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Aux 24 Heures du Mans 1980, Jean Rondeau engage plusieurs voitures de sa propre conception. Il installe un équipage de choc sur la Rondeau M379 n°15 (sponsorisée par ITT et Le Point) : le géant Henri Pescarolo (1m80) et le très agile Jean Ragnotti (1m60).
L'énorme différence de taille entre les deux hommes complique grandement
les réglages du pédalier et du baquet pour les passages de relais en course. Un
journaliste, intrigué par ce casse-tête logistique, demande alors à Ragnotti
comment ils vont faire pour conduire la même voiture.
Fidèle à sa réputation de blagueur impénitent, « Jeannot » répond du tac au
tac au micro :
« Ce n'est pas compliqué : Henri reste dans la voiture pendant les 24 heures et moi, je me mets sur ses genoux ! »
Derrière les pitreries de Ragnotti, la voiture s'avère redoutable : elle signe la pole position. Si la n°15 abandonnera malheureusement en course sur casse moteur, c'est l'autre voiture de l'écurie, pilotée par Jean Rondeau lui-même et Jean-Pierre Jaussaud, qui remportera cette édition mythique, faisant de Rondeau le seul constructeur-pilote vainqueur au Mans.
Le dimanche matin de cette même édition 1980, alors que la voiture de
Ragnotti et Pescarolo a abandonné, Jean Ragnotti revient se promener dans les
stands pour soutenir l'écurie Rondeau et suivre la fin de course.
Soudain, l'équipe technique l'interpelle, un brin inquiète : deux
gendarmes arpentent le paddock du Mans à sa recherche.
On imagine alors un excès de vitesse mémorable ou une rébellion sur la route. La réalité est beaucoup plus insolite : la maréchaussée sarthoise venait simplement lui signifier une vieille contravention impayée datant de 1978 ! Cette année-là, Ragnotti courait au Mans pour Alpine-Renault. Les gendarmes avaient profité de sa présence officielle au Mans deux ans plus tard pour enfin lui mettre la main dessus et lui réclamer son dû au milieu des pneus et des moteurs Cosworth.

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