Indianapolis 500 – 1970
Les monoplaces engagées aux Indianapolis 500 utilisent alors du méthanol, un carburant apprécié pour ses qualités de combustion mais redoutable en cas d'incendie : sa flamme est pratiquement invisible en plein jour.
Les McLaren de l'équipe de Bruce McLaren sont équipées de systèmes de ravitaillement rapides. Afin de répondre aux exigences de l'USAC, des clapets à ressort sont installés sur les ouvertures des réservoirs.
Mais à très haute vitesse, sur la piste légèrement bosselée d'Indianapolis, certains clapets s'ouvrent sous l'effet des vibrations et de la pression aérodynamique. Du carburant est alors projeté hors du réservoir.
Au volant de sa McLaren-Offenhauser, Denny Hulme aperçoit soudain des gouttelettes autour du cockpit. Il croit d'abord à quelques gouttes de pluie et lève légèrement le pied.
Cette réduction de vitesse modifie l'écoulement de l'air autour de la voiture. Le méthanol projeté est alors ramené vers les parties chaudes du moteur et du système de suralimentation.
L'incendie se déclare instantanément.
À plus de 260 km/h, Hulme ne voit aucune flamme. Il ne comprend la situation qu'en ressentant une chaleur anormale dans le cockpit. Ses gants commencent à brûler, le cuir se rétracte autour de ses doigts et ses mains sont rapidement atteintes.
Pris au piège, il lutte pour détacher son harnais alors que la voiture continue sa course.
Lorsqu'il parvient enfin à se libérer, la McLaren roule encore à près de 100 km/h. Hulme saute de la voiture en mouvement, sa combinaison étant toujours en feu.
Les secours interviennent rapidement et le pilote néo-zélandais survit à l'accident, mais il souffre de graves brûlures aux mains. Il manque de perdre plusieurs doigts et conservera toute sa vie les cicatrices de cet incendie.

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