Junior
Johnson, gracié par le Président américain
Ronald Reagan le 26 décembre 1985, symbolise à elle seule les vingt premières
années d'existence de la NASCAR, entre pilotage à haute vitesse, alcool de
contrebande et séjour en prison...
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La formation de la NASCAR, intervenue en 1949, est souvent liée à la prohibition aux États-Unis.
Pourtant, cette période, qui voyait l’interdiction pure et simple des boissons
alcoolisés sur l’ensemble du territoire américain, a pris fin bien plus tôt, en
1933. Si certains États ont maintenu cette interdiction plus longtemps, comme
la Caroline du Nord, berceau de la NASCAR, au sortir de la deuxième guerre
mondiale, l’alcool avait retrouvé sa place dans le paysage culturel des USA.
Toutefois, afin de maintenir la volonté du gouvernement de faire baisser la
consommation de ces breuvages alcoolisés, un système de taxes était mis en
place, causant mécaniquement une hausse des prix.
C’est alors que s’est mis en place
un réseau clandestin d’un alcool totalement artisanal et potentiellement
dangereux, le moonshine. N’importe qui pouvait, à l’époque, s’improviser
distillateur de moonshine. Inutile de préciser que les normes sanitaires et de
contrôle étaient aux abonnés absents… Certains alcools, frelatés ou simplement
mal dosés, pouvaient causer un aveuglement total, voire la mort. Mais le
business était juteux, et cela amenait donc nombre de familles à se lancer dans
la confection d’alcool de contrebande.
Afin de pouvoir échapper à la
police locale, que faisaient les contrebandiers ? Ils modifiaient leurs
voitures, avec des moteurs plus puissants, en visant à simplement battre la
police en vitesse de pointe et prendre la poudre d’escampette. Lorsqu’ils ne
transportaient pas d’alcool, les jeunes de la région se retrouvaient pour des
courses improvisées, qui donneront ensuite lieu à la création de la NASCAR, la
National Association for Stock-Car Auto Racing, ou Association Nationale de
Courses de Voitures de Série en français.
Parmi les premiers pilotes de
pointe du championnat, on retrouvait un certain Junior Johnson. Vainqueur à
cinq reprises en 1955, Johnson se positionnait comme l’un des favoris à la
couronne 1956. Seulement voilà, dans la famille Johnson, contrairement à certaines
autres, la compétition automobile ne signifiait pas la fin de l’activité de
contrebande. C’est ainsi qu’en 1956, le FBI se met en quête d’arrêter le
patriarche de la famille, ou toute personne l’assistant dans sa volonté de
vendre de l’alcool et de ne pas payer les taxes requises. Un soir de 1956, les
agents fédéraux attendaient, et lorsque Junior Johnson alluma l’alambic de son
père, toutes les preuves étaient réunies. Il a bien tenté de s’échapper, mais
cette fois c’est dans des fils barbelés que Junior a terminé sa course…
Résultat, une peine de prison ferme
pour contrebande d’alcool, et un total de onze mois passés derrière les
barreaux. Johnson a pu revenir à la course en 1958, alignant 45 victoires
jusqu’à la fin de sa carrière, huit ans plus tard. C’est en tant que directeur
d’équipe qu’il va construire sa légende, ses pilotes Cale Yarborough et Darrell
Waltrip remportant un total de cinq titres au plus haut niveau.
La condamnation de 1956, cependant, continuait de priver Johnson de certains de ses droits civils fondamentaux. C’est ainsi qu’en 1981, il écrivit au Président des États-Unis, Ronald Reagan, lui demandant une grâce présidentielle. Il faudra attendre cinq ans avant que le pilote ne reçoive « le plus beau cadeau de Noël de sa vie », étant gracié par Reagan. Si cela ne résulte pas aux USA en un casier judiciaire vierge, le condamné redevient un citoyen comme les autres sur le plan des droits. Junior Johnson n’a toutefois pas totalement arrêté d’être lié au milieu de l’alcool, puisqu’en 2007, il a loué la recette familiale à une distillerie locale qui a produit le « Midnight Moon Moonshine ». Et comme argument commercial ? La photo d’identité judiciaire de la légende de la NASCAR sur chaque bouteille…
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