12 juin 2026

Courses sur ovales

Courses sur ovales : quand la vitesse atteint ses limites

Au début des années 2000, les championnats américains de monoplaces sur ovales atteignent des vitesses inédites. Les ingénieurs repoussent les limites de l'aérodynamique, tandis que les pilotes découvrent parfois que le corps humain possède lui aussi ses propres limites.

Texas 2001 : l'ovale trop rapide

En mai 2001, le championnat CART doit disputer une manche sur le spectaculaire oval de Texas. Lors des essais, les vitesses moyennes dépassent largement les 370 km/h.

Le poleman Kenny Bräck boucle les 2,4 km du circuit à près de 375 km/h de moyenne, soit un tour en un peu plus de 22 secondes.

Très vite, plusieurs pilotes se plaignent de troubles inquiétants :

  • vision brouillée ;
  • vertiges ;
  • maux de tête ;
  • sensation de désorientation.

Les forces latérales générées dans les virages sont telles que certains pilotes peinent à conserver une vision nette. Face aux risques médicaux, les organisateurs prennent une décision sans précédent : la course est annulée quelques heures avant le départ.

Une première dans l'histoire moderne du CART.


La publicité dans les roues

La même année, lors d'essais à Nazareth puis en course à Detroit, certaines monoplaces équipées de moteurs Toyota reçoivent un système original.

Des diodes lumineuses installées sur les branches des jantes s'allument à grande vitesse selon le principe du « persistance rétinienne ». Lorsque la roue tourne suffisamment vite, le mot Toyota apparaît visuellement comme s'il était immobile.

Le procédé attire l'attention du public mais présente un défaut majeur : les appareils photographiques de l'époque peinent à capturer l'effet.

Les voitures de Emerson Fittipaldi et de Cristiano da Matta participent notamment aux démonstrations de cette technologie.


L'importance de la température en IRL

En championnat Indy Racing League, les ingénieurs constatent qu'une variation de température d'environ 15 °C entre l'échauffement et la course peut transformer complètement le comportement d'une voiture.

Sur les ovales :

  • l'aileron avant est très sensible à la température du bitume ;
  • l'aileron arrière dépend davantage de la température de l'air ambiant.

Une évolution météo parfois minime oblige donc à revoir l'équilibre aérodynamique et les réglages de suspension.


Fontana 2001 : un record de bagarre

L'épreuve CART disputée sur l'immense oval de Auto Club Speedway reste l'une des plus disputées de l'histoire.

On y recense :

  • 73 changements de leader ;
  • 19 pilotes différents en tête.

L'arrivée est si serrée qu'une photo est nécessaire pour départager les deux premiers.

Un véritable symbole de la course américaine sur ovales, où l'aspiration permet à plusieurs voitures de se battre pour la victoire jusque dans les derniers mètres.


Rockingham 2001 : l'ovale qui ne voulait pas sécher

Pour son arrivée en Grande-Bretagne, le CART découvre le tout nouveau circuit de Rockingham Motor Speedway.

Malheureusement, le site souffre de sérieux défauts de conception.

Construit sur un ancien terrain industriel remblayé, l'ovale est installé dans une cuvette où l'eau s'accumule facilement. Même après l'arrêt de la pluie, l'humidité continue à ressortir par endroits à travers le revêtement.

À certains endroits, l'eau réapparaît directement sur la piste.

La veille de la course, des équipes de travaux publics sont mobilisées pour percer des trous destinés à améliorer le drainage et tenter de sauver l'événement.

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