RETOUR A LA TABLE DES MATIÈRES
Lorsqu'il dominait le Championnat d'Europe des voitures de tourisme sur sa célèbre Alfa Roméo GTA d'Autodelta, de Adamich avait une astuce bien à lui pour piéger ses adversaires. Quand un concurrent le collait de trop près pour profiter de son aspiration, il allumait manuellement ses feux arrière rouges en pleine ligne droite. Croyant à un freinage d'urgence, l'adversaire pilait par réflexe, laissant de Adamich s'échapper.
Son ingénieur, le légendaire Carlo Chiti, lui avait formellement interdit de rouler avec les phares allumés, parce que la dynamo de la voiture consommait de l'énergie et faisait perdre un demi-cheval de puissance au moteur, ce qui était capital pour la victoire.
De Adamich privilégiait toujours le confort au protocole réglementaire. Il courait régulièrement en t-shirt à manches courtes, jean et chaussures de ville pour mieux ressentir ses pédales. Lors d'une course d'endurance de 4 heures à Monza, accablé par une chaleur étouffante dans l'habitacle, il a tout simplement décidé de retirer son pull-over en pleine course, entre le deuxième virage de Lesmo et la courbe Parabolique, tout en maintenant son volant. À l'époque des casques jet (non intégraux) et des lunettes de protection, le moindre faux mouvement aurait pu lui faire perdre ses lunettes de vue et l'obliger à abandonner.
Repéré par le Commendatore fin 1967 pour pallier la perte tragique de Lorenzo Bandini, de Adamich intègre la Scuderia Ferrari. Il brille rapidement en Formule 2 mais son aventure à Maranello tourne court à cause de son tempérament. Ne mâchant pas ses mots, il s'accroche par voie de presse interposée avec Enzo Ferrari. Un crime de lèse-majesté qui l'éjecte de l'équipe. Il retourne alors chez Alfa Romeo, sa véritable famille de cœur, dont il devient l'ambassadeur en poussant pour l'intégration de leur moteur V8 en F1 (chez McLaren et March).Sa carrière en F1 s'arrête brutalement lors du Grand Prix de Grande-Bretagne 1973 à Silverstone. Le rookie Jody Scheckter perd le contrôle et provoque l'un des plus gigantesques carambolages de l'histoire de la F1, impliquant une douzaine de monoplaces. Coincé dans le cockpit broyé de sa Brabham avec les deux jambes fracturées, de Adamich ne panique pas. Faisant preuve d'un sang-froid inouï, c'est lui-même qui dicte calmement aux commissaires de piste où et comment découper le châssis en aluminium avec leurs scies pour l'extraire sans aggraver ses blessures.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire