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En 1994, les relations entre certains constructeurs et les organisateurs du Dakar deviennent parfois tendues.
Chaque fois qu'une étape dépasse les 400 kilomètres, Citroën demande la mise en place de relais carburant. Officiellement, la marque estime que les concurrents transportent trop d'essence à bord et que cela représente un risque important en cas d'accident.
René Metge et Jean-Claude Morel ne sont plus aux commandes, mais les organisateurs restent prudents. Fenouil s'interroge :
— « Comment puis-je garantir la sécurité de tous les concurrents ? »
La réponse de Citroën est directe :
— « Vous n'aurez pas à vous en soucier, nous ravitaillerons nous-mêmes nos voitures. »
— « Et les autres concurrents ? »
— « Ce sera leur problème. »
Le constructeur réclame également la présence de dépôts de roues neuves à chacun de ses points de ravitaillement.
Pour certains observateurs, le Dakar est en train de prendre des allures de Formule 1 dans le désert.
D'autres demandes apparaissent. Le road-book devrait être disponible plusieurs semaines, voire plusieurs mois avant le départ. Les hélicoptères des équipes pourraient suivre la course en permanence, avec les directeurs sportifs à bord.
À ce rythme, certains craignent de voir disparaître l'esprit d'aventure qui a fait la réputation du Dakar : navigation, improvisation, endurance et débrouillardise.
Les critiques fusent :
— « Des ravitaillements de Formule 1 dans le désert, un parcours connu à l'avance, bientôt des notes comme en rallye... »
Pour les puristes, le Dakar ne doit pas devenir une simple course de vitesse entre constructeurs.
À la même époque, des rumeurs circulent sur l'existence de road-books obtenus avant l'épreuve. Vraies ou fausses, elles alimentent les discussions dans les bivouacs et renforcent la méfiance entre équipes.
Paradoxalement, certains constructeurs déplorent le faible nombre d'engagés tout en soutenant des mesures qui augmentent considérablement les budgets nécessaires pour rester compétitif.
La question des pneumatiques devient également un sujet sensible. Sous couvert de sécurité, la réglementation impose une réduction du diamètre des pneus. Officiellement, il s'agit de limiter les performances. Officieusement, beaucoup y voient l'influence de certains grands constructeurs désireux de compliquer la tâche des buggys inspirés des Baja mexicaines, redoutables dans le sable.

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