est
comme ça que je me suis décidé à me lancer pour gérer une formule 3. A la fin
de l’année ELF est venu me voir en me disant : « On a vu ce que vous
faites et on voudrait vous proposer de gérer notre équipe l’année
prochaine ». Je me suis dit qu’il fallait laisser un petit peu mûrir les
choses. Mais au même moment, après cette année avec mon ami Patrice Compain,
j’ai trouvé un sponsor qui s’appelait la Défense Mondiale, un assureur. J’ai
réussi à les convaincre de monter une équipe de deux Formules 3 pour la saison
1973 pour Christian Ethuin et Jean-Max. Ça a été le début de mon lancement.
Et à la fin de la saison ELF est revenu me voir en me disant « Définitivement, on veut vous avoir avec nous pour gérer non pas une équipe de F3, mais on vous propose une équipe de F2 »
J’ai donc lancé ORECA. Pour moi c’était superbe de passer de la F3 à la F2. Avec ORECA, en 1974, j’ai géré cette équipe de F2 qui avait pour pilotes Michel Leclerc et Alain Serpaggi. Et ça a été une année très difficile.
Nos voitures, des Alpine, étaient au bout du rouleau.
Elles cassaient beaucoup, on finissait peu de courses. Une année de totale
galère et fin 1974 j’ai décidé d’arrêter. D’arrêter ce que je pensais être en
fait un super hobby et je me suis dit que j’allais prendre un job normal. Un
travail normal, dans la vie normale pour redevenir normal.
Je suis
allé expliquer ça à Tico Martini à Magny-Cours et lui m’a dit non. « Mais
il ne faut surtout pas, il faut que tu continues, il faut que tu
continues ! ». On a passé deux, trois soirées ensemble, il a organisé
un déjeuner avec Jacques Lafitte et on s’est mis d’accord pour l’année
1975 : Tico lancerait une nouvelle Formule 2, première Formule 2 de sa
vie, Jacques Lafitte, le pilote, était obligé de réussir, sinon sa carrière
s’arrêtait et moi je me suis donné un an de plus, alors que je voulais arrêter.
L’année
1975, c’est, on va dire, le vrai démarrage d’ORECA parce que c’est la relation,
l’amitié et le partenariat avec Tico Martini, l’amitié avec Jacques Lafitte. Et
puis surtout ça a été le succès immédiat. Ça a propulsé Jacques Lafitte
directement en Formule 1 à la fin de la saison, ça a propulsé ORECA
véritablement à un autre étage que celui où j’étais et c’était le succès de
Tico.
Les
voitures en fait elles sont à nous. ORECA les achète mais elles sont financées
par ELF et ORECA devient l’équipe d’exploitation, d’abord pour faire courir
Jacques Lafitte puis l’année suivante ça a été un programme plus important avec
ELF. On avait gagné avec Jacques Lafitte et ELF a décidé de former plus de
pilotes pour accéder à la Formule 1. En 1976 on avait une équipe avec Arnoux et
Tambay et en 1977 avec Arnoux et Pironi. On a perdu le championnat de rien, de
rien, en 1976 et on l’a gagné en 1977 avec Arnoux.
Et donc là, l’équipe
ORECA financée ou supportée par ELF est devenue un peu la meilleure classe
préparatoire pour les pilotes voulant accéder à la Formule 1 puisqu’après
Jacques Lafitte, Tambay, Arnoux et Pironi sont les autres pilotes qui sont
passés tout de suite en Formule 1. On devenait un peu la filière pour accéder à
la Formule 1

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