26 mai 2026

ICKX et le DAKAR

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Pour Jacky Ickx, le Paris-Dakar n’a jamais été seulement une course. Le rallye-raid a profondément changé sa manière de voir le monde. Aux côtés de Claude Brasseur, avec qui il remporte l’épreuve en 1983 sur Mercedes, il découvre une Afrique loin des clichés européens, faite de rencontres, de solidarité et de réalités humaines souvent ignorées. 

Ickx expliquera plus tard que ces traversées du désert lui ont ouvert les yeux sur des populations vivant dans des conditions extrêmement difficiles mais conservant une forme de dignité et de sérénité qui l’ont profondément marqué. Le Dakar lui donne alors envie de s’engager concrètement sur le terrain. Depuis des années, il continue ainsi de retourner régulièrement en Afrique pour soutenir des projets humanitaires, notamment liés à l’accès à l’eau dans certains villages isolés. 

Cette aventure africaine est aussi intimement liée à son amitié avec Claude Brasseur. Les deux hommes se lancent presque sur un coup de tête dans l’aventure Dakar au début des années 1980, avant de vivre ensemble six années de compétition, de galères et de succès. Ickx gardera toujours le souvenir d’une expérience humaine unique, bien au-delà du simple résultat sportif.

En évoquant Niki Lauda, dont il assiste aux obsèques en 2019, Ickx revient aussi sur la brutalité du sport automobile de leur génération. Lui-même avait été gravement brûlé lors d’un accident en F1 en 1970 à Jarama, tandis que Lauda avait failli mourir dans l’incendie de sa Ferrari au Nürburgring en 1976. Pour Ickx, la frontière entre un accident grave et la mort a toujours été extrêmement mince dans ce sport. Pourtant, il reste frappé par la capacité des pilotes de haut niveau à revenir très rapidement à la compétition après des blessures parfois terribles. 

Concernant l’évolution du sport automobile, Ickx porte un regard à la fois admiratif et mélancolique. Il reconnaît que toute sa vie a été rythmée par le bruit des moteurs et par la passion de la compétition, mais regrette une certaine déshumanisation des courses modernes. Selon lui, les incidents de piste sont aujourd’hui analysés de manière trop froide et réglementaire, comme de simples infractions routières, alors qu’autrefois la course conservait une dimension plus instinctive et chevaleresque.

Au fond, le regard d’Ickx dépasse largement la simple automobile. À travers ses expériences en course comme en Afrique, il défend surtout une vision profondément humaine des relations, du partage et du contact direct entre les personnes. 



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