20 juin 2026

HUNT vivre plus vite


James Hunt : vivre vite, courir plus vite encore

Les femmes l'adoraient, les hommes l'enviaient, et les commissaires de piste savaient qu'il valait mieux garder un œil sur lui. Avec sa chevelure blonde, son charisme naturel et son tempérament explosif, 

Bien avant de devenir champion du monde, James Simon Wallis Hunt était déjà un personnage à part. Provocateur, hyperactif, rebelle à toute forme d'autorité, il semblait constamment en quête d'adrénaline. 

Une vocation née à Silverstone

Le jour de son 18ᵉ anniversaire, Hunt assiste à une réunion automobile sur le circuit de Silverstone Circuit. La révélation est immédiate. Il décide qu'il deviendra champion du monde de Formule 1.

Son calcul est simple : dix années pour atteindre le sommet, puis une vie confortable grâce à la gloire et à la fortune.

Dès ses débuts en Formule 3, son agressivité fait parler de lui. Rapide mais souvent brouillon, spectaculaire mais irrégulier, Hunt accumule davantage les incidents que les résultats. Son talent est pourtant bien réel.

La rencontre qui change tout

Son destin bascule lorsqu'il croise la route de Alexander Hesketh.

Le jeune aristocrate britannique dirige une équipe privée de Formule 1 aussi excentrique que son propriétaire. Sous sa protection, Hunt trouve enfin un environnement à son image : libre, passionné et peu conventionnel.

Chez Hesketh, il mûrit. Son pilotage devient plus efficace, son engagement plus professionnel. La récompense arrive lors du Grand Prix des Pays-Bas 1975, où il décroche sa première victoire en Formule 1 face à Niki Lauda et à Ferrari.

Le succès est immense. La Grande-Bretagne tient enfin son nouvel espoir.

McLaren et la conquête du titre mondial

À la fin de la saison 1975, les finances de Hesketh Racing s'épuisent. Hunt se retrouve sans volant.

Mais le destin lui ouvre immédiatement une nouvelle porte. Lorsque Emerson Fittipaldi quitte McLaren pour lancer son propre projet au Brésil, l'équipe britannique choisit Hunt pour le remplacer.

Au volant de la redoutable M23, son talent explose véritablement.

Hunt déteste les contraintes. Lors de la signature de son contrat, il s'oppose même aux exigences vestimentaires imposées par Marlboro. Là où l'équipe souhaite voir ses pilotes en blazer, chemise et cravate, lui préfère simplement un jean et un T-shirt.

Cette indépendance devient sa marque de fabrique.

1976 : l'année de tous les dangers

La saison 1976 entre dans la légende.

Tout au long de l'année, Hunt livre un duel exceptionnel face à Niki Lauda. Le championnat bascule lorsque l'Autrichien est victime de son terrible accident sur le circuit du Nürburgring.

Contre toute attente, Lauda revient seulement quelques semaines plus tard, brûlé mais déterminé.

Le titre se joue finalement lors de la dernière manche à Suzuka, sous une pluie diluvienne. Les conditions sont effroyables.

Lauda choisit d'abandonner après quelques tours, estimant le risque trop important.

Hunt poursuit malgré tout. Victime d'une crevaison et soumis à une pression immense, il réalise une course héroïque et arrache la troisième place nécessaire pour devenir champion du monde avec un seul point d'avance.

À l'arrivée, il refuse pourtant tout triomphalisme :

« Je suis désolé pour Niki. Après un accident comme le sien, je comprends parfaitement sa décision. J'aurais aimé que nous puissions partager ce titre. »

Cette déclaration résume toute la complexité du personnage : compétiteur féroce mais profondément respectueux de ses adversaires.

Un champion difficile à gérer

Paradoxalement, c'est après son sacre que les relations avec McLaren se détériorent.

Ses excès, ses fêtes incessantes, ses colères et son refus des conventions fatiguent progressivement l'équipe.

Le champion du monde reste rapide, mais l'équilibre devient fragile.

La fin de carrière

En 1979, Hunt rejoint Walter Wolf Racing.

Mais la passion n'est plus la même.

La disparition tragique de son ami proche Ronnie Peterson après son accident de Monza le marque profondément. Hunt et Clay Regazzoni avaient pourtant participé à son extraction de la voiture en flammes.

Démotivé et peu compétitif, il quitte la Formule 1 en pleine saison 1979.

Son bilan reste remarquable : dix victoires en Grand Prix, quatre pôles positions majeures et surtout un titre mondial inoubliable.

Une seconde vie derrière le micro

Hunt ne quitte cependant jamais vraiment la Formule 1.

À la BBC, aux côtés de Murray Walker, il devient l'un des consultants les plus appréciés du sport.

Son franc-parler, son analyse instinctive et son humour séduisent immédiatement les téléspectateurs.

L'ancien pilote découvre alors une nouvelle manière de vivre sa passion.

Une disparition brutale

Au fil des années, Hunt se consacre également à sa vie familiale. Père de deux garçons, Tom et Freddie, il semble avoir trouvé un certain équilibre.

Mais les excès accumulés durant sa jeunesse finissent par laisser des traces.

Le 15 juin 1993, au lendemain de sa demande en mariage à Helen Dyson, James Hunt est victime d'une crise cardiaque.

Il s'éteint à seulement 45 ans.

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