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Mais comment est née l'idée des voitures « aspirateurs » ?
Tout commence lorsque Jim Hall participe à une réunion d'ingénieurs chez Chevrolet. Les discussions portent essentiellement sur l'aérodynamique.
Au cours de la réunion, quelqu'un évoque le principe des aéroglisseurs. L'idée surgit alors : si l'on inverse le procédé, ne pourrait-on pas utiliser une dépression pour plaquer une voiture au sol ?
Le concept passionne les ingénieurs et un groupe de travail est rapidement constitué. Les responsables du projet prennent contact avec Jim Hall afin de lui présenter le résultat de leurs recherches.
Au départ, Hall se montre sceptique, mais il accepte finalement de tenter l'aventure. Après avoir popularisé l'aileron en compétition, il rêve désormais d'imposer un nouveau concept révolutionnaire.
La future Chaparral reçoit un V8 associé à deux imposants ventilateurs entraînés par un moteur auxiliaire Rockwell de 750 cm³ développant 45 chevaux. Ce moteur équipe habituellement des motoneiges ainsi que certains systèmes auxiliaires de matériels militaires américains.
Des jupes en Lexan assurent l'étanchéité entre la voiture et la piste afin de maximiser l'effet de dépression.
La procédure de mise en route est particulière. Le pilote démarre d'abord le moteur Rockwell tout en maintenant la pédale de frein enfoncée. Les ventilateurs peuvent alors déplacer la voiture jusqu'à environ 40 km/h. Ensuite, il engage la première vitesse et démarre le V8 principal de 675 chevaux. Il ne reste plus qu'à relâcher les freins et accélérer.
Au premier regard, cette voiture à l'allure de « brique » fait sourire. Pourtant, en piste, la Chaparral Can-Am se révèle redoutable. Elle tourne deux à trois secondes plus vite que les McLaren, pourtant considérées comme imbattables.
Des pilotes comme Stewart et Elford auront l'occasion de prendre son volant.
Mais avant même d'avoir atteint son plein potentiel, la voiture suscite l'hostilité de ses concurrents et des autorités sportives. McLaren et plusieurs responsables réglementaires demandent son interdiction.
Les motifs invoqués sont simples : le système est considéré comme dangereux et sa conformité au règlement est jugée discutable. De plus, les ventilateurs rejettent derrière la voiture tout ce qui se trouve sur la piste : poussière, gravillons, cailloux et autres débris.
Le retour du concept : Brabham BT46B
En 1978, l'ingénieur Gordon Murray cherche un moyen de contrer la domination des Lotus à effet de sol. Il se souvient alors du concept développé par Jim Hall.
La rumeur commence à circuler lorsque John Watson laisse entendre que Bernie Ecclestone et son ingénieur préparent une innovation spectaculaire sur la nouvelle Brabham BT46.
À l'arrière de la voiture apparaît un énorme ventilateur. Officiellement, sa fonction est uniquement de garantir un refroidissement optimal du moteur.
Niki Lauda effectue les premiers essais à Brands Hatch loin des regards indiscrets, prenant soin de ne pas rouler à pleine vitesse.
Le ventilateur, d'un diamètre d'environ 75 centimètres, est en partie dissimulé derrière un cache en plastique. Lorsque Lauda s'installe dans la monoplace, démarre le moteur puis engage une vitesse, la voiture s'abaisse légèrement. Un indicateur installé dans le cockpit lui permet de mesurer l'effet de dépression obtenu.
Contrairement à la Chaparral, aucun moteur auxiliaire n'est utilisé. Le V12 Alfa Romeo assure à lui seul le fonctionnement du système.
Lors des essais, Patrick Tambay quitte même momentanément la piste après avoir reçu une véritable rafale de gravillons projetés par une Brabham qui le précédait.
Avant le départ du Grand Prix, plusieurs équipes déposent une réclamation officielle contre la voiture.
En course, Lauda reste dans le sillage de Mario Andretti et de sa Lotus. Puis, lorsqu'il décide d'attaquer, il creuse rapidement l'écart. En quelques tours, il relègue la Lotus à plusieurs secondes et s'envole vers la victoire.
John Watson, de son côté, est contraint à l'abandon après une sortie dans l'herbe, un environnement que son « aspirateur » apprécie particulièrement peu.
La démonstration est éclatante. La Brabham BT46B vient de battre les Lotus à effet de sol sur leur propre terrain. Plus impressionnant encore, elle réalise certains dépassements à l'extérieur des virages, preuve de son adhérence exceptionnelle.
Pourtant, l'aventure est de courte durée.
Huit jours après le Grand Prix, les Brabham aspirateurs sont condamnées à rejoindre le musée. Sous l'impulsion de Jean-Marie Balestre et de la CSI, le concept est jugé contraire à l'esprit du règlement et interdit.
Pour prendre sa décision, la CSI s'est notamment appuyée sur le précédent créé quelques années plus tôt par la Chaparral de Jim Hall.


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