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Après avoir brillé en endurance avec Porsche et
mené Alfa Romeo au titre mondial des constructeurs en 1975, l'ancien pilote
allemand Willi Kauhsen décide de se lancer en F1 pour la saison 1979.
Pour pouvoir inscrire son écurie au championnat du
monde de Formule 1, Willi Kauhsen devait verser une caution financière
obligatoire à la FISA (l'organe directeur de l'époque). Une rumeur tenace a
longtemps circulé dans le paddock : le chèque remis par Kauhsen n'aurait jamais
pu être encaissé par la fédération en raison d'un manque criant de
liquidités, scellant le destin financier de l'équipe avant même le premier tour
de roue.
L'ingénieur Klaus Kapitza a conçu la monoplace, la Kauhsen
WK, en tentant de copier l'arme absolue de l'époque : la Lotus 79 à effet
de sol.
Les radiateurs, les collecteurs d'échappement et les réservoirs étaient si mal implantés dans les pontons qu'ils bloquaient totalement le flux d'air nécessaire à l'effet de sol.
Faute de grip, l'équipe a dû ajouter en catastrophe des ailerons classiques avant la première course. La monoplace, censée révolutionner l'aérodynamique, s'est retrouvée lourde, instable et complètement dépassée.
Lors de leur première tentative officielle au Grand
Prix d'Espagne 1979 à Jarama, l'équipe n'a pas les moyens d'acheter les pneus
de qualification tendres que tout le monde utilise. Le pilote italien Gianfranco
Brancatelli doit tenter de se qualifier avec de vieux pneus Goodyear
durs de course. Résultat : il signe le pire temps des 27 engagés, relégué à
plus de 3 secondes du concurrent le plus proche.
L'aventure ne dure en tout et pour tout que deux
week-ends de course : [1]
- Grand Prix
d'Espagne :
Non-qualification.
- Grand Prix de
Belgique (Zolder) : L'embrayage casse durant les essais. Brancatelli
échoue à nouveau à se qualifier, à plusieurs secondes des leaders.
À court d'argent et conscient du désastre technique, Willi Kauhsen jette l'éponge immédiatement après la manche belge et ferme la structure.
Ne voulant pas rester sur une faillite totale, Kauhsen
vend tout son matériel à un autre habitué des fonds de grille : l'Italien Arturo
Merzario. La Kauhsen WK est alors rebaptisée Merzario A4. L'ironie
de l'histoire veut qu'avec ce nouveau nom, la voiture a continué sa trajectoire
en ne parvenant jamais à se qualifier pour le moindre Grand Prix
officiel de la saison.

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