PROST : « MERCI ALAIN »
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Quel regard poses-tu sur les écoles, filières et autres débuts de carrière ?
Je ne suis pas du tout d’accord avec la manière dont tout cela est géré aujourd’hui. Quand j’ai débuté, c’était simple : on te disait : « Tu gagnes ton championnat, et on t’aide l’année suivante. Tu ne gagnes pas ? Alors c’est terminé, bonsoir. » C’était une école beaucoup plus dure, mais sans doute plus efficace.
On ne fabrique pas un génie. On ne crée pas des Berlioz, des Mozart ou des Cézanne à la chaîne. Quand quelqu’un a un vrai talent, cela se voit immédiatement — ou du moins, cela devrait se voir. Aujourd’hui, à force de repousser la sélection naturelle avec des systèmes de repêchage et de redoublement, tout devient flou.
Tu ne dois donc pas être un grand partisan de la filière ELF, toi qui en es pourtant issu ? Qu’as-tu à en dire ?
Ce que je pense dépasse largement le cadre d’ELF : cela concerne le sport dans son ensemble. On propulse parfois des jeunes sans véritable discernement, puis on les abandonne aussitôt comme de vieilles chaussettes. Il y a là un vrai problème.
La liste des espoirs français du pilotage des années 1980 et 1990 est longue. Combien ont réellement percé ? Très peu. À vouloir mettre tout le monde dans le même moule, à trop assister les jeunes pilotes sans jamais les laisser se débrouiller seuls, on finit par étouffer les personnalités. Et cela, profondément, me déplaît.
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