9 juin 2026

L'envol des Alpine

L'envol des Alpine

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Dans les années 1960, les voitures de course, et particulièrement les prototypes sportifs, ne sont pas encore « collées » à la piste comme elles le seront quelques années plus tard avec l'apparition de l'effet de sol.

Les ingénieurs tâtonnent encore en matière d'aérodynamique et les Alpine A220, comme bien d'autres concurrentes de leur époque, flirtent parfois dangereusement avec le décollage.

Au Nürburgring, Henry Gandsire en fera l'amère expérience.

Quelques semaines plus tard, aux 24 Heures du Mans, Jean-Claude Andruet se fait lui aussi une belle frayeur. À la célèbre bosse des Hunaudières, son Alpine décolle partiellement. Pendant près de 200 mètres, les roues avant ne touchent plus la piste. Heureusement, la voiture retrouve le sol avant le freinage de Mulsanne et Andruet peut poursuivre sa course.

Le cas le plus spectaculaire survient lors des essais des 1 000 Kilomètres du Nürburgring 1968.

Sur l'une des nombreuses bosses du circuit allemand, l'Alpine s'envole littéralement. Gandsire est persuadé que sa dernière heure est arrivée. Plus tard, il racontera avoir surtout eu peur de souffrir.

« La voiture est retombée en toupie sur son côté droit puis sur son toit. »

De retour aux stands, le pilote est sévèrement réprimandé par les responsables de l'équipe. Mais un pilote témoin de la scène vient rapidement confirmer que l'accident n'est pas dû à une erreur de pilotage.

Les traces laissées sur la voiture parlent d'ailleurs d'elles-mêmes : les échappements avaient touché la piste au moment du décollage et se retrouvaient complètement déformés.

À cette époque, les envols ne concernent pas uniquement Alpine. De nombreuses voitures de compétition connaissent des problèmes similaires.

On se souvient notamment de l'impressionnant envol de Désiré Wilson sur March aux États-Unis, 

des Audi IMSA dans certaines phases à haute vitesse, de la Sauber-Mercedes de Jochen Mass puis de celle de Karl Wendlinger au Mans, ou encore des Mercedes GT1 de la fin des années 1990 qui décolleront spectaculairement sur les bosses du circuit de la Sarthe.

Ces incidents contribueront largement à faire évoluer les connaissances aérodynamiques et à améliorer la stabilité des voitures de course modernes.

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