7 juin 2026

TALBOT LIGIER

Talbot entre chez Ligier

En 1980, le groupe PSA, à travers la marque Talbot, décide effectivement de renforcer sa présence en sport automobile. Un accord est conclu entre Guy Ligier et Jean-Luc Lagardère, avec le soutien de Talbot. L'écurie devient alors connue sous le nom de Ligier-Talbot.

L'objectif est ambitieux :

  • exploiter le moteur V12 Matra ;
  • préparer l'arrivée d'un moteur turbo français ;
  • faire de Ligier une vitrine technologique française.

Les pilotes engagés sont notamment Jacques Laffite et Eddie Cheever en 1981.

La saison 1981

La saison est effectivement très réussie :

  • deux victoires de Laffite ;
  • plusieurs podiums ;
  • quatrième place du championnat pilotes pour Laffite ;
  • Ligier troisième du championnat constructeurs.

Le moteur V12 Matra reste compétitif sur certains circuits malgré la montée en puissance des moteurs turbo Renault et Ferrari.

Le projet turbo Matra

Le véritable enjeu est là.

Matra travaille sur un moteur V6 turbo de 1,5 litre destiné à préparer l'avenir. Cependant :

  • le développement coûte extrêmement cher ;
  • PSA traverse une période financière difficile et a une préférence pour le rallye (205 T16);
  • Talbot perd rapidement de l'importance au sein du groupe PSA.

Matra considère qu'il s'agit d'un programme industriel qui doit être financé par PSA/Talbot. PSA estime au contraire que le coût est excessif.

Cette divergence va devenir l'un des principaux points de rupture.

1982 : le début de la fin

En 1982, Ligier engage notamment :

  • Jacques Laffite ;
  • Eddie Cheever ;
  • ponctuellement Jean-Pierre Jarier ;
  • et Jean-Pierre Jabouille effectue des essais et participe à certains programmes.

La nouvelle Ligier JS19 rencontre de nombreux problèmes de mise au point et les résultats sont décevants.

Pendant ce temps, le programme turbo Matra continue d'accumuler les coûts sans obtenir le soutien financier espéré.

Le retrait de Talbot

À l'été puis à l'automne 1982, il devient clair que PSA souhaite réduire ses dépenses sportives.

Le retrait de Talbot est progressivement organisé :

  • abandon du projet turbo Matra ;
  • réduction du soutien financier à Ligier ;
  • recentrage de PSA sur d'autres priorités industrielles.

Pour Guy Ligier, la situation devient extrêmement compliquée puisqu'il faut déjà préparer la voiture suivante sans savoir quel moteur sera disponible.

La fin de Matra en Formule 1

Le moteur turbo Matra n'ira jamais jusqu'à la compétition.

L'abandon du projet marque la fin de l'implication de Matra comme motoriste de Formule 1. Le célèbre V12, qui avait remporté de nombreuses victoires depuis la fin des années 1960, disparaît ainsi définitivement des grilles de départ.

Un parallèle avec Prost ?

Beaucoup d'observateurs ont effectivement établi un parallèle entre cette affaire et ce qui arrivera plus tard à Alain Prost avec Peugeot dans les années 1990.


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