13 juin 2026

Ferrari et l'Indy

Ferrari et l'Indy

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En 1986, Enzo Ferrari est profondément agacé par les exigences de la FIA. Les tensions sont fortes, et le Commendatore laisse entendre qu'il pourrait tourner le dos à la Formule 1 pour se lancer dans le championnat américain CART, alors en pleine expansion. L'idée n'est pas anodine : Ferrari veut rappeler qu'il reste libre de ses choix et qu'il peut aller chercher la gloire ailleurs si l'environnement européen devient trop contraignant.

Dans ce contexte, Ferrari étudie attentivement un projet Indy. Michele Alboreto effectue même des essais à Fiorano au volant d'une March Indy, histoire de prendre la mesure de cette discipline très différente de la F1, avec ses vitesses élevées, ses spécificités techniques et ses contraintes aérodynamiques particulières. Le projet prend alors une forme concrète : Ferrari envisage de construire sa propre monoplace adaptée à l'Indy, symbole d'un possible basculement vers l'Amérique.

Pour aller plus loin, la Scuderia prend contact avec Bobby Rahal afin d'évaluer la possibilité de lui confier le volant. Le nom du pilote américain renforce la crédibilité du programme, qui pourrait associer l'expertise italienne à une figure reconnue du CART. Mais l'affaire n'ira pas plus loin. La FIA parvient finalement à calmer les tensions et à convaincre Ferrari de rester en Formule 1.

Le projet Indy demeure donc une belle menace, sérieuse et stratégique, mais jamais transformée en engagement réel. Comme souvent avec Ferrari, l'annonce a autant compté que le programme lui-même : l'idée d'un départ vers l'Amérique a suffi à montrer que la Scuderia pouvait peser sur le rapport de force.

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