2 sept. 2026

DUCAROUGE Insolites

RETOUR A LA TABLE DES MATIÈRES

Pendant les 24 Heures du Mans 1972, Gérard Ducarouge dirige d'une main de fer l'écurie Matra. 

Agacé par les arrêts aux stands trop fréquents de la Matra MS670 n°11 pour changer les freins, il passe un savon mémorable à ses pilotes, Henri Pescarolo et Graham Hill, les accusant de taper beaucoup trop fort dans le matériel. 

Ce n'est qu'après la course (remportée par le duo) que les mécaniciens découvrent la vérité lors du démontage : la butée de la pédale de frein était mal réglée. Elle exerçait une légère pression continue sur les disques, même quand les pilotes n'y touchaient pas. Ducarouge a dû admettre, avec le sourire, que ses pilotes étaient innocents.


Le piège de l'extincteur vide chez Alfa Romeo (1983)

Après son départ de chez Ligier, Ducarouge rejoint Alfa Romeo. 

L'ambiance y est ultra-politique, notamment à cause des tensions avec l'ingénieur historique Carlo Chiti.
Lors du Grand Prix de Belgique 1983 à Spa-Francorchamps, la monoplace d'Andrea de Cesaris réalise des prouesses avant d'être disqualifiée à la suite d'un contrôle technique.

Le motif ? 
L'extincteur embarqué était totalement vide ! Ducarouge confiera plus tard qu'il n'a jamais su qui avait fait le coup, mais qu'il avait de profonds soupçons sur un sabotage interne destiné à lui nuire (C Chiti). 
Dégoûté par cette "dernière entourloupe", il claque la porte pour rejoindre Lotus.

Le test des plaquettes de frein avec Ayrton Senna (1985)

Chez Lotus, Ducarouge noue une relation technique et amicale fusionnelle avec le jeune prodige Ayrton Senna. Le Brésilien, d'une précision chirurgicale, exigeait systématiquement quatre plaquettes de frein neuves avant chaque tentative de pole position. 

Un jour, par souci d'économie budgétaire, Ducarouge décide de tester la sensibilité légendaire de son pilote : il fait installer trois plaquettes neuves et une seule ayant déjà roulé quelques tours. Senna s'élance, fait un seul tour de piste et rentre immédiatement aux stands en lançant à Ducarouge : « Gérard, il y a un problème, les freins ne sont pas équilibrés. »

L'ingénieur, bluffé par ce niveau d'analyse sensorielle, ne retentera plus jamais l'expérience. 

L'énorme "cheminée" de Jacques Laffite (1976)

Lorsqu'il conçoit la toute première Ligier de F1 (la JS5) pour Jacques Laffite, Ducarouge dessine une prise d'air monumentale au-dessus du casque du pilote, surnommée "la cheminée" ou "la théière". 

Si Laffite s'en amusait, la voiture était si voyante qu'elle offrait une visibilité publicitaire inégalée au sponsor Gitanes. 

Laffite pestera d'ailleurs souvent avec humour au début contre l'équipe de Ducarouge, car ces derniers, nostalgiques, répétaient à longueur de journée : 
« Nous, chez Matra, on faisait comme ça ! ».

Cette collaboration débouchera pourtant sur la toute première victoire d'une voiture 100 % française (châssis, moteur Matra, pilote) en 1977.

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