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La Coupe des Provinces
Au début des années 1960, Colin Chapman applique une recette qui deviendra légendaire : alléger au maximum une voiture afin d'obtenir les meilleures performances possibles.
De cette philosophie naît la Lotus Seven, une petite sportive simple, légère, efficace et vendue en kit afin que son propriétaire puisse la construire lui-même.
Personne n'imagine alors que cette voiture deviendra l'une des plus influentes de l'histoire du sport automobile.
En France, la Fédération Française du Sport Automobile, Europe n°1 et Ford lancent une opération originale : la Coupe des Provinces.
Chaque ASA sélectionne un jeune pilote chargé de représenter sa région au volant d'une Lotus Seven identique à celles de ses adversaires.
L'objectif est simple : détecter les talents de demain.
L'opération révèle de nombreux pilotes qui marqueront ensuite le sport automobile français, parmi lesquels Henri Pescarolo, Patrick Depailler, Jean-Pierre Jaussaud, Jean-Claude Andruet, Servoz-Gavin ou encore Jean-Pierre Beltoise.
Pour beaucoup, la Lotus Seven constitue une véritable école de pilotage.
Puis, avec le temps, la voiture disparaît progressivement des premiers rôles et semble tomber dans l'oubli.
Le retour de la Seven
Au cours des années 1990, la nostalgie des courses simples et spectaculaires refait surface.
Les championnats monomarques se multiplient. Les Coupes Porsche, Ferrari, Lamborghini, Venturi ou Cobra attirent de nombreux passionnés.
Dans ce contexte, la Caterham retrouve naturellement sa place sur les circuits.
Depuis que Caterham Cars a racheté les droits de fabrication de la Lotus Seven, la voiture continue à vivre sous un nouveau nom tout en restant fidèle au concept imaginé par Chapman.
La recette n'a pratiquement pas changé : peu de poids, beaucoup de sensations et des performances redoutables.
La Coupe Caterham attire une nouvelle génération de pilotes et permet également à d'anciens compétiteurs de retrouver le chemin des circuits.
Un spectacle unique
Rapidement, la Coupe Caterham devient l'une des disciplines les plus appréciées du public.
Avec plus de quarante voitures au départ de certaines courses, le spectacle est permanent.
Les dépassements se succèdent, les écarts sont infimes et les contacts ne sont pas rares.
Certains observateurs décrivent avec humour le peloton comme :
« Un troupeau de tondeuses lancé à plus de 200 km/h. »
Pour de nombreux spectateurs, la Coupe Caterham retrouve l'esprit des grandes Coupes Gordini des années 1960 et 1970 : des voitures simples, des pilotes amateurs ou semi-professionnels, et des bagarres à tous les niveaux du classement.
La polémique
Mais le succès des Caterham soulève rapidement une question.
S'agit-il de voitures modernes, de voitures historiques ou simplement de répliques ?
La situation est particulière.
Les Caterham sont les descendantes directes des Lotus Seven produites entre 1957 et 1973. Elles reprennent pratiquement à l'identique le concept, la silhouette et l'architecture de leur ancêtre.
Leur présence dans les championnats GT de la FFSA suscite alors des débats.
Certains concurrents estiment que ces voitures n'ont pas leur place face à des GT plus conventionnelles.
L'exemple le plus marquant survient à Lédenon en 2002.
Sur le circuit gardois, une manche du championnat de France GT réunit seulement quatre Porsche 996 GT3... contre vingt-cinq Caterham.
Le constat est évident :
Sans les Caterham, il n'y aurait pratiquement plus de plateau.
La FFSA choisit donc de privilégier le bon sens et maintient leur présence, permettant ainsi au championnat de conserver des grilles attractives.
De tolérées à indésirables
La situation évolue toutefois rapidement.
Au milieu des années 2000, le championnat de France GT retrouve une excellente santé. Les GT modernes sont plus nombreuses et les constructeurs s'impliquent davantage.
Les Caterham, autrefois indispensables à la survie du plateau, deviennent alors moins bien acceptées.
Leur légèreté et leur efficacité dans les portions sinueuses leur permettent régulièrement de rivaliser avec des voitures beaucoup plus coûteuses et puissantes.
Voir une petite Caterham devancer une Porsche GT3 ne plaît pas à tout le monde.
Peu à peu, celles qui avaient contribué à maintenir le championnat en vie deviennent des invitées dont certains aimeraient se passer.
En 2026 il y a toujours bezucoup de Cathéram en course.

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