14 oct. 2026

TROLLE F1

TROLLE


En août
 1988, Michel Trollé fait partie de la formidable génération de pilotes français (aux côtés de Jean Alesi, Érik Comas ou Olivier Panis). Il brille en F3000 au sein de l'écurie GDBA. Ses performances exceptionnelles attirent les yeux des plus grands patrons de la Formule 1. 

Ken Tyrrell, le mythique patron de l'écurie, a déjà préparé un pré-contrat pour lui offrir un baquet officiel de F1 pour la saison 1989. Michel Trollé doit signer ce fameux bout de papier le week-end suivant au Grand Prix de Belgique, à Spa-Francorchamps. Il ne le signera jamais. 

Le 21 août 1988, la F3000 fait étape à Brands Hatch. Ce week-end va rester gravé dans les mémoires comme l'un des plus destructeurs de la discipline. 

Lors des essais libres, alors que Trollé chasse la pole position, une pièce de sa suspension casse net à haute vitesse juste avant une chicane. Sa Lola s'envole, part en tonneaux dans l'herbe et s'encastre de face, à une vitesse terrifiante, directement dans les rails de sécurité en acier (Armco). 

À cette époque, la sécurité des monoplaces est rudimentaire : les pieds des pilotes dépassent largement à l'avant de l'axe des roues. Le choc frontal est d'une violence inouïe. Le cockpit est broyé, emprisonnant les jambes du Français. Il faudra plus d'une heure et demie d'efforts acharnés aux secouristes pour découper la carrosserie et les rails afin d'extraire Michel sans l'amputer. Ses jambes et ses chevilles sont shattered (brisées en de multiples fractures). 

Alors que Michel Trollé est évacué vers l'hôpital dans un état grave, la course est lancée. Quelques heures plus tard, un autre immense espoir de la F1, le Britannique Johnny Herbert, est pris dans un carambolage général titanesque au même endroit. Sa voiture est littéralement coupée en deux et Herbert subit exactement les mêmes graves blessures aux jambes. 

Les deux hommes se retrouveront ainsi à l'hôpital, voisins de fortune face au même drame. 

Fidèle à sa philosophie (« C'est le futur qui fait avancer le présent »), Michel Trollé n'a jamais quitté le milieu du sport automobile. Après une longue rééducation, il s'est reconstruit une vie de passionné 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire