10 juin 2026

Renault contre Matra

Renault contre Matra

RETOUR A LA TABE DES MATIÈRES

À la fin des années 1960, Pierre Dreyfus, alors président de Renault, est loin d'être un passionné de sport automobile. Pourtant, la Régie est déjà présente en compétition à travers Alpine.

L'affaire débute véritablement lors des 24 Heures du Mans 1968.

Cette année-là, Matra et Alpine arborent toutes deux les couleurs d'ELF. Pendant la nuit mancelle, sous une pluie battante, Henri Pescarolo réalise une prestation héroïque au volant de sa Matra, roulant pendant de longues heures sans essuie-glace.

L'exploit est largement relayé par Europe 1. Un hasard ? Pas vraiment.

Le principal actionnaire de Matra n'est autre que Sylvain Floirat, également propriétaire de la station de radio. Europe 1 met naturellement en avant les performances de Matra et de Pescarolo.

Chez Renault, cette médiatisation passe mal. La Régie supporte difficilement de voir Matra occuper seule le devant de la scène alors qu'Alpine bénéficie également du soutien d'ELF.

L'affaire prend rapidement une dimension politique. Renault exerce une forte pression afin qu'ELF privilégie désormais ses programmes sportifs. Le dossier remonte jusqu'aux plus hautes sphères de l'État et parvient même sur le bureau du président Georges Pompidou.

Selon plusieurs témoignages de l'époque, Renault aurait laissé entendre qu'une poursuite de son partenariat industriel avec ELF pourrait être remise en question si la société pétrolière continuait à soutenir prioritairement Matra.

À partir de 1970, ELF devient progressivement le principal soutien sportif de Renault.

La Régie vient alors d'abandonner les moteurs Gordini et se retrouve dans l'obligation de développer une nouvelle génération de mécaniques de compétition.

François Guiter, l'un des grands architectes de la stratégie sportive d'ELF, pousse Renault à concevoir un moteur moderne destiné aux voitures de sport et à la Formule 2.

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