11 juin 2026

Turbo Tricheurs !

Tricheurs !

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Au début des années 1990, la Coupe Renault 5 GT Turbo est devenue bien plus qu'une simple formule de promotion.

Créée pour permettre à de jeunes pilotes de se faire remarquer à moindre coût, elle attire désormais des grilles impressionnantes de 80 à 100 concurrents à chaque réunion. Le niveau est élevé, les écarts infimes et la moindre amélioration technique peut faire gagner plusieurs places.

Le succès de la formule est tel que certains ne vivent plus que pour la Coupe.

Mais lorsque les enjeux augmentent, les mauvaises idées réapparaissent.

La compétition, censée reposer sur l'égalité du matériel, voit naître les premières suspicions. Dans les paddocks, les rumeurs circulent. Certains pilotes seraient mieux servis que d'autres, certains préparateurs auraient trouvé des astuces pour contourner le règlement.

La situation éclate au grand jour en 1990.

À l'issue des contrôles techniques, quatre pilotes sont déclarés non conformes et exclus du championnat pour le reste de la saison, alors leader de la Coupe.

Un des pilotes fait particulièrement parler. Il est concessionnaire Renault et certains concurrents le considèrent comme privilégié. Les soupçons sont alimentés par une scène observée quelque temps plus tôt dans les stands de Montlhéry, où une conversation jugée ambiguë aurait été surprise :

— « Tu me rebranches ça discrètement... »

Vraie preuve ou simple interprétation ? Le doute subsiste, mais la sanction, elle, est bien réelle.

En réalité, une véritable escalade financière de la triche s'est développée au fil des saisons.

L'exemple le plus spectaculaire concerne les turbocompresseurs.

Plusieurs faux turbos Garrett sont fabriqués spécialement pour la compétition. Extérieurement identiques aux modèles réglementaires, ils dissimulent des modifications sophistiquées. Certains carters de turbine sont entièrement refabriqués afin de modifier les flux d'air et de contourner les limitations imposées par le règlement.

Le coût de ces réalisations est considérable.

On estime qu'il faut l'équivalent de plusieurs milliers d'euros pour concevoir et fabriquer ces pièces spéciales.

D'autres préparateurs proposent des solutions plus discrètes : modifications internes, soudures spécifiques ou retouches invisibles permettant d'améliorer les performances du turbo tout en conservant une apparence conforme.

La chasse à la fraude devient alors extrêmement difficile.

Les commissaires techniques sont peu nombreux. Pour contrôler jusqu'à une centaine de voitures engagées, seuls deux commissaires spécialisés sont affectés à la Coupe.

Dans ces conditions, détecter chaque modification relève parfois de l'exploit.

Face à cette dérive et à l'augmentation constante des coûts, Renault décide de réagir.

Dès 1991, la marque abandonne la formule turbo et revient à un concept plus simple avec des moteurs atmosphériques sur la nouvelle Clio.

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