10 juin 2026

MERZARIO ICKX 1975

Spa-Francorchamps 1975

Entre Arturo Merzario et Jacky Ickx, les relations sont depuis longtemps exécrables.

L'origine du conflit remonte notamment à 1973. Cette année-là, lors d'une course disputée sur le Nürburgring, Ickx mène l'épreuve lorsqu'Arturo Merzario reçoit l'ordre formel de ne pas dépasser son équipier.

L'Italien refuse.

Il porte une attaque, dépasse Ickx et prend la tête. Immédiatement, l'équipe lui ordonne de rendre sa position et de laisser la victoire au pilote belge.

Une nouvelle fois, Merzario refuse.

Lorsqu'il s'arrête finalement pour ravitailler, il reste assis dans la voiture, tête baissée et mains crispées sur le volant. Les mécaniciens doivent pratiquement l'extraire du cockpit pour permettre à son remplaçant, Carlos Pace, de prendre le relais conformément aux consignes de l'équipe.

Cette « défaillance », ou cette « capitulation » selon les versions, alimentera longtemps les commentaires dans le paddock.

Le climat avant Spa

Les tensions entre les deux hommes ne se sont jamais apaisées.

Les séquelles du Mugello sont encore présentes. Après une défaite, chacun a rejeté la responsabilité sur l'autre.

Merzario estime avoir perdu une course qui lui tendait les bras à la suite d'un changement de plaquettes de frein trop long et non prévu.

De son côté, Ickx s'implique fortement dans la préparation des voitures. Réglages, choix des pneus, stratégie : le Belge souhaite tout contrôler.

Merzario a le sentiment d'être relégué au second plan et de disposer de peu de temps de roulage pendant les essais.

Certains se demandent alors si l'Italien ne cherche pas, consciemment ou non, à prendre sa revanche.

Finalement, les deux hommes sont convoqués chez Alfa Romeo afin de s'expliquer.

La course

À Spa-Francorchamps, le relais de Merzario intrigue rapidement les observateurs.

La piste est glissante et l'Italien peine à trouver son rythme. Tour après tour, il concède entre vingt et vingt-sept secondes à l'autre Alfa Romeo pilotée par Derek Bell.

Lorsque Bell rejoint puis dépasse Merzario, l'écart devient spectaculaire.

En seulement quatre tours, le Britannique reprend près d'une minute cinquante.

Au 40e tour, l'avance atteint déjà plus de trois minutes.

Puis l'écart continue de grandir.

Lorsque Bell s'arrête aux stands, Henri Pescarolo prend le relais avec une confortable avance.

Au 45e tour, Merzario rentre finalement aux stands. Il descend de sa voiture et disparaît.

Pour beaucoup, cette prestation ressemble davantage à une démonstration de mécontentement qu'à une véritable défaillance sportive.

Une chose paraît alors certaine : chez Alfa Romeo, la cohésion entre les pilotes est inexistante.

Le témoignage de Merzario

Des années plus tard, en 2007, Arturo Merzario revient sur cette rivalité :

« Oui, il y avait une rivalité, parce qu'Ickx était un peu hautain et pensait être le premier pilote. Mais moi, je ne cours pas si je n'ai pas une chance de gagner, c'est ma mentalité. J'ai toujours été très content de mes équipiers, mais avec lui c'était un grand bordel. À chaque course, il y avait des histoires. Si je disais blanc, il disait noir. »

Cette déclaration résume à elle seule l'une des rivalités les plus tendues de l'endurance des années 1970.

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