À la fin des années 1950 et au début des années 1960, Enzo Ferrari dirige son entreprise d'une manière très personnelle et autoritaire. Son épouse, Laura Ferrari, exerce également une influence importante dans les affaires de l'entreprise, ce qui crée des tensions avec plusieurs cadres et ingénieurs.
Les relations deviennent particulièrement difficiles entre Laura Ferrari et certains responsables de la société, notamment :
- Girolamo Gardini ;
- Carlo Chiti ;
- Romolo Tavoni ;
- Giotto Bizzarrini.
La rupture de 1961
À l'automne 1961, plusieurs dirigeants et ingénieurs adressent à Enzo Ferrari une demande visant notamment à limiter l'intervention de Laura Ferrari dans la gestion quotidienne.
Enzo Ferrari considère cette démarche comme un ultimatum inacceptable. La conséquence est immédiate : plusieurs responsables clés quittent ou sont licenciés de l'entreprise.
Cet événement est souvent présenté comme une révolte contre l'influence de Laura Ferrari, mais il s'agissait aussi d'un conflit de pouvoir plus large concernant l'organisation et la direction de l'entreprise.
ATS et la suite
Après leur départ, plusieurs anciens cadres Ferrari fondent :
- Automobili Turismo e Sport pour construire des voitures de sport et de compétition ;
- une structure de course qui tente de concurrencer Ferrari en Formule 1.
Le projet ATS bénéficie d'une forte couverture médiatique mais connaît peu de succès sportif et disparaît rapidement.
Le cas Bizzarrini et Lamborghini
Giotto Bizzarrini quitte effectivement Ferrari lors de cette crise.
Par la suite, il travaille notamment pour Lamborghini et participe au développement du célèbre moteur V12 qui équipera les premières Lamborghini de série.
Cependant, Lamborghini n'est pas directement créée par les dissidents de Ferrari. L'entreprise avait déjà été fondée par Ferruccio Lamborghini, industriel spécialisé dans les tracteurs.
Les funérailles de von Trips
Wolfgang von Trips trouve la mort lors du Grand Prix d'Italie 1961 à Monza dans un accident tragique.
On trouve dans certains récits des anecdotes concernant des altercations ou tensions lors de cette période, mais les détails précis — notamment l'épisode de la gifle à Gardini — sont difficiles à vérifier historiquement et ne figurent pas parmi les faits les mieux documentés de la crise.
Les Ferrari de Formule 1 ont-elles été « jetées à la casse » ?
Non, pas au sens littéral.
Après la crise interne, Ferrari poursuit immédiatement ses activités en compétition. Malgré le départ de plusieurs figures majeures, l'entreprise continue de développer ses voitures et reste présente en Formule 1.
D'ailleurs, la saison 1961 est un succès sportif puisque Phil Hill remporte le championnat du monde des pilotes avec Ferrari.

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