Marcel Tarrès et l'art de l'intox
En course de côte, la guerre ne se jouait pas uniquement sur l'asphalte. Elle se déroulait aussi dans les paddocks, où l'observation des concurrents faisait partie intégrante du jeu.
Marcel Tarrès racontait ainsi qu'il lui arrivait d'utiliser une méthode aussi simple qu'efficace pour déstabiliser ses adversaires.
Entre deux manches, il démontait ostensiblement certaines pièces de sa voiture sous les yeux de tous. Puis il disparaissait quelques minutes dans son camion atelier avant de revenir avec... exactement les mêmes pièces.
Il les remontait soigneusement, laissant croire qu'il venait d'effectuer une modification importante de ses réglages ou de remplacer un élément technique déterminant.
Les concurrents, persuadés qu'il avait découvert quelque chose, passaient alors leur temps à chercher ce qui avait changé : suspension, géométrie, aérodynamique, répartition des masses...
En réalité, rien n'avait été modifié.
Pendant que ses adversaires se perdaient en hypothèses et parfois même en réglages inutiles, Tarrès restait concentré sur l'essentiel.
Cette petite opération d'intoxication illustre parfaitement l'état d'esprit qui régnait alors en course de côte : l'expérience, l'observation et la psychologie pouvaient parfois rapporter autant qu'un gain de puissance ou une amélioration du châssis.
Comme aimait à le rappeler Marcel Tarrès, faire douter un concurrent était parfois le meilleur moyen de prendre l'avantage avant même le départ.

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