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Nous sommes en 1930 lors de la mythique course des Mille Miglia. Achille Varzi mène la course à bord de son Alfa Romeo, persuadé d'avoir une avance confortable. La nuit est tombée. Derrière lui, son rival de toujours, T Nuvolari, remonte à une vitesse folle. Pour surprendre Varzi sans qu'il ne puisse bloquer le passage ou accélérer, Nuvolari et son copilote Guidotti ont une idée folle : éteindre complètement les phares de leur voiture. Nuvolari pilote alors à plus de 150 km/h dans le noir total, en se guidant uniquement grâce aux feux arrière de la voiture de Varzi.
En regardant dans son rétroviseur, Varzi ne voit aucune lumière et pense que Nuvolari a abandonné ou s'est arrêté. Rassuré, Varzi ralentit le rythme. C'est à quelques kilomètres de l'arrivée à Brescia que Nuvolari surgit de l'ombre, rallume brusquement ses phares et double un Varzi totalement médusé pour remporter la course.
Derrière le champion impassible se cache une histoire d'amour et de déchéance digne d'un film. En 1935, Varzi signe chez les Allemands d'Auto Union. Il y fait la rencontre d'Ilse Pietsch, qui n'est autre que l'épouse de son propre coéquipier, Paul Pietsch. Varzi et Ilse tombent éperdument amoureux. En mai 1936, Varzi remporte le Grand Prix de Tripoli, mais l'ambiance au sein de l'équipe est délétère, marquée par des tensions géopolitiques et personnelles. C'est à cette époque que Varzi commence à souffrir de crises d'appendicite. Pour continuer à courir et masquer la douleur, Ilse (qui en consommait déjà) lui fait découvrir la morphine.
Le pilote parfait et calculateur sombre alors dans une grave addiction qui détruit sa carrière en quelques mois. Devenu l'ombre de lui-même, il rate des courses, est licencié par Auto Union et finit par être interné de force dans une clinique italienne pour se sevrer, tandis qu'Ilse est renvoyée en Allemagne.
Varzi parviendra miraculeusement à vaincre son addiction après la Seconde Guerre mondiale. Il effectuera un retour triomphal au volant des Alfa Romeo d'usine avant de se tuer tragiquement en 1948 lors des essais du Grand Prix de Suisse sous la pluie, un élément qu'il détestait tant il aimait la trajectoire pure.
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