CHAPARRAL insolites
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Pour la
légendaire Chaparral 2F, Jim Hall invente un aileron arrière mobile gigantesque
monté directement sur les suspensions.
Pour libérer les mains du pilote, la voiture est équipée d'une boîte automatique (développée en secret avec General Motors). À la place de la pédale d'embrayage, Jim Hall installe une pédale reliée par câble à l'aileron.
Dans les lignes droites, le pilote enfonçait cette pédale "fantôme" pour mettre l'aileron à plat et réduire la traînée.
À l'approche d'un virage, il relâchait la pédale : l'aileron se redressait brutalement pour offrir un appui maximal, agissant presque comme un aérofrein. Le champion du monde Phil Hill racontait avec humour qu'au Nürburgring, cet appui phénoménal permettait à la voiture de "retoucher le sol beaucoup plus vite" après les bosses, là où les autres voitures volaient de longues secondes.
La Chaparral 2J reste l'une des voitures de course les plus folles de l'histoire du sport auto. Elle utilisait l'effet de sol de manière radicale en installant deux énormes ventilateurs à l'arrière, récupérés sur un système de refroidissement de char militaire américain et propulsés par un moteur de motoneige indépendant.
Le système créait une telle dépression que la voiture offrait une adhérence monumentale, même à l'arrêt. En revanche, pour les pilotes qui roulaient derrière la 2J (comme l'écurie McLaren en Can-Am), c'était un cauchemar. Les ventilateurs aspiraient tous les débris, la poussière et les gravillons de la piste pour les propulser directement sur le casque et le pare-brise des poursuivants.
Jackie Stewart : Invité à la piloter, le triple champion du monde de F1 est monté à bord en pensant que le concept était gadget. Il est ressorti absolument bluffé par la vitesse de passage en courbe, bien que l'esthétique "boîte à chaussures" et le bruit d'aspirateur géant prêtaient à sourire. Elle fut rapidement bannie face aux plaintes de la concurrence.
Jim Hall
et Hap Sharp basaient leur atelier à Midland, au Texas, sous une chaleur de
plomb. Pour tester leurs innovations aérodynamiques sans soufflerie (trop
chère), ils fixaient de petits bouts de laine sur la carrosserie et filmaient
la voiture depuis une voiture suiveuse lancée à pleine vitesse sur les routes
désertiques du Texas. C'est également en observant les flux d'air chauds
s'échapper des capots qu'ils ont compris comment utiliser l'effet Venturi pour
coller les voitures au sol.
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