Pas de chance
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Je me tuerais ou je serais champion du monde.
1960 : Lors d’essais préliminaires des 24 Heures du Mans, Jo essaie, à la demande du Commandatore, une Ferrari 250 GT. Mais la veille, il est à Bruxelles où il dispute une course. Il ne sera même pas admis au départ. Il prend la route pour Le Mans et arrive vers 3 heures du matin. Il décide de dormir dans sa voiture, mais sans doute trop fatigué, il sort de la piste au sommet de la courbe Dunlop (qui était à l’époque une courbe en plein appui et très rapide). L’auto est détruite.
Jo a le nez, les bras et les jambes cassés. Plusieurs mois en clinique seront nécessaires car sa jambe droite est broyée, mais heureusement elle sera sauvée.
À Chimay, il frôle la mort : il manque d’être décapité par un fil barbelé.
Lors des 24 Heures 1964, les Ford attaquent. Jo, lui, à qui rien ne fait peur, veut pousser. À la sortie de la grande courbe, la voiture est désaxée par une flaque d’eau. La Ford mord le gazon, part en glissade, escalade une partie du talus et revient en contrebas. J. Schlesser est ramené au stand ; le temps de poser un sparadrap sur l’arcade, et le revoilà reparti au volant d’une AC Cobra.
24 Heures du Mans 1967 : avant la mi-course, Andretti tape aux Tertre Rouge. Sa Ford est en plein travers de la piste. Les commissaires courent de partout pour prévenir, mais ils se trompent de drapeau et déploient le drapeau bleu (signal qu’un pilote veut vous doubler ; le jaune signifie danger, et lorsqu’il est agité, danger immédiat sur la piste). Greder se dévie à gauche, pensant qu’une voiture le suit de près ; ainsi il évite la voiture d’Andretti en perdition. McCluskey choisit le côté droit et tape également.
La piste est devenue une chicane. Arrive le pauvre Jo : si le premier coup de volant lui permet d’éviter l’accident, le second est sans effet. Sa Ford tape lourdement. Trois Ford dans le même accident abandonnent.
Jo achète deux McLaren F2 quand Honda lui propose un essai de la Honda RA302 Formule 1, que M. Honda veut absolument développer, voiture que Surtees rejette après des tests, la trouvant dangereuse…
Au GP de France de F1 à Rouen 1968 : ça valait le coup d’attendre 16 ans pour avoir un piège pareil. Au 2e tour, la Honda décroche de l’arrière et bondit vers le milieu de la piste. Le pilote corrige trop fort : la F1 s’engage dans un mouvement de balancier et fonce sur le talus. La roue avant gauche quitte la piste, la F1 percute le talus, se cabre, explose, rebondit en flammes — une torche haute de 10 mètres. J. Schlesser est mort.
La monoplace a 200 litres de carburant et Jo est prisonnier de sa voiture.
Jo aura été spectaculaire jusqu’au bout.
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