Dakar 1990
Hubert Auriol est au volant de son buggy lorsqu'il vit l'une des journées les plus éprouvantes de sa carrière.
« J'arrive le premier dans la passe de Nega. Bêtement, en apercevant une Peugeot 405 au loin, j'accélère pour être le premier au sommet. »
L'erreur est immédiate.
« Je serre un peu trop à droite et je m'ensable. Il me faut près d'une demi-heure pour me dégager. »
Comme si cela ne suffisait pas, le démarreur tombe ensuite en panne.
« Je tape dessus avec un marteau pour décoller les charbons et, finalement, le moteur repart. Entre-temps, les quatre Peugeot sont passées devant moi. »
La navigation devient alors un véritable cauchemar.
« Aucun repère ne correspond au road-book. Ce n'est pas possible, nous nous sommes trompés. »
Après plusieurs hésitations, Auriol atteint un petit cirque rocheux où il décide de faire demi-tour. Au même moment, un hélicoptère de photographes se pose à proximité.
« J'essaie d'obtenir des renseignements, mais personne ne répond à mes questions. J'avais déjà perdu plus d'une heure. »
Il repart en sens inverse en espérant que sa manœuvre passe inaperçue.
« Nous avions tourné près de deux kilomètres trop tôt. Je retrouve finalement la bonne trace... puis plus rien. »
Nouvelle erreur de navigation.
« Je fais encore demi-tour et me retrouve sur une piste où je croise d'autres concurrents. »
Pour tenter de rattraper son retard, il coupe à travers le désert.
Mauvaise idée.
« Je pars en hors-piste et j'explose la boîte de vitesses sur un rocher. La voiture reste bloquée en première. »
Un concurrent lui prête main-forte pour redémarrer. Quelques minutes plus tard, ce même pilote le rejoint à nouveau.
« Il me fait signe de m'arrêter et me tend... mon casque ! Je l'avais perdu sans m'en rendre compte. »
Les ennuis continuent.
« Je retrouve enfin la bonne piste, puis je m'ensable encore dans du sable mou. J'en ressors miraculeusement avant de crever à l'avant. Je n'ai plus de roue de secours. »
Il poursuit pourtant sa route.
« J'ai continué sur la jante. »
À ce stade, la fatigue et le découragement prennent le dessus.
« J'étais au bord des larmes. »
Cette journée restera comme l'une des plus difficiles de son parcours sur le Dakar. Épuisé par ces aventures vécues en solitaire, Hubert Auriol finira par renoncer à courir seul à bord d'une voiture sur le rallye-raid, privilégiant par la suite des équipages à deux pour affronter les pièges du désert.

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