12 juin 2026

Galère dans le désert

Galère dans le désert

Dakar 1990

Hubert Auriol est au volant de son buggy lorsqu'il vit l'une des journées les plus éprouvantes de sa carrière.

« J'arrive le premier dans la passe de Nega. Bêtement, en apercevant une Peugeot 405 au loin, j'accélère pour être le premier au sommet. »

L'erreur est immédiate.

« Je serre un peu trop à droite et je m'ensable. Il me faut près d'une demi-heure pour me dégager. »

Comme si cela ne suffisait pas, le démarreur tombe ensuite en panne.

« Je tape dessus avec un marteau pour décoller les charbons et, finalement, le moteur repart. Entre-temps, les quatre Peugeot sont passées devant moi. »

La navigation devient alors un véritable cauchemar.

« Aucun repère ne correspond au road-book. Ce n'est pas possible, nous nous sommes trompés. »

Après plusieurs hésitations, Auriol atteint un petit cirque rocheux où il décide de faire demi-tour. Au même moment, un hélicoptère de photographes se pose à proximité.

« J'essaie d'obtenir des renseignements, mais personne ne répond à mes questions. J'avais déjà perdu plus d'une heure. »

Il repart en sens inverse en espérant que sa manœuvre passe inaperçue.

« Nous avions tourné près de deux kilomètres trop tôt. Je retrouve finalement la bonne trace... puis plus rien. »

Nouvelle erreur de navigation.

« Je fais encore demi-tour et me retrouve sur une piste où je croise d'autres concurrents. »

Pour tenter de rattraper son retard, il coupe à travers le désert.

Mauvaise idée.

« Je pars en hors-piste et j'explose la boîte de vitesses sur un rocher. La voiture reste bloquée en première. »

Un concurrent lui prête main-forte pour redémarrer. Quelques minutes plus tard, ce même pilote le rejoint à nouveau.

« Il me fait signe de m'arrêter et me tend... mon casque ! Je l'avais perdu sans m'en rendre compte. »

Les ennuis continuent.

« Je retrouve enfin la bonne piste, puis je m'ensable encore dans du sable mou. J'en ressors miraculeusement avant de crever à l'avant. Je n'ai plus de roue de secours. »

Il poursuit pourtant sa route.

« J'ai continué sur la jante. »

À ce stade, la fatigue et le découragement prennent le dessus.

« J'étais au bord des larmes. »

Cette journée restera comme l'une des plus difficiles de son parcours sur le Dakar. Épuisé par ces aventures vécues en solitaire, Hubert Auriol finira par renoncer à courir seul à bord d'une voiture sur le rallye-raid, privilégiant par la suite des équipages à deux pour affronter les pièges du désert.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire