: un détour motivé par les dollars
En 1967, Jochen Rindt accepte l'invitation de Dan Gurney pour disputer les célèbres Indianapolis 500 au volant d'une Eagle-Ford.
Comme beaucoup de pilotes européens de l'époque, Rindt est attiré par les importantes primes offertes aux États-Unis. Les 500 Miles d'Indianapolis représentent alors l'une des courses les mieux rémunérées du monde.
Mais l'Autrichien n'est pas totalement à l'aise avec les ovales. La vitesse constante, la proximité des murs et les longues périodes à plein régime lui inspirent une certaine méfiance.
Sa plus grande inquiétude concerne une éventuelle défaillance de l'accélérateur. Sur un oval où les voitures passent de longues secondes à pleine charge, un accélérateur bloqué peut avoir des conséquences dramatiques.
Ironie du sort, c'est précisément ce scénario qui se produit pendant les qualifications.
À l'entrée du premier virage, l'accélérateur reste ouvert. Rindt perd le contrôle de son Eagle-Ford et percute le mur. Le choc arrache les deux roues du côté droit. L'arrière de la monoplace se soulève brutalement, les roues motrices quittent le sol et le moteur part en sur-régime jusqu'à l'explosion.
Des flammes apparaissent immédiatement autour de la voiture accidentée.
Rindt, craignant l'incendie, envisage même de sauter de la monoplace avant son immobilisation complète.
Après cette expérience, son enthousiasme pour les ovales américains reste très limité.
Selon une phrase souvent rapportée à propos de sa participation à Indianapolis :
« Je suis ici uniquement pour l'argent. »
Cette remarque résume bien la relation pragmatique qu'il entretient avec l'épreuve : une opportunité financière plus qu'une passion.
Trois ans plus tard, en 1970, alors qu'il pilote pour Lotus Cars, Rindt se montre également réticent face à certaines solutions techniques jugées risquées. Il refuse notamment de courir avec la version à quatre roues motrices développée par l'équipe, préférant les monoplaces conventionnelles.

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