L'affaire du carburant de Brabham-BMW en 1983 est un sujet réel, mais elle est souvent racontée de manière plus spectaculaire qu'elle ne l'était dans les faits.
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Le contexte de 1983
En 1983, Nelson Piquet remporte le championnat du monde avec la Brabham motorisée par BMW.
C'est un titre historique : Piquet devient le premier champion du monde sur une Formule 1 turbocompressée.
Le moteur BMW M12/13 turbo était effectivement l'un des plus puissants jamais vus en F1. En qualifications, certaines estimations avancent des puissances dépassant 1 000 ch, voire davantage sur certaines versions expérimentales de fin de période turbo. Les chiffres précis restent débattus, car les constructeurs communiquaient très peu.
Les carburants spéciaux
BMW travaillait avec des partenaires pétroliers allemands, notamment liés au groupe BASF et à Wintershall.
À l'époque, le règlement sur les carburants était beaucoup moins strict qu'aujourd'hui.
Les équipes développaient des carburants très sophistiqués :
- mélanges aromatiques complexes ;
- additifs spécifiques ;
- formulations proches de certains carburants aéronautiques ou industriels.
Ces carburants pouvaient améliorer :
- la résistance au cliquetis ;
- la pression de suralimentation admissible ;
- la température de fonctionnement ;
- la puissance maximale.
Tricherie ou zone grise ?
L'affirmation selon laquelle la FIA aurait « prouvé une tricherie » est plus difficile à soutenir historiquement.
Les règlements carburant de l'époque comportaient effectivement de nombreuses zones d'interprétation.
Les équipes Renault, Ferrari, Brabham et d'autres exploraient toutes les limites techniques du règlement.
Il existe bien des témoignages indiquant que certains carburants utilisés en période turbo étaient très éloignés de l'essence routière traditionnelle, mais aucune décision officielle n'a retiré le titre mondial à Piquet ou déclaré la Brabham illégale pour le championnat 1983.
Renault et le championnat 1983
Alain Prost perd le championnat lors de la dernière manche en Afrique du Sud.
Chez Renault, la déception est immense. Plusieurs facteurs expliquent la défaite :
- une fiabilité insuffisante ;
- plusieurs abandons coûteux ;
- des erreurs stratégiques ;
- la progression constante de BMW et Brabham.
La rupture entre Prost et Renault à la fin de 1983 est surtout liée aux critiques publiques formulées par Prost envers son équipe après la perte du championnat. Réduire son départ à la seule affaire du carburant serait excessif.
Les carburants étaient-ils toxiques ?
Oui, dans une certaine mesure.
Les carburants de l'ère turbo des années 1980 contenaient souvent des composés chimiques très agressifs et dégageaient des odeurs caractéristiques. Les mécaniciens et ingénieurs savaient que ces produits n'étaient pas particulièrement sains à manipuler.
Cependant, cela ne concernait pas uniquement Brabham-BMW : l'ensemble du plateau utilisait alors des carburants de compétition extrêmement spécialisés.
Avec le recul
L'avantage de BMW en 1983 provenait principalement de plusieurs éléments combinés :
- un moteur turbo exceptionnel ;
- une excellente gestion de la suralimentation ;
- des carburants très avancés technologiquement ;
- le travail de l'équipe dirigée par Bernie Ecclestone ;
- le talent de Nelson Piquet.
L'idée que Brabham ait gagné uniquement grâce à un carburant illégal n'est pas celle qui domine aujourd'hui chez les historiens de la Formule 1. La plupart considèrent plutôt que cette période était caractérisée par une course technologique permanente où les règlements sur les carburants laissaient une grande marge d'interprétation à tous les constructeurs.

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