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Tentative d’homicideMcLaren, Ferrari, Honda, Renault...Déjà au centre d’une affaire d’espionnage en 2003, Ferrari est de nouveau dans la tourmente.
Nigel Stepney, ingénieur Ferrari (ex-Lotus, Benetton), est chez Ferrari depuis 2003, chef-mécanicien puis coordinateur technique “course” et “essais & course”.
Avec l’année sabbatique décidée par Ross Brawn, Stepney entrevoit une opportunité avant d’envisager lui aussi un congé sabbatique.
Mais, ayant eu vent de ses contacts avec Honda, la Scuderia Ferrari lui impose de respecter son contrat jusqu’à son échéance (fin 2007).
ÉCLATE ALORS L’AFFAIREDes mécaniciens auraient trouvé une mystérieuse poudre blanche près de l’orifice de remplissage des Ferrari juste avant le départ du GP de Monaco.
Certains auraient vu Stepney dans les parages, en train d’essayer de se défaire d’un sachet de cette poudre.
La police scientifique de Parme a réalisé des prélèvements et des analyses, tandis que la justice de Bologne aurait dépêché une brigade de carabiniers au domicile de Stepney, pour une perquisition en son absence.
Des traces de poudre auraient été retrouvées sur des pantalons. Cette poudre serait capable
de perturber les performances des moteurs, voire de les couper. Il y a tentative de sabotage,
voire d’homicide volontaire, car il y a risque d’accident avec atteinte à l’intégrité du pilote.
On évoque aussi un trafic de pièces d’occasion recyclées dans un vaste trafic alimentant les
collectionneurs. Il serait également question d’un vol de plans qui auraient été “déroutés” vers une autre équipe de F1, techniquement en difficulté.
Malsain, non ?
Auto Hebdo n°1603
Et puis, c’est McLaren qui apprend qu’un membre important des ingénieurs du team a reçu, fin avril, des informations techniques en provenance d’un employé de Ferrari.L’ingénieur McLaren est licencié. Stepney est également licencié.
Auto Hebdo n°1604
Stepney, ex-homme de confiance de R. Brawn, est donc accusé d’avoir confié un dossier de 500 pages contenant les secrets techniques de Ferrari à Mike Coughlan, chef dessinateur
de McLaren. Les deux se connaissent pour avoir travaillé ensemble chez Benetton.
Stepney et Coughlan travaillent pour une autre piste, car Honda est en passe d’engager des responsables techniques de haut niveau provenant de Ferrari et de McLaren. À deux reprises, Nick Fry (Honda) rencontre les deux hommes.
Et puis, au GP de France, la Honda engagée, la R107 “B”, a un train avant et un système de freins inspirés des Ferrari, avec les mêmes points d’ancrage si particuliers. Stepney et Coughlan peuvent direadieu à la Formule 1.
Auto Hebdo n°1605
L’affaire devient sérieuse car des traces de poudre blanche retrouvées sur les monoplaces Ferrari en partance de Monaco, un dossier de 780 pages ont atterri, sous forme de 2 CD,
au bureau du chef dessinateur de McLaren (Mike Coughlan).
Se trouvent dans le dossier : données de soufflerie, système de travail, études des matériaux,
listes d’ingénieurs prêts à déserter et points de contact... Ferrari en a aujourd’hui la preuve. En effet, Coughlan a envoyé son épouse faire un double tirage papier dans un magasin de
photocopies. Mme Coughlan paye avec sa carte de crédit (1re erreur) et son interlocuteur, passionné de F1, voit sur le bas de chaque feuille “Soufflerie”, “Matériaux composites” et le petit cheval cabré en bas de chaque feuille. Le passionné appelle Maranello, monnaye ses infos et bingo ! Il est riche et Ferrari est au courant.
Auto Hebdo n°1606
Au départ de Ross Brawn, dont Nigel est le bras droit, il rêve de prendre du galon, mais en vain.
Aldo Costa (un “administratif”), “l’avoir pour chef était pour moi et pour d’autres un pas en arrière”.
“Mi-février, j’ai dit à Todt que je ne voulais plus voyager, il l’a mal pris. J’ai été nommé chef du programme performance et développement, traité comme un collaborateur externe. Les gens ne voulaient plus me parler.”
“J’ai contacté Nick Fry de Honda. Je l’ai rencontré le 28 avril à Barcelone puis à l’aéroport de Heathrow avec Mike Coughlan le 1er juin. Mike et moi avons décidé de mettre en commun nos expériences et compétences et voir ce que nous pourrions apporter à une autre équipe.”
“Je savais que j’étais épié sans arrêt à l’usine. Ferrari est terrifiée de savoir la valeur que représente ce que j’ai dans la tête.”
HONDA
Voici des mois que Honda parle d’une vaste offensive de recrutement, Ross Brawn en tête de liste, mais aussi N. Stepney rencontre N. Fry début mai, puis en juin en compagnie de Mike Coughlan.
“Surtout ne mêlez pas Honda à cette affaire, supplieNakamoto. C’est Fry, pas Honda.”
Fry se décharge sur McLaren : “McLaren est donc coupable puisque responsable de son employé indélicat.”
LA FIALe 26 juillet, les patrons sont sommés de s’expliquer devant le Conseil mondial, car le dossier technique complet d’une écurie concurrente s’est retrouvé entre les mains d’un des
employés haut gradés, voire dans l’un des propres ordinateurs.
Jonathan Neale (manager général technique) de McLaren a vu le dossier.
MERCEDESAu vu du dossier, Mercedes menace de quitter la F1 (mise à pied de 1 200 employés).
JUGEMENT DE LA FIAResponsable mais pas coupable, Ferrari décide d’attaquer McLaren. Ron Dennis a effectué une plaidoirie de 6 heures.
McLaren est donc responsable en tant qu’employeur de M. Coughlan (que Dennis nomme “individu”).
QUESTION ?
Stepney est-il l’auteur de ce travail de “copie” ?
Il serait question de 4 ou 5 complices, dont Ferrari veut absolument les noms. À Maranello, il faut maintenant faire le ménage.
Il serait question de 4 ou 5 complices, dont Ferrari veut absolument les noms. À Maranello, il faut maintenant faire le ménage.
50 000 $
C’est le montant de l’amende infligée par la FIA à McLaren pour avoir utilisé en Hongrie une nouvelle boîte de vitesses non testée au crash-test par la FIA, selon l’exigence du règlement.
Revenons au départ de l’affaire.C’est au moment de charger les 3 Ferrari destinées au GP de Monaco dans les camions-ateliers que les mécaniciens découvrent les traces mystérieuses de poudre blanche sur leur ponton droit, à proximité de l’orifice de remplissage du réservoir.
Appel à la police, prélèvements, analyses...
Aussitôt Stepney est montré du doigt, soupçonné déjà d’espionnage.
On dit même qu’il aurait été surpris près des monoplaces, avec un sachet dans les mains, dont il cherchait à se défaire.
En attendant, le procureur de Modène chargé de l’affaire vient d’inculper Nigel Stepney pour tentative de sabotage.
Après analyse de la poudre (un complément alimentaire, vitamines, sels minéraux...), qui, additionnée d’eau, forme une boisson énergisante pour sportifs, la justice veut connaître les conséquences du mélange de cette poudre à l’essence sur le fonctionnement du moteur.
La Scuderia sacrifie un V8 pour les besoins de la cause.
QUESTION
Affaire de sabotage, oui, mais n’a-t-elle pas servi de prétexte à ces investigations, pour trouver des preuves que Ferrari cherche depuis pas mal de temps au sujet des suspicions d’espionnage ?
(Auto Hebdo n°1614)
Responsable mais pas coupable, Jean Todt n’accepte pas. Ferrari fait appel. Côté anglais, un cabinet de détectives privés, créé par d’anciens de Scotland Yard, dispose d’une branche
spécialisée dans l’art de faire parler ordinateurs, téléphones portables...
Ron Dennis est dans une situation délicate. Après avoir juré que ce dossier n’avait jamais été vu dans ses locaux, mais uniquement par un “individu isolé ne faisant plus partie de l’entreprise”, McLaren reconnaît pourtant avoir dénoncé, non sans fierté, la non-
conformité du plancher de la Ferrari grâce à une info de Coughlan provenant de Stepney.
(Auto Hebdo n°1614)
La FIA a envoyé une lettre très dure aux 3 pilotes McLaren (de la Rosa, Hamilton, Alonso), en leur demandant de dire tout ce qu’ils savent, avaient entendu ou vu, et de lui confier tout
matériel (notes, dessins, mails, SMS) en leur possession.
Visiblement, la FIA sait quelque chose, mais en voulait la preuve !
En échange, elle leur promet la “vie sauve”.
Il y aurait un échange de mails entre Coughlan et de la Rosa, ce dernier les aurait fait suivre à Alonso. Les mails débuteraient depuis mars ; il serait question de réglages à essayer, car “ayant donné de bons résultats chez Ferrari”.
ATTENTION
(Auto Hebdo n°1614)
Responsable mais pas coupable, Jean Todt n’accepte pas. Ferrari fait appel. Côté anglais, un cabinet de détectives privés, créé par d’anciens de Scotland Yard, dispose d’une branche
spécialisée dans l’art de faire parler ordinateurs, téléphones portables...
Ron Dennis est dans une situation délicate. Après avoir juré que ce dossier n’avait jamais été vu dans ses locaux, mais uniquement par un “individu isolé ne faisant plus partie de l’entreprise”, McLaren reconnaît pourtant avoir dénoncé, non sans fierté, la non-
conformité du plancher de la Ferrari grâce à une info de Coughlan provenant de Stepney.
(Auto Hebdo n°1614)
La FIA a envoyé une lettre très dure aux 3 pilotes McLaren (de la Rosa, Hamilton, Alonso), en leur demandant de dire tout ce qu’ils savent, avaient entendu ou vu, et de lui confier tout
matériel (notes, dessins, mails, SMS) en leur possession.
Visiblement, la FIA sait quelque chose, mais en voulait la preuve !
En échange, elle leur promet la “vie sauve”.
Il y aurait un échange de mails entre Coughlan et de la Rosa, ce dernier les aurait fait suivre à Alonso. Les mails débuteraient depuis mars ; il serait question de réglages à essayer, car “ayant donné de bons résultats chez Ferrari”.
ATTENTION
Le dossier de Stepney ne concerne que la technique.
Selon la rumeur, il pourrait aussi dévoiler certaines choses pas forcément bonnes pour Maranello...
Ron Dennis a proposé sa démission pour calmer les esprits.
(Auto Hebdo n°1614)
100 000 000 de dollars
C’est l’amende infligée à McLaren, ainsi que l’exclusion du championnat constructeurs.
C’est la plus grosse amende jamais infligée dans un sport.
Selon la rumeur, il pourrait aussi dévoiler certaines choses pas forcément bonnes pour Maranello...
Ron Dennis a proposé sa démission pour calmer les esprits.
(Auto Hebdo n°1614)
100 000 000 de dollars
C’est l’amende infligée à McLaren, ainsi que l’exclusion du championnat constructeurs.
C’est la plus grosse amende jamais infligée dans un sport.
50% sous 90 jours, l’autre moitié provenant des droits TV.
McLaren devra rembourser les forfaits de déplacements sur les GP lointains. Elle percevra ses premiers revenus fin 2008.
Qui est intervenu pour sauver ses intérêts, car une majorité du Conseil mondial était en faveur d’une pénalité plus lourde concernant les pilotes ? Mais Mosley a promis leur immunité en échange de leur collaboration... pour le regretter après.
Alonso a fourni des informations, sinon nous serions dans l’ignorance de ce qui se passait. Il fut le détonateur de cette affaire en menaçant Dennis de tout dévoiler à la FIA.
L’Espagnol présente ses exigences : il veut être le n°1 (par la force), que Hamilton sache rester derrière lui, il veut aussi que ses 2 ans d’option contractuelle soient annulés. “Mon ordinateur possède certaines choses...”
Ferrari possède son propre espion en la personne de l’ingénieur McLaren récemment engagé et qui était au courant de certains agissements.
Ron Dennis est responsable des agissements de son personnel, donc il est, avec McLaren, coupable. Plus de 300 mails, SMS ou appels téléphoniques se sont échangés entre M. Coughlan et N. Stepney, P. de la Rosa et Alonso.
Certaines données ont été testées sur simulateur ou sur piste en essais privés. Coughlan aurait même été informé des choix de ravitaillement de Ferrari avant le départ de Melbourne.
McLaren renonce à faire appel. Une enquête de la FIA se poursuit : “c’est en décembre que nous aurons les informations.”
(Auto Hebdo n°1615)
Alonso et Dennis ne se parlent que par stricte nécessité.
Alonso et Hamilton ne se saluent que pour les caméras.
McLaren est déchu du titre constructeur. Existe-t-il un concessionnaire McLaren ?
Alonso veut partir ? OK !
Ron Dennis réclame 50 millions de dollars à celui qui reprendra le contrat. Argent que Renault ne voudra pas donner (elle ne l’a pas, ou Renault veut investir ailleurs). Alonso évoque une équité pas vraiment équitable, en installant la suspicion et le trouble ici et là !
Alonso a été convoqué pour l’affaire d’espionnage, car la police n’en finit plus de trouver des SMS, mails et autres preuves de “collaborations” entre Stepney et Coughlan.
À se demander si cette affaire n’est pas savamment entretenue par ceux dont une séparation Alonso / McLaren ferait les délices...
(Auto Hebdo n°1619)
Stepney dira tout dans sa biographie à paraître...
Oui, mais l’éditeur se rétracte, pourquoi ?
Alors il s’explique par Internet !
“En janvier 2007, lors de la construction de la nouvelle voiture, j’ai d’abord émis des réserves quant au concept et à la légalité du système du fond plat, auprès du chef designer Aldo Costa et de deux autres responsables du design Ferrari. De fait, au mois de février, quelques parties avaient été modifiées avant Melbourne.
Mais il ne s’agissait que de camouflage. J’ai alors demandé si des clarifications avaient été demandées à la FIA.
La réponse fut : ‘Non, nous utiliserons ce système aussi longtemps que possible.’ Jusqu’à mi-février, j’étais le responsable de tout ce qui concerne la légalité de la voiture.
Or, déjà les années précédentes, j’avais fait part au directeur technique de mes réserves quant à la légalité de notre voiture. Mi-février, j’ai donc décidé de quitter mes fonctions de manager technique, notamment à cause de cette façon d’interpréter le règlement. J’ai aussi précisé à divers autres représentants d’équipes que, selon moi, notre voiture était illégale dans deux ou trois secteurs. Personne n’a pris mon avis en compte, ce qui était frustrant. J’ai alors envoyé les détails du système à Peter Wright (technique FIA), qui est
revenu vers moi en me disant que cela était très suspect.
Je lui ai demandé d’en informer C. Whiting sans mentionner ses sources ; Peter m’a demandé ce que j’avais à gagner en faisant cela. Je lui ai répondu que je ne voulais rien, si ce n’est un championnat “clean”. Le vendredi avant le GP, j’ai appelé Mike Coughlan pour savoir s’il était au courant d’une enquête de la FIA. Je l’ai informé de la situation et
il m’a alors demandé de lui envoyer une copie de l’e-mail envoyé à Wright au sujet du système de fond plat Ferrari.
Je souhaitais un nouveau challenge et approcher Honda.
Je pensais que pour atteindre mon objectif, j’avais d’autres personnes à mes côtés et notamment un chef designer.
J’ai donc contacté M. Coughlan. Nous nous sommes rencontrés à Barcelone et nous avons parlé de notre projet de rejoindre cette autre écurie. Je disposais de documents Ferrari avec moi. Ce qui était complètement légitime, car j’étais toujours chez Ferrari. Mike y a jeté un œil et m’a dit que je pourrais les utiliser pour Catia (le logiciel de conception). En fait, il est parti avec en me disant que je n’avais pas à m’inquiéter. De fait, il n’y avait nulle intention
de ma part que ces documents soient utilisés par une autre écurie. Je reconnais avoir été naïf.”
(Auto Hebdo n°1618)
Choqués par l’affaire McLaren-Ferrari, les avocats anglais déballent devant les membres du Conseil mondial que Renault exploite depuis septembre 2006 les services d’un “espion”, ex-McLaren (Phil Mac Kereth), qui débarque avec quelques disquettes !
Il s’agirait de données touchant les dimensions de la MP4-22, ses suspensions, le circuit de refroidissement d’huile, la boîte...
Phil veut faire partager son “trésor” à ses collègues. Une dizaine de personnes auraient jeté un œil sur des croquis de l’intérieur du réservoir d’essence, de la boîte, du projet de
mass-damper et des amortisseurs.
Contact avec la FIA, tandis que les avocats de Renault F1 rendent les disquettes à McLaren. Il offre aussi un code secret permettant d’accéder au réseau informatique interne.
Le 6 décembre, le Conseil mondial rendra justice.
(Auto Hebdo n°1623)
Renault veut Alonso (voir Hamilton/Alonso 2007).
L’on parle du retrait de Ron Dennis !
Et en décembre, Carlos Ghosn (Renault) menace de quitter la F1 car les contrôleurs de la FIA auraient rejeté le projet technique de la Renault R28, trop inspiré de la dernière McLaren.
(AH n°1626)
Renault est relaxé dans l’affaire d’espionnage.
(AH n°1627)
Certes, l’équipe franco-anglaise a fauté, permettant à Phil Mackereth d’entrer à Enstone avec des disquettes contenant des infos de la McLaren MP4-22 portées à la connaissance de plusieurs responsables techniques.
Renault F1 n’est pas jugée responsable de ces actes dus au transfuge de Woking, ni coupable d’avoir exploité ces infos, dont certaines contenaient des systèmes caducs non conformes.
Peu de jours avant Noël, Ron Dennis adresse une lettre d’excuses envoyée par McLaren à la FIA, pour que M. Mosley consente à annuler la nouvelle audition des hommes de Woking, qui devait se dérouler le 14/02/2008 et qui aurait sans doute sonné le glas des espoirs 2008 de l’écurie.
Février 2008 : le patron historique de McLaren pourrait se retirer pour raisons personnelles avant le 1er GP de la saison, de nouveau éclaboussé par le rapport des enquêteurs italiens
concernant le scandale d’espionnage.
Février 2009 : fin de l’affaire.
Les charges contre Coughlan, Lowe, Neale, Taylor ont été abandonnées grâce à un accord.
McLaren devra rembourser les forfaits de déplacements sur les GP lointains. Elle percevra ses premiers revenus fin 2008.
Qui est intervenu pour sauver ses intérêts, car une majorité du Conseil mondial était en faveur d’une pénalité plus lourde concernant les pilotes ? Mais Mosley a promis leur immunité en échange de leur collaboration... pour le regretter après.
Alonso a fourni des informations, sinon nous serions dans l’ignorance de ce qui se passait. Il fut le détonateur de cette affaire en menaçant Dennis de tout dévoiler à la FIA.
L’Espagnol présente ses exigences : il veut être le n°1 (par la force), que Hamilton sache rester derrière lui, il veut aussi que ses 2 ans d’option contractuelle soient annulés. “Mon ordinateur possède certaines choses...”
Ferrari possède son propre espion en la personne de l’ingénieur McLaren récemment engagé et qui était au courant de certains agissements.
Ron Dennis est responsable des agissements de son personnel, donc il est, avec McLaren, coupable. Plus de 300 mails, SMS ou appels téléphoniques se sont échangés entre M. Coughlan et N. Stepney, P. de la Rosa et Alonso.
Certaines données ont été testées sur simulateur ou sur piste en essais privés. Coughlan aurait même été informé des choix de ravitaillement de Ferrari avant le départ de Melbourne.
McLaren renonce à faire appel. Une enquête de la FIA se poursuit : “c’est en décembre que nous aurons les informations.”
(Auto Hebdo n°1615)
Alonso et Dennis ne se parlent que par stricte nécessité.
Alonso et Hamilton ne se saluent que pour les caméras.
McLaren est déchu du titre constructeur. Existe-t-il un concessionnaire McLaren ?
Alonso veut partir ? OK !
Ron Dennis réclame 50 millions de dollars à celui qui reprendra le contrat. Argent que Renault ne voudra pas donner (elle ne l’a pas, ou Renault veut investir ailleurs). Alonso évoque une équité pas vraiment équitable, en installant la suspicion et le trouble ici et là !
Alonso a été convoqué pour l’affaire d’espionnage, car la police n’en finit plus de trouver des SMS, mails et autres preuves de “collaborations” entre Stepney et Coughlan.À se demander si cette affaire n’est pas savamment entretenue par ceux dont une séparation Alonso / McLaren ferait les délices...
(Auto Hebdo n°1619)
Stepney dira tout dans sa biographie à paraître...
Oui, mais l’éditeur se rétracte, pourquoi ?
Alors il s’explique par Internet !
“En janvier 2007, lors de la construction de la nouvelle voiture, j’ai d’abord émis des réserves quant au concept et à la légalité du système du fond plat, auprès du chef designer Aldo Costa et de deux autres responsables du design Ferrari. De fait, au mois de février, quelques parties avaient été modifiées avant Melbourne.Mais il ne s’agissait que de camouflage. J’ai alors demandé si des clarifications avaient été demandées à la FIA.
La réponse fut : ‘Non, nous utiliserons ce système aussi longtemps que possible.’ Jusqu’à mi-février, j’étais le responsable de tout ce qui concerne la légalité de la voiture.
Or, déjà les années précédentes, j’avais fait part au directeur technique de mes réserves quant à la légalité de notre voiture. Mi-février, j’ai donc décidé de quitter mes fonctions de manager technique, notamment à cause de cette façon d’interpréter le règlement. J’ai aussi précisé à divers autres représentants d’équipes que, selon moi, notre voiture était illégale dans deux ou trois secteurs. Personne n’a pris mon avis en compte, ce qui était frustrant. J’ai alors envoyé les détails du système à Peter Wright (technique FIA), qui est
revenu vers moi en me disant que cela était très suspect.
Je lui ai demandé d’en informer C. Whiting sans mentionner ses sources ; Peter m’a demandé ce que j’avais à gagner en faisant cela. Je lui ai répondu que je ne voulais rien, si ce n’est un championnat “clean”. Le vendredi avant le GP, j’ai appelé Mike Coughlan pour savoir s’il était au courant d’une enquête de la FIA. Je l’ai informé de la situation et
il m’a alors demandé de lui envoyer une copie de l’e-mail envoyé à Wright au sujet du système de fond plat Ferrari.
Je souhaitais un nouveau challenge et approcher Honda.
Je pensais que pour atteindre mon objectif, j’avais d’autres personnes à mes côtés et notamment un chef designer.
J’ai donc contacté M. Coughlan. Nous nous sommes rencontrés à Barcelone et nous avons parlé de notre projet de rejoindre cette autre écurie. Je disposais de documents Ferrari avec moi. Ce qui était complètement légitime, car j’étais toujours chez Ferrari. Mike y a jeté un œil et m’a dit que je pourrais les utiliser pour Catia (le logiciel de conception). En fait, il est parti avec en me disant que je n’avais pas à m’inquiéter. De fait, il n’y avait nulle intention
de ma part que ces documents soient utilisés par une autre écurie. Je reconnais avoir été naïf.”
(Auto Hebdo n°1618)
Choqués par l’affaire McLaren-Ferrari, les avocats anglais déballent devant les membres du Conseil mondial que Renault exploite depuis septembre 2006 les services d’un “espion”, ex-McLaren (Phil Mac Kereth), qui débarque avec quelques disquettes !
Il s’agirait de données touchant les dimensions de la MP4-22, ses suspensions, le circuit de refroidissement d’huile, la boîte...
Phil veut faire partager son “trésor” à ses collègues. Une dizaine de personnes auraient jeté un œil sur des croquis de l’intérieur du réservoir d’essence, de la boîte, du projet de
mass-damper et des amortisseurs.
Contact avec la FIA, tandis que les avocats de Renault F1 rendent les disquettes à McLaren. Il offre aussi un code secret permettant d’accéder au réseau informatique interne.
Le 6 décembre, le Conseil mondial rendra justice.
(Auto Hebdo n°1623)
Renault veut Alonso (voir Hamilton/Alonso 2007).
L’on parle du retrait de Ron Dennis !Et en décembre, Carlos Ghosn (Renault) menace de quitter la F1 car les contrôleurs de la FIA auraient rejeté le projet technique de la Renault R28, trop inspiré de la dernière McLaren.
(AH n°1626)
Renault est relaxé dans l’affaire d’espionnage.
(AH n°1627)
Certes, l’équipe franco-anglaise a fauté, permettant à Phil Mackereth d’entrer à Enstone avec des disquettes contenant des infos de la McLaren MP4-22 portées à la connaissance de plusieurs responsables techniques.
Renault F1 n’est pas jugée responsable de ces actes dus au transfuge de Woking, ni coupable d’avoir exploité ces infos, dont certaines contenaient des systèmes caducs non conformes.
Peu de jours avant Noël, Ron Dennis adresse une lettre d’excuses envoyée par McLaren à la FIA, pour que M. Mosley consente à annuler la nouvelle audition des hommes de Woking, qui devait se dérouler le 14/02/2008 et qui aurait sans doute sonné le glas des espoirs 2008 de l’écurie.
Février 2008 : le patron historique de McLaren pourrait se retirer pour raisons personnelles avant le 1er GP de la saison, de nouveau éclaboussé par le rapport des enquêteurs italiens
concernant le scandale d’espionnage.
Février 2009 : fin de l’affaire.
Les charges contre Coughlan, Lowe, Neale, Taylor ont été abandonnées grâce à un accord.

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