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Pierre François Rousselot (1948-2026) était un pilote de course français très talentueux, essayeur de renom pour la revue AUTO hebdo et directeur de l'école de pilotage Winfield à Magny-Cours. Sa carrière, qui l'a mené de la Formule 3 jusqu'à neuf départs aux 24 Heures du Mans.
Bien qu’il soit un pilote d’endurance chevronné, Pierre-François Rousselot restait profondément humain face à la pression d'une course aussi mythique que celle du Mans. Il confiait une anecdote touchante et intime sur son rapport au stress : « Le matin du départ, je n'arrivais pas à conserver mon petit déjeuner ». Ce rituel d'anxiété ne s'évaporait qu'une fois installé dans le cockpit, prêt à affronter les Hunaudières. Dans les années 70-80 le sport auto était une discipline dangereuse et incertaine. Il racontait une autre habitude très révélatrice de l'état d'esprit des pilotes de l'époque : « Le matin, je rangeais mes affaires, je ne savais pas si je rentrerais le soir ». Cette lucidité pragmatique face au danger n'enlevait rien à sa passion mais illustrait le courage de sa génération.
Après avoir quitté la compétition moderne, "PFR" s'était tourné vers les courses historiques au volant de sa somptueuse et rare Shelby Cobra Daytona Coupe. Une anecdote marquante de cette seconde partie de carrière est son association sur la piste avec un équipier de luxe : Carlos Tavares, alors puissant PDG du groupe automobile mondial Stellantis (et grand passionné de sport auto), avec qui il a partagé le volant lors d'une course mémorable à Estoril, au Portugal.
Au-delà du volant, Rousselot était un grand théoricien de la trajectoire. Directeur d'école, il a mis à profit sa précision d'essayeur pour rédiger deux livres de référence sur les techniques de pilotage en collaboration directe avec le quadruple champion du monde de Formule 1, Alain Prost.
Il a passé toute sa vie à vivre de l'automobile, affirmant avec le sourire : « Je n'ai jamais gagné un centime autrement que grâce à la bagnole ».
Au début de sa carrière en Formule 3, "PFR" s'est forgé une solide réputation internationale. Lors de la prestigieuse Coupe d'Europe à Thruxton (Angleterre), il fait équipe avec Jean-Louis Lafosse sur une Brabham BT35. Face à l'élite des pilotes britanniques, réputés intraitables sur leurs terres, le duo français réalise un exploit mémorable en remportant magistralement la victoire. Ce succès le propulsera à la 3e place du Championnat de France de F3 la même année, juste derrière deux futurs monstres sacrés de la F1 : Patrick Depailler et Jean-Pierre Jabouille.En 1981, Rousselot pilote la mythique BMW M1 du Team Zol Auto aux côtés de François Servanin et Laurent Ferrier. Alors que la voiture tourne comme une horloge et pointe en excellente position, Pierre-François perçoit un bruit suspect. Par pure précaution, il décide de s'arrêter aux stands. Les mécaniciens inspectent le moteur, ne trouvent rien d'alarmant et lui crient de repartir.
Malheureusement, au moment exact où il relance la machine, le bruit change radicalement : durant la minute d'arrêt au stand, une soupape s'est vrillée à cause du choc thermique. Il racontera plus tard avec un brin de frustration : « J'aurais mieux fait de ne pas m'arrêter ! ».
Devenu le prestigieux essayeur après sa carrière professionnelle, sa légitimité technique était telle que les plus grandes écuries de pointe lui ouvraient leurs portes. Pierre-François Rousselot a eu le privilège rare de s'installer dans les cockpits de véritables Formule 1 modernes pour en livrer des analyses ultra-précises. Son style d'écriture didactique et son expertise en ont fait le maître incontesté de l'exercice en France. Reconnu pour sa rigueur absolue et sa gestion humaine à la Winfield, Guy Fréquelin (le patron emblématique des chevrons) l'appelle un jour pour lui confier un poste stratégique : Directeur du service compétition-clients de Citroën Sport. C’est sous sa direction et ses conseils avisés que des dizaines de jeunes pilotes de rallye ont fait leurs premières armes sur les formules de promotion de la marque.
Lorsqu'il prend sa retraite sportive, Pierre-François prend la direction de la célèbre école Winfield à Magny-Cours à la demande des frères Knight. Pendant dix ans, il gère un flux continu de 300 élèves par an venus disputer le célèbre Volant Elf. Il aimait rappeler qu'il avait vu passer exactement 3 000 pilotes en herbe sous son regard intransigeant, s'imposant comme le grand mentor de la trajectoire parfaite pour toute la jeune garde du sport automobile français des années 90.
Officiellement, les tablettes indiquent que la première participation de Rousselot au Mans date de 1977. Pourtant, il a piloté au Mans dès 1975 dans le secret le plus total. Cette année-là, l'écurie officielle Renault Alpine engage une A441 2 litres confiée au duo féminin vedette Lella Lombardi et Marie Claude BeaumontPFR faisait discrètement partie de l'équipe en tant que pilote de réserve. Il a pu limer le grand circuit sarthois lors des essais nocturnes sans que son nom ne soit jamais inscrit au départ officiel de la course.
Lorsqu'il essayait des Formule 1 modernes pour la presse spécialisée, sa rigueur déstabilisait parfois les ingénieurs de Grand Prix. Rousselot n'était pas là pour s'amuser, mais pour décortiquer la mécanique. Sa sensibilité était telle qu'il parvenait à détecter des variations de comportement de quelques millimètres sur les suspensions ou des micro-pertes de pression sur les pneus. Les directeurs techniques adoraient son feedback, estimant que ses comptes-rendus valaient autant que les premières acquisitions de données informatiques.
À la fin de sa carrière d'endurance moderne, en 1988 et 1989, Rousselot s'engage au Mans sur une Argo JM19C Groupe C2 engagée par l'écurie de la célèbre chaîne de garages Speedy.
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