13 juin 2026

Speed Analyse

Scott Speed Analyse

Plus de quinze ans après son passage en Formule 1 avec Toro Rosso, Scott Speed porte aujourd’hui un regard lucide sur cette période de sa carrière. L’Américain reconnaît volontiers que son attitude lui a sans doute coûté une partie de son potentiel.

« Mon Dieu, j’étais tellement jeune et immature. J’avais un ego énorme ». « Quand j’y repense, c’est même un peu embarrassant. J’avais du talent, c’est certain, mais je n’étais pas au niveau de pilotes comme Nico Rosberg ou Lewis Hamilton. Eux étaient vraiment exceptionnels. »

À l’époque, Speed explique qu’il abordait la compétition avec une vision très simpliste du métier de pilote.

« Je pensais que si une voiture était rapide, c’était grâce à la voiture. Si elle était lente, c’était parce qu’elle était mauvaise. Je ne me sentais jamais responsable des performances. Dans mon esprit, un pilote était soit rapide, soit lent. Avec le recul, c’était une façon de penser assez stupide. »

Il souligne pourtant le rôle majeur joué par Red Bull dans son ascension vers la Formule 1.

« Ma famille n’avait pas les moyens de financer une carrière de pilote. Sans Red Bull, je n’aurais probablement jamais atteint la Formule 1. Ils ont tout payé et m’ont placé dans d’excellentes équipes pour progresser. J’étais dans un environnement idéal, même si je ne réalisais pas à quel point j’apprenais. »

Au fil du temps, il comprend qu’il possède le niveau pour évoluer en F1, mais pas nécessairement pour rivaliser avec les tout meilleurs.

« J’ai fini par comprendre que j’étais un bon pilote de Formule 1. Je pouvais me battre avec ces gars-là. Mais lorsque j’ai réalisé que je ne faisais pas partie de l’élite absolue, je n’ai plus eu la même motivation pour continuer à progresser. »

Après son départ de la discipline, il retourne aux États-Unis avec la conviction que son expérience en Grand Prix lui ouvrira immédiatement les portes du succès en NASCAR.

« J’étais persuadé que j’allais monter dans une voiture de Cup Series et gagner parce que j’étais un pilote de F1. Lors de mes premiers essais à Charlotte, j’étais parmi les plus rapides. Puis j’ai pris le départ d’une vraie course et je me suis fait écraser par la concurrence. »

Cette expérience agit comme une révélation.

« Je crois que j’ai terminé ma première course avec trois tours de retard. Mon ego m’empêchait de voir que j’avais encore énormément de choses à apprendre. Il m’a fallu du temps pour l’accepter. »

Avec les années, Speed estime avoir acquis une compréhension beaucoup plus complète du métier de pilote et de la nécessité de travailler sur soi-même autant que sur la machine.

Cette prise de conscience l’a conduit à participer au développement de jeunes pilotes aux États-Unis aux côtés de son ami Josh Wise.

« Dans ma génération, tout le monde cherchait à améliorer les voitures, mais presque personne ne s’intéressait réellement à la progression du pilote. Aujourd’hui, j’essaie de transmettre ce que j’ai appris et de donner aux jeunes les outils que nous n’avions pas à l’époque. C’est quelque chose que je trouve particulièrement gratifiant. »

Avec le recul, Scott Speed reconnaît volontiers qu’il aurait sans doute pu accomplir davantage en monoplace. Mais il considère également que cette expérience, avec ses erreurs et ses remises en question, lui a permis de devenir la personne qu’il est aujourd’hui.

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